|
Tout va super Après la comédie potache (Première vacances), place à la comédie émouvante. Inspiré par ce qu’il a traversé, Patrick Cassir met en scène Sylvaine, une mère dont l’amour envahissant pour son fils, Elie empêche ce dernier de vivre ses propres histoires de coeur. Car la maladie qui la ronge dope sa culpabilité du bon temps qu’il peut passer loin d’elle. |
Thierry Chèze |
| 3 | Cocotte Filmer à hauteur d’une petite poule noire pourrait tenir de l’artifice inutile. Il n’en est, ici, absolument rien. Mieux, le hongrois György Palfi (Taxidermie) offre un long métrage aussi singulier qu’épique, aussi politique que tragique, tout en ménageant quelques respirations drôlatiques du meilleur effet. La première moitié du film ressemble à un road movie qui aurait pu prendre la forme d’un dessin animé façon Flow. |
|
| 3 | Le Dernier souffle d'un Yakuza Au fin fond de sa cellule, un yakuza agonise. À l’heure des remords, une petite plante qui fut témoin d’une large partie de sa vie, débarque pour lui rappeler la « vie pourrie » qu’il a eue. Dans un dialogue imprévisible, tous deux remonteront le cours de son existence, comme pour comprendre (plus que justifier) comment on en vient à choisir la vie de yakuza, porté par un amour pur pour sa femme et son fils adoptif. |
|
| 3 | Father Alors que la journée s’annonce caniculaire à l’extrême, du genre à ne surtout pas rester en plein soleil, et encore moins dans l’habitacle en surchauffe d’une voiture, Michal est persuadé d’avoir déposé Dominika, sa fille de deux ans, à la crèche. Pourtant, quelques heures plus tard, lorsque Zuzka, son épouse, se présente pour la reprendre, la fillette n’y est pas. Le couple à qui tout semble réussir bascule soudain dans l’horreur. Pour son troisième long métrage de fiction, la slovaque Tereza Nvotova a choisi d’adapter à l’écran l’indicible drame vécu par une de ses connaissances. |
|
| 2 | Holly destructors Pas vraiment documentaire, pas vraiment œuvre muséale, Holly destructors sera une chimère des deux, objet autant insolite qu’insaisissable. Par ce format d'image circulaire qui imite la vision à travers un microscope, la cinéaste Aistė Žegulytė nous incite à examiner à la loupe l'infiniment petit (les champignons qui endommagent les œuvres d'art) et, par la même occasion, l’inéluctable passage du temps. Il y a quelque chose de quasi irréel dans ce Memento mori déguisé en film. |
Lucie Chiquer |
| 1 | Le Pont Le postulat de départ n’a rien de remarquable : sur le tournage d’un clip à Tunis, trois trentenaires paumés – un pseudo rappeur, un réalisateur en devenir et une étudiante qui joue les influenceuses pour joindre les deux bouts – se retrouvent nez à nez avec un paquet rempli de cocaïne. Faut-il en informer la police ou le jeter en pleine mer ? Le trio opte, malgré eux, pour la troisième option : l’élaboration d’un trafic de drogue dans une boite de nuit huppée, par delà le pont de Radès qu’ils traversent chaque soir pour fuir leur banlieue. |
Lucie Chiquer |
| 3 | Le Virtuose Un accordeur de piano hyper doué dans son job découvre que son oreille absolue lui permet également d’ouvrir des coffres-forts sans trop d’efforts. |
Frédéric Foubert |
|
Colony Vous pensiez avoir tout vu ? Depuis que Romero a enfermé ses survivants dans le centre commercial de Zombie, on a eu le droit aux sprinters de Boyle, aux hordes industrielles de World War Z, ou aux marcheurs de fonds de la série Netflix… Le genre s'est tellement dilué qu'il ne reste plus grand-chose à se mettre sous la dent. Même la Corée du Sud s'y est mise avec Dernier train pour Busan, très efficace, mais qui collait encore trop au cahier des charges : survivre dans un espace confiné, courir très vite, et éviter les morsures. |
Gael Golhen |
|
