2 Ma famille de Samouraïs

A Sao Paulo, dans les années 1980, un petit garçon, Noboru doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer et se tourne vers son grand-père grincheux qui finira par lui raconter son arrivée au Brésil en 1920. Cette histoire de reconnexion ne manque pas d’intérêt. Et pourtant ce film d’animation ne convainc pas pleinement.

Thierry Chèze
3 La Ligne bleue

On a connu Marie Dumora avec sa formidable saga documentaire de 5 films (Avec ou sans toi, Emmenez-moi, Je voudrais aimer personne, Belinda, Loin de vous j'ai grandi), construite sur 20 ans – entre 2001 et 2021 - autour de deux sœurs d’origine yéniche dans un village alsacien. Avec son nouveau documentaire, elle reste fidèle à la région mais change de registre.

Thierry Chèze
Ethan Hawke dans Les Contrebandiers (The Weight)
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Les Contrebandiers

Depuis qu’il joue les cow-boys azimutés à la télé (The Good Lord Bird) ou qu’il est nommé aux Oscars pour ses perfs déguisées (Blue Moon), l’ex-jeune premier Ethan Hawke explique qu’il est devenu un character actor – un acteur de composition, en bon français. Mais il est aussi capable de jouer les héros à l’ancienne, comme il le prouve dans ce très sympathique et divertissant The Weight, film d’aventures old-school dans lequel aurait pu briller un Steve McQueen ou un Paul Newman. 

Frédéric Foubert
4 La Vie en relief- Jacques-Henri Lartigue

C’est dans une expo que Denis Gaubert a découvert une partie de l’oeuvre de Jacques-Henri Lartigue qu’il ne connaissait pas : ses photos stéréoscopiques en relief de la première partie du 20ème siècle. Celles-ci lui ont inspiré cette pépite documentaire (précédée par le court Stéréodrome), dont elles constituent le cœur tout en lui donnant le rythme, les ellipses correspondant à l’absence de matériau. 

 

Thierry Chèze
3 Maquisards

En 1944, Gleb Sivirine s’engage dans la résistance sous le nom de lieutenant Vallier et commande le maquis sur le plan de Canjuers, dans le Haut-Var. Quatre-vingts ans plus tard, en 2024, sept jeunes en parcours de réinsertion et issus de missions locales transforment son journal de bord en une pièce de théâtre.

Lucie Chiquer
2 Maoussi

Maoussi, c’est le nom de la souris qui réunit deux êtres qui n’ont a priori rien à faire ensemble. Elle est une danseuse danoise exilée à Paris et lui un musicien congolais réfugié dans la capitale. Dans ce long-métrage très épuré, on regarde un couple se former. Des tranches de vie que tout oppose embrassées par la musique et le goût de l’art.

Histoires de la nuit
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Histoires de la nuit

Jusque là, Léa Mysius avait fait de la sensation son territoire. Ava et son été aveuglant, Les Cinq Diables et ses bocaux d’odeurs : deux films qui attrapaient le genre pour le dissoudre dans quelque chose de plus trouble et de plus étrange. Histoires de la nuit (adapté d’un roman touffu de Laurent Mauvignier) fait le trajet inverse. 

Gael Golhen
L'Invitation
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L'Invitation

Ils vivent ensemble depuis longtemps dans un bel appartement, élèvent leur fille de douze ans, mais s’aiment-ils encore ? Depuis un moment, il faut reconnaître qu’ils passent beaucoup de temps à se chamailler… Ce soir, par exemple : Joe (Seth Rogen) est très énervé qu’Angela (Olivia Wilde) ait invité sans le prévenir les voisins du dessus, les séduisants Pina et Hawk (Penélope Cruz et Edward Norton). Si séduisants d’ailleurs qu’on pressent dès leur arrivée qu’ils pourraient bien faire une proposition indécente à leurs hôtes entre la poire et le fromage…

Frédéric Foubert
Teenage sex and death at camp miasma
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Teenage sex and death at Camp Miasma

C’est le titre de l’année. « Sexe adolescent et mort au Camp Miasme ». Un intitulé à rallonge qui sonne comme celui d’un faux nanar, d’un pastiche un peu trop ironique et hipster pour être honnête. Mais ne vous y trompez pas : certes, il y a bien ici des geysers de sang aux dimensions délirantes, des seconds rôles qui jouent faux « exprès », et des recréations rigolotes de vieilles pelloches horrifiques des années vidéo-club, mais ce qui anime le.a cinéaste transgenre et non-binaire Jane Schoenbrun est plutôt sérieux.

