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Le Grand Phuket À quoi ressemble la vie d’un collégien dans une province du sud de la Chine ? Si Le Grand Phuket s’attache à montrer les difficultés et mutations propres à cet âge pivot par le recours à une multiplication des régimes d’image (des incursions en animation, une fiction filmée avec un style documentaire…), il n’est jamais aussi beau et prenant que lorsqu’il ralentit le rythme et délaisse sa fiction pour une pure contemplation. |
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The Mastermind L’Amérique seventies est un inépuisable réservoir à fantasmes. Au cinéma cette parenthèse (dés-)enchantée a donné lieu à un corpus de longs-métrages synchrones avec l’agitation d’un pays alors secoué de partout. Les cinéastes qui la regardent aujourd’hui ne peuvent s’empêcher de la recouvrir d’un romantisme pop. Kelly Reichardt (Wendy & Lucy, La Dernière piste, Certaines femmes, First Cow…), ne mange pas de ce pain-là. |
Thomas Baurez |
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A pied d'oeuvre Dans A pied d’œuvre, Franck Courtès racontait la trajectoire que le photographe à succès qu’il était avait emprunté après avoir décidé de tout abandonner pour se consacrer à la littérature. Une vie faite de petits boulots éreintés sous- payés et conquis de haute lutte au fil des annonces parues sur une plateforme devenue tout à la fois sa bouée et son bourreau. C’est ce lent glissement vers la précarité que raconte ici brillamment Valérie Donzelli, primée pour son adaptation (co- signée Gilles Marchand) à la Mostra. |
Thierry Chèze |
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Retour à Silent Hill Vingt ans après Silent Hill, Christophe Gans retourne dans sa ville fantôme mais change de focale. Là où le film de 2006 suivait une mère affrontant un enfer mythologique, Retour à Silent Hill se replie sur un homme seul, James, attiré par le souvenir d'une femme qu'il a aimée. Il croit la retrouver dans les brumes de la cité. Il va se perdre. |
Gael Golhen |
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Le Gâteau du Président Les productions irakiennes ne sont pas légion dans le paysage cinématographique international ; encore moins celles qui s’aventurent dans la région des marais, au sud du pays. Là-bas, au début d’années 1990 marquées par la guerre du Golfe, le quotidien de Lamia – d’ordinaire bercé par le glissement de la barque de sa grand-mère sur les eaux encerclant son village – est bouleversé par un petit bout de papier. La fillette a été tirée au sort : cette année, elle devra confectionner le traditionnel gâteau d’anniversaire de Saddam Hussein pour la fête de l’école. |
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Marsupilami Reprendre le Marsu après Chabat relevait moins du remake que du relais sacrément risqué. En 2012, Sur la piste du Marsupilami assumait son anachronisme joyeux, son humour rétro et sa douceur bricolée. Quatorze ans plus tard, Philippe Lacheau hérite de la bestiole tachetée et la plonge dans son ADN à lui. La mécanique à gags est plus frontale, plus bruyante, parfois panzer - mais pas pour autant foirée. |
Gael Golhen |
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Les Légendaires Le film Les Légendaires capture l’essence de la célèbre bande dessinée, en offrant une aventure accessible, rythmée et visuellement généreuse. L’animation, sans révolutionner le genre, propose un style coloré et chaleureux qui rend totalement justice à l’univers de Sobral. L’humour fonctionne à plein (grâce aux voix et à la force des dialogues) et les personnages conservent tout leur charme, notamment dans la dynamique de groupe, toujours au cœur du récit. Clair, toujours lisible le scénario multiplie les rebondissement et est suffisamment dense pour maintenir l’attention. |
Gael Golhen |