A bras-le-corps Prendre un problème à bras-le-corps, c’est s’en occuper sérieusement, s’y pencher de près. L’expression renvoie à un double effort, à une implication physique aussi bien qu’intellectuelle, à quelque chose d’une collision du matériel et de l’immatériel. Dans son premier long-métrage, c’est la rencontre des dogmes socio-religieux et du corps féminin que Marie-Elsa Sgualdo choisit de raconter. En 1943, Emma, quinze ans, est sur le point de recevoir le prix de vertu de son village du Jura suisse, qui pourrait l’aider à financer ses études d’infirmière. |
|
|
L'Objet du délit On attendait avec impatience le nouveau film d’Agnès Jaoui. Parce que, pour la première fois depuis ses débuts de réalisatrice avec Le Goût des autres (2000), elle est restée 8 ans sans tourner. Parce qu’il s’agit de son premier film depuis la disparition de son complice de toujours, Jean-Pierre Bacri. Mais aussi parce qu’elle a choisi d’aborder un sujet où, sur le papier, il n’y a que des coups à prendre : le mouvement Metoo. |
Thierry Chèze |
|
Autofiction On pense d’abord être en terrain connu. Il y a sept ans Douleur et gloire avait bouleversé au point qu’on avait pardonné à Almodóvar d'écrire sur lui-même - c’était fait avec grâce et magie. S’il reprend le principe autofictionnel jusque dans son titre, Autofiction est pourtant d’un autre calibre. Un peu comme un petit frère plus cruel. C’est la même maison, le même esprit, mais sans le réconfort. |
Gael Golhen |
| 1 | Les Goûteuses d'Hitler Adaptation d’un roman publié en 2018 mais inspiré de faits réels, ce (télé-)film suit le calvaire de jeunes femmes réquisitionnées par l’entourage du Führer pour goûter ses plats du midi et du soir afin de veiller à ce que personne n’ait eu la riche idée d’empoisonner l’affreux moustachu. |
Thomas Baurez |
| 2 | All you need is kill Elle est amusante, la vie de cette histoire de boucle temporelle, elle-même piégée dans une spirale répétitive : après le roman illustré, le manga, l’adaptation américaine avec Tom Cruise (le toujours très recommandable Edge of Tomorrow), voici donc la version film d’animation. Mais alors il a le goût de quoi, cette année, le All You Need is Kill nouveau ? Celui du retour au bouquin d’origine, à un changement de genre près pour le personnage principal. |
François Léger |
| 2 | Vanilla Tout passe toujours mieux, avec une glace à la vanille. Même les soucis de Roberta, huit ans, et des femmes parmi lesquelles elle grandit : leur maison est sur le point d’être saisie. Envers et contre tout, surmontant désaccords et ressentiments, cette petite communauté d'individus que tout oppose fait front, hermétique. Tendre et touchant brassage de résiliences féminines, Vanilla se regarde par le prisme de l’enfance. |
Lucie Chiquer |
|
L'Être aimé Ça commence par un retard. Une jeune femme pousse la porte d’un restaurant à 13 h 05. Son père l’attend depuis cinq minutes. Cinq minutes, c’est rien. Sauf qu’on perçoit déjà une tension dans la nuque de Bardem, un trouble dans la manière qu’a Luengo de traverser la salle. Le film durera deux heures et ce retard, cette distance, disent tout. Père et fille ne se sont pas vus depuis très longtemps. Ils essaient de se parler. N’y arrivent pas. Y parviennent quelques secondes, avant d’échouer à nouveau. |
Gael Golhen |
|
La Vénus électrique On aime Pierre Salvadori parce qu’on aime ses films. Tant depuis ses débuts en 1993 avec Cible émouvante, il a su tel le Petit poucet semer des petits cailloux de plaisir et de virtuosité sur le chemin de nos souvenirs cinéphiles. Les Apprentis (1995) et la complicité du duo Guillaume Depardieu- Cluzet. Après vous… (2003), fable enjouée autour d’un suicidaire. Hors de prix (2006), réflexion sur le pouvoir de l’argent où cruauté et malice ne font qu’un. |
Thierry Chèze |
