Sorda affiche
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Sorda

Angela et Hector s’aiment d’un amour sans nuage depuis près de 3 ans et s’apprêtent à avoir leur premier enfant... sans se douter que ce bonheur va révéler des failles jusque là invisibles dans leur relation. Car Angela est sourde et Hector entendant. Et l’arrivée de ce bébé et son éducation vont jour après jour faire naître des doutes chez elle.

Thierry Chèze
Premières images de Jennifer Lawrence et Robert Pattinson chez Lynne Ramsay
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Die my love

Scènes de la vie conjugale arty et désespérées. Ce Die, My Love présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes (un an déjà !) carbure aux sautes d’humeur d’une mise en scène au diapason d’un sujet que l’Ecossaise n’envisage que dans ses retranchements. Lynne Ramsay enferme d’emblée Jennifer Lawrence et Robert Pattinson dans une bicoque à la campagne, les regarde un peu de loin tels des souris de labo. Le film s’ouvre ainsi sur un plan strict et immobile d’un home (peu) sweet home dont la perspective échoue lamentablement sur un salon défraîchi.

Thomas Baurez
Dao de Alain Gomis
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Dao

Avec son nouveau film, le franco-sénégalais Alain Gomis (Félicité) cherche à renverser les codes généralement admis du récit cinématographique par une absence de surplomb narratif, d’une mise en scène à l’affut, d’espaces mouvants et un encombrement des personnages à l’intérieur du cadre… La fiction, ainsi dépouillée de ses trop beaux atours, entend se réinventer. Cela passe par un accord tacite avec ses futurs interprètes que l’on découvre en ouverture lors des séances de casting. Cet échange-confession met à jour ce pacte non faustien où le « je » ne sera pas forcément un autre.

Thomas Baurez
Hokum affiche
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Hokum

Les deux premiers films de Damian McCarthy, Caveat et Oddity, ont imposé le jeune irlandais en étoile montante de l’horreur. Un cinéaste aux obsessions déjà bien identifiées, qui mêlent une passion maniaque pour les objets insolites et menaçants, à un goût prononcé pour les huis-clos, les intérieurs obscurs et l’architecture claustro.

Frédéric Foubert
Michael (2025)
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Michael

Vous avez le sentiment d’être au cinéma. Normal, vous avez payé votre place, validé votre carte, choisi votre siège, acheté votre pop-corn. Mais vous êtes ailleurs, dans une sorte de dimension parallèle, un facsimilé de film, mi hologramme, mi Pathé live, où signaux et enjeux se fracassent les uns contre les autres.

3 Vil & misérable

Adaptation de la BD de Samuel Cantin, ce premier long québécois met en scène… Lucien, un démon débarqué sur Terre voilà 350 ans après une dispute entre Dieu et son père Satan qui bosse comme libraire dans une boutique de livres d’occasion, située à l’intérieur d’un concessionnaire de voitures d’occasion. En une phrase de pitch, le fon est donné.

Thierry Chèze
La Poupée
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La Poupée

Après plusieurs courts-métrages, Sophie Beaulieu, élève de l’Atelier de scénario de la Fémis, se lance dans l’aventure d’un premier long, puisant son inspiration dans un reportage télé sur des détenteurs de mannequins en silicone hyper réalistes imaginés selon tous leurs désirs. Et propose ici une comédie pour le moins originale dans laquelle Rémi noie son chagrin d’amour en se lançant corps perdu dans une relation, forcément à sens unique, avec… une poupée à l’apparence humaine.

3 Caravane

Les vacances d’Ester en Italie ne seront pas de tout repos : elle doit amener David, son fils atteint d’un trouble mental, une brouille avec ses amis la pousse à partir sur un coup de tête, où ils font la rencontre de Zuza, une jeune femme qui se joint à eux.

3 Soumsoum, la nuit des astres

Avec son nouveau long découvert à Berlin, le tchadien Mahamat-Saleh Haroun (Un homme qui crie) continue à raconter son pays. Il nous entraîne ici dans un village isolé où vit Kellou, jeune femme traversée par des visions qu’elle ne comprend pas plus qu’elle ne maîtrise. Et dont la rencontre avec Aya, une femme un temps exilée de retour, va bouleverser son existence.