| 3 | Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2 Historien, dramaturge et militant des droits civiques, Howard Zinn a consacré sa vie à raconter l’histoire depuis la perspective des oubliés : travailleurs, minorités, dissidents. Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2 met justement au cœur cette approche singulière en montrant comment sa lecture critique du passé éclaire les crises sociales et politiques d’aujourd’hui. Le documentaire dévoile avec précision la cohérence de sa pensée : refuser les récits officiels trop lisses, redonner une voix aux anonymes, rappeler que chaque acte de résistance compte. |
Gael Golhen |
| 3 | Dreams Après la rédemption et la résilience de Memories, la sécheresse et la violence de Dreams. Avec son nouveau film, Michel Franco signe un mélo d’une froide lucidité, où la passion intime cache un ordre social dévastateur. Un jeune danseur mexicain passe la frontière pour rejoindre la patronne d’une compagnie de ballet qu’il aime. Jessica Chastain est exceptionnelle dans le rôle de Jennifer, riche américaine à la générosité conditionnelle : son aplomb, sa retenue et ses micro-fêlures dessinent un personnage aussi séduisant qu’inquiétant. |
Gael Golhen |
| 2 | Bel ami Le tout premier film du chinois Geng Jun à sortir dans les salles françaises n’a pas eu la même chance dans son pays. Le régime autoritaire de Xi Jinping a moyennement goûté cette proposition de cinéma queer mettant en scène un homme d'âge mûr se décidant sur le tard de faire son coming-out et un couple lesbien qui, sous la pression de leurs familles, cherchent un mari de convenance pour fonder une famille. |
Thierry Chèze |
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Le Chasseur de baleines Leshka (Vladimir Onokhov), jeune adolescent habitant un petit village russe près du détroit de Béring, n’a pour seule perspective d’avenir que la chasse à la baleine. Comme son père, son grand-père et probablement le père de celui-ci avant lui. L’arrivée récente d’internet révolutionne sa petite vie bien tranquille et lui ouvre surtout soudain de nouvelles perspectives. D’autant qu’il s’entiche d’une stripteaseuse américaine. Et n’a dès lors plus d’autre désir que celui de la rencontrer. |
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| 3 | La Vie après Siham Endeuillé par la perte de Siham, Namir se refugie dans les archives familiales accumulées au fil du temps, à la recherche du fantôme de sa mère. En fouillant dans une montagne de vidéos issues de son enfance, il déniche dans les confidences de ses parents le récit contradictoire de leur rencontre : romanesque dans l’esprit de son père, terre à terre dans celui de sa mère. |
Lucie Chiquer |
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Nuremberg Faire joujou avec la grande histoire est censé engager ceux qui font bouger les petits soldats de plomb sur le tapis de leur imagination. James Vanderbilt (auteur du scénario de Basic le dernier McTiernan) ouvre grand les portes de sa chambre. Mais son appréhension du procès de Nuremberg qui voit en 1945 la barbarie du IIIe Reich sur le banc des accusés, est nulle. Porté par les yeux Tex Avery de Rami Malek et la carapace de Russell Crowe, ce numéro de duettiste vire au grand-guignol. |
Thomas Baurez |
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La Grande rêvasion La jeune Andréa est tétanisée à l’idée de monter sur scène pour le spectacle de son école. Aussi se dissimule-t-elle sous une cape de fortune dans l’espoir d’y échapper. Quand elle se décide enfin à en sortir, elle se retrouve dans un palais perché sur les nuages. Dans un dessin proche des croquis de certains albums jeunesse, cette jolie histoire pleine de fantaisie invite les tout-petits à se dépasser et à affronter leur peurs, avec, si possible, l’aide de ses amis. |
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Baise-en-ville Martin Jauvat se propose de réenchanter un monde que personne n’ose vraiment regarder ni filmer : ce fameux Grand Paris déplaçant le périmètre francilien du nombril de sa capitale (Grand Paris était aussi le titre de son premier long-métrage) L’Amérique, par son cinéma, a toujours su faire de ces espaces trop réguliers un territoire à fantasmes. |
Thomas Baurez |