Frédéric Foubert
Si tu penses bien
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Si tu penses bien

Elle enlève ses bijoux, se démaquille, nettoie ses ongles, son visage, ses oreilles – fragments de corps qui finissent par ne faire qu’un. Nue, elle descend dans le bain, récite une prière, s’immerge complètement. La voilà purifiée ; c’est le pouvoir du mikvé, rite auquel son mari, juif pratiquant, l’adjoint à se soumettre tous les mois.

Dix pour Cent film
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Dix pour cent

Les voilà donc de retour. Andréa, Hervé, Gabriel, Arlette, Noémie, Mathias et Camille. Les piliers de la série Dix pour cent et membres de l’agence ASK qui a fermé ses portes lors de la saison 4. Cinq ans après ce clap final, Dix pour cent revient sous la forme d’un long métrage à voir sur Netflix qui marque aussi le retour au scénario de la showrunneuse des origines, Fanny Herrero. Et l’écriture tient une fois encore ici un rôle central. Car le film réussit le tour de force de faire exister chacun de ses personnages sans que jamais rien ne paraisse forcé....

Thierry Chèze
Les Ensorceleuses 2
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Les Ensorceleuses 2

En dépit d’un mini et sympathique effet culte qui l’entourait, on n’avait pas vu venir l’absolue nécessité de donner une suite aux Ensorceleuses de Griffin Dune, sorti en 1998. Et devant le résultat, on n’avait pas forcément tort. Avec aux commandes une Susanne Bier sans inspiration, on retrouve Sandra Bullock et Nicole Kidman en sœurs sorcières tentant de briser la malédiction ancestrale pesant sur leur lignée et condamnant à mort tout homme dont elle ou leurs descendantes tombent amoureuses.

Thierry Chèze
Don't Look Back in Anger
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Oasis: Don't lool back in anger

Si vous n’avez pas d'intérêt pour Oasis, si vous ne prenez aucun plaisir à brailler Rock ‘n’ Roll Star ou Live Forever dans un pub ou un stade entouré d'amis portant un bob Adidas ou un polo Fred Perry, si vous n’avez pas découvert les joies de la tarification dynamique en tentant d’acheter des places pour assister à la reformation du groupe à l’été 2025, vous pouvez passer votre chemin.

Frédéric Foubert
3 Les Survivants du Che

Octobre 1967, entouré de dizaines de défenseurs de la révolution européens et sud-américains, Che Guevara rêve de renverser le pouvoir en Bolivie. Lâché par les paysans locaux, lui et ses fidèles trouvent refuge dans la jungle où ils subissent les assauts répétés de l'armée, aidée par les renseignements américains. Le Che et la plupart des siens sont tués ou arrêtés. Six partisans, postés dans les montagnes, parviennent à s'échapper. Pourchassés par quelque 4000 soldats, ils tentent de rallier le Chili distant de 2400 kilomètres.

2 Hair, paper, water

Nicolas Graux et Minh Quy Truong ont posé ici leur caméra à la frontière entre le Vietnam et le Laos et tirent le portrait de Cao Thi Hâu, une vieille dame de la communauté des Ruc, née comme beaucoup de personnes de sa génération dans une grottes reculées, avant que leur gouvernement ne décide de les déplacer dans les années 1950. Une femme qui ne vit que pour transmettre à ses petits-enfants sa langue et ses savoirs. La forme de ce long métrage réalisé sur deux années, expérimentale, loin du récit linéaire, déroute souvent.