Thierry Chèze
4 Les Fleurs du manguier

Shafi a quatre ans, sa sœur Somira en a neuf, et leur exode d’un camp de réfugiés du Bangladesh vers la Malaisie prend des allures de survival à mesure que les jours défilent. Lorsqu’ils perdent leurs repères, c’est bien nous qu’Akio Fujimoto désoriente. Il y a la fiction et le documentaire qui s’imbriquent et se confondent. L’immersion totale, presque inconfortable, qui met à l'épreuve notre œil occidental. Et puis ce sentiment d’impuissance face à deux bouilles que l’on sait condamnées malgré les rires qui continuent de résonner.

Lucie Chiquer
3 Première ligne

Depuis Omar Gatlato, Merzak Allouache n’a de cesse de vouloir filmer le quotidien de la société algérienne. Son nouveau long métrage ne fait pas exception. Il nous propose cette fois-ci une comédie rafraichissante où l’on suit une famille partie au petit matin pour être certaine de pouvoir s’installer sur la plage, avec vue sur mer. Sans imaginer que leurs propres voisins, qui leur tapent déjà pas mal sur les nerfs d’ordinaire, viendraient, au moyen d’un backchich, leur plomber le paysage et plus largement leur journée.

3 Un lugar mas grande

Si vous cherchez un documentaire introductif au mouvement zapatiste au Chiapas, de sa création en 1994 à sa lutte aujourd’hui, passez votre chemin : Un Lugar mas grande aspire à mieux. La couleur est immédiatement donnée au début du film lorsqu’une réunion conclut au refus de travailler avec les partis politiques traditionnels en brûlant leurs cadeaux. C’est là que se situe le véritable intérêt du travail de Nicolas Défossé : ne pas avoir peur de réfléchir en-dehors de la fenêtre d’Overton et dans une perspective véritablement révolutionnaire.

2 Dunken noodles

Présenté dans la section ACID du dernier Festival de Cannes, le troisième long métrage de Lucio Castro est aussi culotté qu’atypique. Un temps tenté par un documentaire sur l’artiste américain hors normes Sal Salandra et ses broderies homoérotiques au point de croix qui le fascinent, le cinéaste argentin a finalement préféré faire de ses tableaux le fil conducteur d’une fiction. Adnan, étudiant fraîchement débarqué à New York le temps d’un stage en galerie d’art, voit son existence bousculée par toute une série de rencontres artistiques mais aussi charnelles.

2 Marama

1859. Une enseignante māorie (l'actrice néo-zélandaise Ariāna Osborne, sorte de Jenna Ortega locale) en quête de vérité sur ses origines se rend dans le Yorkshire du Nord, en Angleterre. Sur place, elle apprend que le parent qui l’a convoquée est décédé. La jeune femme accepte alors un travail de tutrice pour la fille d’un aristocrate fasciné par sa culture. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans ce manoir isolé… Faux film de chocottes (ou si peu) mais vrai drame victorien, Mārama, Taratoa Stappard entreprend de revisiter les codes du gothique à travers un prisme postcolonial.

François Léger
3 Alice au pays des colons

On se souvient encore du choc reçu après la vision du documentaire No Other Land (2024) sur le sort des familles cisjordaniennes perpétuellement et sauvagement agressées par l’armée israélienne et les colons. Des familles délogées de leurs terres au nom de la politique expansionniste de Netanyahou. Ce présent documentaire prolonge cette tension sur un mode plus « diplomatique » La violence est, en effet, contenue au maximum. La Alice du titre, de nationalité israélienne mais le cœur en Cisjordanie, milite pour récupérer la terre de ses ancêtres confisquée par des colons.

Thomas Baurez
4 Didy

Pour le petit Gaël Kamilindi qui fuit le Burundi et s’exile en Suisse du haut de ses sept ans, l’année 1993 sonne le glas du souvenir de sa mère, Didy, décédée un an plus tôt du sida. Comment, trente ans plus tard, se la remémorer ? En demandant de l’aide à toutes les autres femmes de sa vie. Le visage de Didy renaîtra grâce à son amie, l’actrice Kayije Kagame (découverte dans Saint Omer), troublant sosie de sa mère dont les apparitions hanteront le film.