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La Grazia Après Parthenope qui frôlait la sortie de route, La Grazia. Paolo Sorrentino signe une de ses oeuvres en apparence les plus sages, mais travaillée par ses obsessions de toujours. Moins de frime, moins de baroque. À la place, un film de seuil, presque de sortie, où l’on regarde un président en fin de mandat décider qui peut mourir, qui mérite de vivre, et ce que vaut une grâce quand il n’y a plus rien à gagner. Sorrentino y filme l’amour et la mort comme deux forces indissociables. |
Gael Golhen |
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La Reconquista A 44 ans, l’espagnol Jonas Trueba a droit jusqu’au 10 février à une rétrospective intégrale de son œuvre, à l’initiative conjointe du Centre Pompidou et du cinéma parisien MK2 Bibliothèque. L’occasion de célébrer un cinéaste qui, au fil d’une dizaine de films, a tout particulièrement brillé dans l’art du récit du sentiment amoureux, du premier coup de foudre à la séparation. Et en parallèle Arizona Distribution a la riche idée de sortir cet inédit de 2015. |
Thierry Chèze |
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Gourou Tout est en place dès la première scène. Un corps en surchauffe, un homme face à la foule, un discours qui promet tout - absolument tout. À partir de cette ouverture (opératique), Gourou ne se déploie pas : il s’enclenche. La suite sera une spirale : Yann Gozlan ne raconte pas l’ascension d’un coach mais orchestre sa descente aux enfers, comme si le film, ayant posé toutes ses cartes dès le départ, n’avait plus qu’à observer les conséquences. |
Gael Golhen |
| 2 | Une page après l'autre Depuis une poignée d’années, la Corée du Sud doit faire face à une recrudescence inquiétante de suicides dans ses établissements scolaires. C’est la thématique dont s’empare ici Nick Cheuk, inspiré par l’histoire vécue par un de ses amis. On y suit un prof qui, découvrant une lettre d’un de ses élèves expliquant qu’il va passer à l’acte, va tout faire pour retrouver l’auteur de cette missive qui le renvoie à ce qu’il a lui- même vécu dans son enfance. Mais, peut- être trop concerné par le sujet, Cheuk échoue à trouver le bon ton et la bonne distance. |
Thierry Chèze |
| 1 | Tafiti En pleine savane, Tafiti le suricate croise la route de Mèchefol, un cochon simplet légèrement casse-pieds dont il ne parvient pas à se défaire. Si cette dynamique semble familière, ce n’est pas un hasard : le film ne prend même pas la peine de camoufler son calque flagrant du Roi Lion. Pour autant, cette copie conforme de Timon et Pumba, à l’animation visuellement discutable, n’arrive pas à la cheville du duo originel. Le suricate, profondément moqueur et aigri chez Disney, manque ici de mordant. |
Lucie Chiquer |
| 3 | Olivia Dans ce film espagnol gentillet en apparence, il n’y a de léger que le stop motion. Carré court et lunettes rondes, petite Olivia observe sa réalité se fracturer le jour où la précarité frappe à sa porte. Contrainte de déménager dans un quartier défavorisé, avec une maman dépressive et un petit frère apeuré, elle tente de leur redonner du baume au cœur tout en gérant ses propres crises d'angoisse. Ni édulcorée, ni exagérée, cette réalité nous est racontée à travers le regard innocent de la fillette qui l’endure. |
Lucie Chiquer |
| 4 | Imperial Princess Retour à Monaco pour Virgil Vernier après Cent mille milliards (2024). L’environnement clinquant est regardé (dilué ?) par le truchement d’une image à la pixélisation fragile. Tourné au smartphone en mode journal intime par son héroïne – Iulia, une jeune Russe esseulée –, le monde décrit s’emplit d’une mélancolie barricadée dans un espace où le luxe semble interdire l’épanouissement des sentiments. Iulia a vu ses très riches parents déserter à la hâte leur paradis de la côte d’Azur pour rejoindre leur mère patrie qui vient d’envahir l’Ukraine. Les voilà parias. |
Thomas Baurez |