| 2 | Elise sous emprise Le geste est ambitieux. Pour son premier long métrage de réalisatrice, la comédienne Marie Rémond a choisi de traiter par le prisme de la comédie le sujet douloureux de la charge mentale des femmes et son corollaire, la sensation d’imposture à laquelle elle donne naissance dans un monde souvent dominé par un masculin peu partageur. |
Thierry Chèze |
| 2 | Junk world Il y a cinq ans, la grande surprise provoquée par Junk Head se soldait par un goût amer, un final sans queue ni tête, un univers et une forme unique condamnés à la vanité. Junk World, annoncé comme un préquel de Junk Head, développe en effet l’origine de ce monde dystopique composé d’êtres immortels, de cyborgs et autres soldats humains. Et pourtant, le film se heurte aux mêmes limites que son prédécesseur : en dépit de l’immense inventivité des plans composés par Takahide Hori, le récit demeure balbutiant, incertain quand il n’est pas tout simplement lourd. |
|
| 3 | ChaO Très remarqué au Festival d’Annecy 2025, ChaO de Yasuhiro Aoki confirme le retour en forme du Studio 4°C (Les Enfants de la mer), avant que leur jouissif All You Need is Kill, prévu pour le 20 mai, ne vienne enfoncer le clou. Toujours prompts à dynamiter les codes du conte, les Japonais font une sorte de remake sous acide de Ponyo sur la falaise, transposé dans un univers où humains et créatures marines cohabitent dans un Shanghai fantasmé. On y suit un employé ordinaire, propulsé dans une union forcée avec une princesse-sirène. |
François Léger |
|
Ella McCay Drôle de destin que celui d’Ella McCay. Attendu dans les salles françaises en janvier, le nouveau film de l’orfèvre vénéré de la comédie américaine James L. Brooks s’est finalement retrouvé bazardé à la dernière minute sur Disney +, au vu de ses résultats cata au box-office US. Mais les critiques français ont tellement chanté ses louanges que Disney a finalement décidé de sortir le film au cinéma en ce mois de mai durant… deux jours ! Une sorte de mini happy end, donc, qui va bien au teint de cette fable à la Capra. |
Frédéric Foubert |
|
Obsession Les Anglo-Saxons ont cette expression idiomatique : « Be careful what you wish for ». Quelque chose comme « prends garde à tes désirs ». Une mise en garde qui résonne dans des centaines d’histoires mettant en scène des vœux magiques et leurs conséquences plus ou moins tragiques, du conte d’Aladdin au classique horrifique La Patte de singe. C’est un trope, un « truc » de fiction vieux comme le monde, ici superbement réinventé par Curry Barker, petit génie de la frousse et de la comédie révélé par la chaîne YouTube « that’s a bad idea ». |
Frédéric Foubert |
| 2 | Ressacs, une histoire touarègue Les traits marqués par le soleil, des turbans colorés recouvrant leur tête et le sable comme seule maison. De frontières en frontières, les Touaregs, peuple du désert, sans terre, continuent leur quête d’identité et de reconnaissance... Ressacs raconte l’histoire des réfugiés rouges : les Touaregs, expulsés de leur territoire. La poésie des images et des portraits sans artifices qui défilent montre la douleur d’un peuple nomade. Malgré la sincérité des témoignages, les récits trop nombreux confondent le spectateur et le perdent un peu. |
|
| 3 | Do you love me Des voitures, des hommes, des armes et une terre ensanglantée. Entre images d’archives et de fiction, Do you love me raconte l’histoire d’une terre consumée par la violence, le Liban. Des chevaux abattus en pleine rue, Catherine Deneuve en visite dans une voiture, des mariages au milieu des débris : It’s now 2020 And the country is fucked. Malgré les générations de femmes qui défilent à l’écran, ce sont les mêmes mots qui résonnent à la radio, la même guerre qui continue d’embraser le pays. |
|