Lucie Chiquer
4 La Grève

La Grève est un film parlé ; un film en forme de manifeste. La comédienne Julia Faure (Et plus si affinités) lit La Chair est triste hélas, texte signé Ovidie (2023), qui y professe sa foi en la sologamie. Depuis quelques années, la réalisatrice, journaliste et militante féministe fait la grève du sexe hétéro, refuse simulations patriacales et dictacts consuméristes, rejette “anxiété et insatisfaction permanente”.

2 La Terre de mon grand-père (partie 1: l'héritage)

A 48 ans, Martin Esposito a déjà vécu pas mal de vies. Cet ancien champion de windsurf ne s’attendait pourtant sans doute pas à se retrouver au milieu de nulle part, ou presque, à planter des arbres par tout temps avec son grand-père. Et encore moins à être le témoin involontaire de l’histoire d’amour bourgeonnante de celui-ci avec sa voisine de toujours. C’est pourtant exactement ce qui lui arrive quand il pose sa caméra pour filmer son quotidien en compagnie de son aïeul. Qui soudain, et contre toute attente, lui annonce vouloir lui léguer son immense terrain.

A voix basse de Leyla Bouzid
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A voix basse

En trois longs métrages, la tunisienne Leyla Bouzid a su tracer une ligne qui guide son cinéma : l’exploration de la manière dont le fait politique et social influe sur l’intime. Et ce sans que ses films ne bégaient. Ainsi après Une histoire d’amour et de désir, jeu du chat et de la souris érotico-sentimental où l’audace du verbe tenait un rôle central, A voix basse repose sur l’inverse. Les silences, l’incapacité à dire les mots pour dire ce qu’on ressent.

Thierry Chèze
Nous l'orchestre de Philippe Béziat
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Nous l'orchestre

Pour raconter l’Orchestre de Paris, Philippe Béziat réinvestit les codes du film muet. C’est un comble mais surtout… un coup de maître. Six ans après le merveilleux Indes Galantes, le documentariste mélomane s’intéresse à la valse de vents, de cordes et de percussions qui remplit tous les jours les sinuosités futuristes du colosse aluminé de La Villette, à cet ensemble de cent-vingt musiciens dirigé par le finlandais Klaus Mäkelä depuis 2021.

3 Bagarre

Il va falloir compter avec Nassim Lyes. En attendant de découvrir son rôle dans le nouveau Quentin Dupieux présenté à Cannes, Full Phil, l’acteur de Sous la Seine crève l’écran dans Bagarre. Une comédie déjantée où il joue un plagiste aussi beau et musclé que demeuré qui intègre le service Allo Bagarre pour réunir l’argent nécessaire pour sauver son spitz nain. Le film est au diapason de ce pitch loufoque.

Edouard Orozco
2 Affection affection

Sept ans après Bêtes blondes qui mettait en scène une éphémère star de télé-réalité en proie à des crises d’amnésie dans un équilibre permanent entre poésie et humour, le duo Maxime Matray-Alexia Walther convoque de nouveau l’absurde dans leur deuxième long métrage. Cet absurde vient métamorphoser ce qui paraît d’abord comme un polar dans les pas d’une employée municipale (Agathe Bonitzer, épatante) s’improvisant détective après la disparition d’une adolescente. La loufoquerie qui fait peu à peu basculer un quotidien banal vers l’étrange séduit de prime abord.

Thierry Chèze
2 Morlaix

L’espagnol Jaime Rosales (La Soledad) pose pour la première fois sa caméra en France mais sans perdre son goût pour les expérimentations cinématographiques. Tourné dans la cité finistérienne, Morlaix s’ouvre comme une chronique adolescente dans laquelle l’arrivée d’un étudiant au charme magnétique (Samuel Kircher, irrésistible) bouleverse la vie de Gwen (Aminthe Audiard, une révélation lumineuse), jeune femme en couple avec un de ses camarades de classe, qui va soudain ne plus savoir pour qui son cœur bat le plus.