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Grand ciel Après deux courts Akihiro Hata poursuit son exploration du monde du travail avec son premier long autour d’une équipe de nuit du chantier d’un nouveau éco- quartier futuriste. Et se concentre sur l’affrontement entre deux ouvriers ; l’un expérimenté (Samir Guesmi) très à cheval sur les questions de sécurité, négligées par leur employeur, l’autre nouveau venu (Damien Bonnard) moins regardant car étranglé financièrement. Jusqu’au jour où l’un de leurs collègues disparaît. A-t-il démissionné ou est- il mort accidentellement avant qu’on fasse disparaître son corps ? |
Thierry Chèze |
| 1 | Diamanti Gros succès en Italie avec plus de deux millions d’entrées, cette nouvelle comédie dramatique de Ferzan Özpetek (Pour toujours…) rafle des prix du public un peu partout. |
Thomas Baurez |
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Christy and his brother Ce serait mentir que de prétendre que Christy and his brother n’ait pas un furieux air de déjà vu et que l’ombre de tout un pan du cinéma social britannique – de Ken Loach à l’excellent Scrapper – plane sur ce premier long irlandais, primé à Berlin. Mais ça ne dégrade en rien la qualité d’un film très finement écrit dans ce qu’il montre et ce qu’il cache au fil de l’histoire de Christy, ado de 17 ans qui, expulsé de sa famille d’accueil, débarque chez son demi- frère, tout juste papa, qu’il connaît peu. |
Thierry Chèze |
| 3 | Amour apocalypse Comment réussir à faire rire à partir de l’éco- anxiété ? Comment développer une comédie sur fond de notre planète qui brûle ? Tel est le pari ambitieux auquel s’est attelé Anne Emont (Jeune Juliette), elle- même sujette à la chose avec ce long métrage, Grand Prix du festival romantique de Cabourg. L’éco- phobique en question s’appelle Adam. |
Thierry Chèze |
| 3 | Le Retour du projectionniste Ce documentaire nous entraîne au cœur d’un village reculé des montagnes Talyches, quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. Et plus précisément dans les pas d’un réparateur de télévision octogénaire qui rêve de pouvoir remettre en route le vieux projecteur soviétique qu’il possède pour réunir tous les habitants de ce hameau devant un grand écran. Sa quête – à laquelle va s’adjoindre un jeune cinéphile… et très vite quasiment tous les villageois – donne naissance à ce film malicieux et émouvant, sorte de pendant documentaire du Cinema Paradiso de Tornatore. |
Thierry Chèze |
| 2 | Primate Ah, le film de singe tueur ! Une glorieuse tradition, qui a connu une forme d’apogée dans les années 80 (Incidents de parcours de Romero, Link de Richard Franklin…), et a peut-être bien été revitalisée récemment par Nope. Johannes Roberts, qui jusqu’ici avait plutôt donné dans les requins (47 Meters Down), s’y colle avec Primate. L’histoire d’une bande de jeunes passant une soirée dans une maison isolée, et qui vont se retrouver à la merci d’un singe enragé. Seul refuge : la piscine, le primate étant effrayé par l’eau. |
Frédéric Foubert |
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Le Mage du Kremlin Sonder les mystères de l’âme russe avec des stars internationales parlant anglais ? C’était déjà l’une des erreurs du récent Limonov, la ballade, portrait de l’écrivain anar’ Edouard Limonov par Kirill Serebrennikov. Ce paradoxe est de nouveau au cœur du Mage du Kremlin, adaptation par Olivier Assayas (avec un coup de main d’Emmanuel Carrère au scénario) du livre de Giuliano da Empoli racontant la lente consolidation de l’autoritarisme poutinien. Jude Law a beau être plutôt bon dans le rôle de Poutine, on ne peut pas s’empêcher de penser que tout ça sonne faux. |
Frédéric Foubert |
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Hamnet Hamnet s’ouvre en majesté par un plan en pleine nature où on découvre, blottie au pied d’un arbre, son héroïne Agnès qui, ayant perdu sa mère très jeune, trouve depuis du réconfort dans cette immensité- là, au milieu de la faune et la flore, et dont le don de prédire l'avenir lui vaut d’être considérée comme une sorcière. Ce moment suspendu raconte tout à la fois cette femme et ce que vont être les deux heures à venir. |
Thierry Chèze |