Pressure
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Pressure

Lorsque le Débarquement est annoncé dans La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, Winston Churchill demande dans une réplique tout à fait anodine si quelqu’un a vu son météorologue. Et cette phrase ne devait rien au hasard. Anthony Maras part de ce trou de souris, l’étire, et en tire Pressure, drôle de film qui présente la Seconde guerre mondiale depuis le point de vue d’un génie-météorologue qui ordonna l’envoi des Alliés en Normandie le 6 juin au matin.

2 Billie Melody

Devant la caméra de Christine Paillard (pour son premier long métrage en solo, deux ans après Pourquoi tu souris ?, co-réalisé avec Chad Chenouga), Roschdy Zem est un papa-fantôme, au sens propre. Son personnage meurt, en effet, dès les premières minutes mais revient physiquement à l’écran sauvé des limbes par l’imaginaire de sa fille de 14 ans - la Billie du titre –. Celle-ci tente de trouver sa voie encombrée de cette perte cruelle. Le pari du fantastique au sein d’un drame plutôt naturaliste sauve en partie – mais insuffisamment - l’ensemble de sa banalité.

Thomas Baurez
1 Flush

Même si Flush avait été un court métrage, il aurait été trop long. Partant d’un concept très bête (la tête coincée dans des toilettes turcs, un homme cherche à reconquérir son ex et échapper à des narcotrafiquants), le film tente laborieusement d’élever le niveau en jouant la carte du genre. Le résultat tombe à côté : tout est poussif, on ne croit à rien, et Jonathan Lambert n’a guère  d’autre choix que de crier tout du long. Tout aussi peu inspirée, la mise en scène patine également, noyée par les références qu’elle pastiche au rabais (Nicolas Winding Refn, Gaspar Noé…).

Sandra Hüller dans Rose
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Rose

La douceur du titre est aussi trompeuse que l’héroïne du film. Au XVIIe siècle alors que les guerres de religion ont frappé l’Europe, une femme se fait passer pour un homme afin de récupérer un domaine en plein cœur de la campagne allemande. Si la communauté accueille d’abord ce « revenant » comme l’un des leurs, des doutes sur son identité commencent à poindre. Par son style même - noir et blanc ultra-contrasté et granuleux, rigueur du cadre, rudesse du sujet - Markus Schleinzer figure par cet inconfort identitaire la douleur d’être au monde.

Thomas Baurez
Adieu monde cruel de Félix de Givry
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Adieu monde cruel

Titre sibyllin que celui du premier long de Félix de Givry. De ces trois mots chargés de mort, évocation d’une renonciation romantique, d’un spleen mortifère, le jeune réalisateur – révélé en acteur chez Mia Hansen-Løve (Eden) et redécouvert en scénariste et producteur au générique d’Arco – fait le manifeste d’une pulsion de vie. C’est en réalité plutôt dans le nom de son protagoniste que se trouve le programme du film : “Otto”, “prospérité” ; “Vidal”, “qui est lié à la vie”.

La vie d'une femme (format affiche)
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La Vie d'une femme

On a découvert Charline Bourgeois-Tacquet avec Les Amours d’Anaïs, portrait d’une trentenaire qui croquait la vie à pleines dents au gré des emballements de son cœur qui n’avait nulle envie de choisir entre fille et garçon. Cinq ans plus tard, on la retrouve fidèle à cet art du marivaudage qu’elle mêle cette fois-ci à des considérations plus sociétales en embrassant l’état délétère du système hospitalier français.

Lire la critique complète

Thierry Chèze
2 Lettres d'amour de ma grand-mère

Son immense succès en Chine pouvait laisser imaginer une grosse machine à faire pleurer. Lettres d’amour de ma grand-mère commence pourtant presque comme une comédie : criblé de dettes, un jeune homme part en Thaïlande retrouver son grand-père, disparu depuis des décennies. Son enquête va surtout exhumer une histoire d’amour et celle, méconnue chez nous, des qiaopi, ces lettres accompagnées de mandats que les Chinois partis travailler en Asie du Sud-Est envoyaient à leurs familles restées au pays.