| 2 | Planète Sanseverino Planète Sanseverino s’invite dans les coulisses de la création musicale et laisse entendre la voix des instruments. Un documentaire qui narre l’histoire d’un chanteur et de ses compagnons de route. Un à un, les cordes, les cuivres, font voir leur personnalité alambiquée. A travers le tumulte de la symphonie, le film raconte tout un univers, celui d’un interprète, Stéphane Sanseverino. Un montage aux allures très classiques pour un musicien qui s’est construit en marge. Mais, de temps à autre, le long-métrage se révèle plus rebelle, à l’image de son sujet. |
|
| 2 | Mon grand frère et moi Ryôta Nakano aime décidément les histoires de famille et des malaises et malentendus qui peuvent y régner. Quatre ans après la réussite du très original La Famille Asada, il met ici en scène une femme Riko dont la relation complexe avec son frère aîné, se poursuit même après la mort de ce dernier qui lui laisse en héritage une pile de factures impayées et plus encore de souvenirs embarrassants. |
Thierry Chèze |
| 3 | The World of love C’est l’histoire de Joo-in, une adolescente solaire, dont on perçoit qu’ici et là (une mère alcoolique, un père qui a fui le domicile familial et dont les messages réguliers qu’il lui envoie restent sans réponse…) le quotidien n’est pas si rose. Mais qui, dans son lycée, rayonne, élève aussi studieuse qu’espiègle aimée de tous. Jusqu’au jour où un de ses camarades lance une pétition contre la réinstallation d'un délinquant sexuel dans le quartier. Le texte, décrivant les victimes comme des êtres aux vies irréparablement brisées, reçoit les signatures de tous les élèves. Tous sauf une. |
Thierry Chèze |
| 3 | The New West C’est le genre de film dont on se demande en le découvrant si on n’aurait pas mieux fait d’en lire le mode d’emploi avant d’entrer dans la salle. A priori, The New West est un documentaire sur une communauté de dompteuses de chevaux sauvages du Dakota du Sud, au cœur des fameuses Badlands chères à Terrence Malick. Une communauté hors norme, dirigée par la très cool matriarche Tabatha Zimiga, et peuplée d’ados rebelles, tous experts en rodéo. |
Frédéric Foubert |
|
Mi amor Il y a un côté Steven Soderbergh chez Guillaume Nicloux. L’homme shoote plus vite que son ombre, se balade à différents étages de l’industrie, entre films « de prestige » (Sarah Bernhardt, la divine), pochades entre amis, et séries B mêlant archétypes du noir et embardées expérimentales. Mi Amor appartient à la dernière catégorie. Comme avec un Soderbergh, d’ailleurs, on s’assoit devant sans trop en attendre. Pom Klementieff y joue Romy, une DJ venue mixer dans un club des îles Canaries. |
Frédéric Foubert |
| 3 | L'Entente-La Face cachée d'Alexandrie Sous-titré « la face cachée d’Alexandrie », ce drame nous plonge dans un monde poussiéreux en périphérie du monde des « vivants ». On ne peut pas à proprement parler ici de post-apocalypse mais c’est tout comme. Les immeubles, les routes, les véhicules semblent dépeuplés… Il y a pourtant Hossam, 23 ans et son petit frère d’une dizaine d’années qui marchent vers l’usine du coin pour y reproduire les mêmes gestes que leur père tué à la tâche. Du moins le croit-on. |
Thomas Baurez |
|
The Criminals The Criminals part d'une idée en béton armé : à Londres, un engin explosif de la Seconde Guerre mondiale est mis au jour sur un chantier. Évacuation massive. Coupure générale de courant. Et pendant que les démineurs transpirent sur leur ogive rouillée, un gang s'engouffre dans la zone morte pour percer le mur d'une chambre forte. Simple. Basique. On a vu plus subtil comme point de départ, mais il faut tout de même une certaine audace pour construire un thriller entier sur une coïncidence aussi improbable - et un savoir-faire suffisant pour que ça tienne à peu près debout. |
Gael Golhen |