Thierry Chèze
3 La Petite graine

Pour leur premier long, les frères Rifkiss, multi-primés avec leurs différents courts à travers le monde, aborde un sujet peu traité sur grand écran : l’infertilité. L’histoire de Denis et Céline, un couple qui, après des années d’inséminations artificielles infructueuses, ne voient plus qu’une solution pour avoir enfin cet enfant dont ils rêvent : demander l’aide de Piche, ancien camarade de classe dont Denis était à l’époque… le souffre-douleur !

Thierry Chèze
4 Hayat

Ne vous laissez impressionner par sa durée ! Il en va du nouveau long métrage du cinéaste turc Zeki Demirkubuz (le premier à être distribué en France) comme des œuvres de son compatriote Nuri Bilge Ceylan. Le temps y participe à la puissance de ce qui est raconté et permet de creuser les personnages et les situations, pour éviter d’enfoncer les portes ouvertes. Hayat est l’histoire d’un mariage arrangé auquel la future épouse, Hicran, a décidé d’échapper en quittant son petit village pour tenter de refaire sa vie à Istanbul.

Thierry Chèze
2 The Mad dog of Europe

Dans la famille Mankiewicz, on connaît Joseph L., un des plus grands cinéastes classiques (L’aventure de madame Muir, Eve, La Comtesse aux pieds nus…) moins Herman J., le frère aîné. Il est pourtant le co-scénariste de Citizen Kane. Ce qu’on savait moins (voire pas du tout !), c’est qu’il a combattu au sein même de l’industrie hollywoodienne le nazisme.

Thomas Baurez
Une fille en or
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Une fille en or

Là où les grands yeux pétillants de Clémence croisent le regard sévère de Paul, jaillit des étincelles. Elle, ingénue un brin tête en l’air, se laisse porter. Quand elle ne se trompe pas de chambre mortuaire au décès de son père, elle cède naïvement son appartement à un ex parasite et déballe ses problèmes de santé à un entretien d’embauche. Lui, son boss, a les pieds sur terre. Tellement qu’il se rigidifie à vue d’œil, martyrisant ses employés sur son lieu de travail et ses voisins sur son temps libre. Leur incompatibilité amuse.

Lucie Chiquer
0 L'Eden

Rêvasser d’une coexistence pacifique dans un Moyen-Orient actuellement à feu et à sang ne tient plus de la simple maladresse, mais d’un geste délibérément insolent. De cet Eden que la réalisatrice dépeint grossièrement naît un film ouvertement hors-sol, dans tous les sens du terme. Coupé du terrain, d’abord, puisque que Joseph, chrétien non-violent, vaque à ses occupations on ne sait où dans la région du Levant. Liban ? Palestine ? Israël ? Peu importe, rien de mieux que de transposer le conflit israélo-palestinien sur une terre stérile pour le dépolitiser. Déconnecté du réel, ensuite.

Lucie Chiquer
2 La Fille du Konbini

Au Japon, s’ennuyer relève du sport national. Prenez Perfect Days, où la routine d’un agent d’entretien de toilettes publiques invite à la contemplation. En ce sens, le quotidien monotone de Nozomi, vendeuse dans un konbini (ces supérettes japonaises ouvertes 24h/24), remplissait tous les critères. Sauf un : se prêter au langage cinématographique. Car la réalisatrice Yuho Ishibashi arrache cette histoire des pages du roman La Fille de la supérette, mais ne lui incombe qu’une paresseuse mise en scène.

Lucie Chiquer
1 Looking for Yotam

Le producteur et réalisateur français Georges Benayoun retrace ici l’itinéraire de Yotam Haim, Israélien de 28 ans fait prisonnier dans son kibboutz le 7 octobre 2023 par les terroristes du Hamas, jusqu’à sa mort dans la ville de Gaza assiégé. Le film s’emploie tout d’abord à nous présenter ce jeune homme, batteur d’un groupe de métal, élevé au sein d’une famille aimante et humaniste. Cette personnification sensible se met très vite au service d’une mise en scène de plus en plus problématique.

Thomas Baurez