Pierre Lunn
3 Gouffres et merveilles

C’est une histoire de lettres et de deux êtres. Il y a Christine persuadée que son père lui a laissé un mot d’adieu quelque part. Jean, lui, garde une missive que son père suicidé a laissé pour justifier son acte. Il n’a jamais voulu la lire. Comme une boutade, Jean, réalisateur (Hors service…) propose à Christine de l’accompagner chez sa mère toxique pour régler certains comptes avec elle et peut-être mettre la main sur l’hypothétique document.

Thomas Baurez
3 The Good sister

Comme dans La Frappe, qui sort aussi ce mercredi, il est question dans ce premier long allemand de relations familiales dévoyées et d’emprise que la victime refuse d’abord de voir. En l’occurrence, une jeune soignante qui va tomber des nues quand son frère aîné avec qui elle partage depuis toujours une grande complicité, est accusé de viol. Avec l’obligation de très vite se positionner car elle est convoquée comme témoin auditif, l’agression ayant supposément eu lieu dans la chambre à côté de la sienne. Qu’a-t-elle réellement entendu ?

Thierry Chèze
2 La Dernière patiente

Judith est la dernière habitante d'un HLM voué à la démolition. Médecin, elle a attendu le jour de sa retraite pour fermer son cabinet et plier bagages. Au grand dam des ouvriers soucieux de respecter les délais. Son organisation brinquebalante est mise à rude épreuve lorsque débarque Aida, enceinte de huit mois, en rupture de soins et tentée de fuir un petit-ami possessif. Le réalisateur de Paris est à nous filme avec beaucoup de délicatesse deux femmes que tout, ou presque, oppose, obligées de cohabiter le temps d'une nuit où rien ne se passe comme prévu.

La Frappe affiche
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La Frappe

Ce premier long, découvert lors de la Semaine de la Critique cannoise, s’ouvre par un gros plan sur une peau sans qu’on sache à qui elle appartient. Cette séquence donne le la de ce qui va suivre : la volonté de laisser l’incertitude au cœur du récit. Car quand Anthony (Bastien Bouillon, impressionnant) sort de prison et retrouve Enzo son fils de 19 ans et Carla, sa fille de 20 ans en essayant de refaire famille, on ne sait rien du passé de cet homme. Rien de ce qui l’a conduit derrière les barreaux. Rien des détails de sa relation avec les enfants.

Thierry Chèze
3 Retour avant 15 heures

Le deuil prend parfois des formes surprenantes. C’est le cas ici : le réalisateur Gaël Lépingle construit un dispositif documentaire ludique autour d’un registre retrouvé à la mort de son père.

Lucie Chiquer
2 The Opera !

Il est des objets de cinéma si singuliers qu’ils échappent à toute étiquette. Le projet franco-italien cosigné par Paolo Gep Cucco et Davide Livermore tient de cette caste marginale. Syncrétisme des codes de la captation de spectacle vivant, du clip MTV cocaïné, du soap sirupeux, de la fantaisie de série B et de la comédie musicale broadwayienne d’où elle tient son point d’exclamation, cette adaptation d’Orphée et Eurydice (Christoph Willibald Gluck) se révèle surtout un délire chimérique.

3 The Holy boy

On est toujours heureux de voir arriver dans les salles un film témoignant d’un renouveau du cinéma de genre italien. Le genre, en l’occurrence, étant celui de la folk horror, que Paolo Strippoli revisite de façon très personnelle. L’intrigue de The Holy Boy prend place dans un village de montagne, où débarque un prof d’EPS dévasté par le deuil. Il va découvrir que les habitants du lieu, tous marqués par une tragédie collective survenue quelques années plus tôt, soignent leur chagrin grâce à un adolescent magique, Matteo, capable d’« absorber » la douleur.

Frédéric Foubert
Trois adieux d'Isabel Coixet
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Trois adieux

Ce nouveau long-métrage de la cinéaste espagnole Isabel Coixet (Ma vie sans moi) est l’adaptation du dernier roman autobiographique de l’italienne Michela Murgia dont le titre original est Trois bols : rituels pour une année de crise (inédit en France) L’autrice, star en Italie, y raconte son ultime désir de vie, bouleversant sursaut hanté par la mort. Murgia est décédée d’un cancer à l’âge de 51 ans en 2023.

Thomas Baurez