| 3 | Melpomène C’est le film le plus ovniesque de la semaine. L’histoire d’une jeune professeure d’arts qui, trente après la mort mystérieuse de sa mère, revient dans le sud de la France pour faire éclater la vérité. Une enquête où plus elle s’approche de ce qui semble être la vérité, plus la réalité se délite. Pour son premier long métrage, Charlotte Dauphin – qui en tient aussi le rôle central – signe un film construit comme un labyrinthe mental où les faits s’effacent derrière les sensations. |
Thierry Chèze |
| 3 | Un hiver russe On connaît Patric Chiha par ses fictions – de Domaine (2009) à La Bête dans la jungle (2023) où il revisitait dans une boîte de nuit le roman d’Henry James -, d’une grande ambition formelle. Mais il signe aussi régulièrement des documentaires dont ce film où il aborde l’invasion de l’Ukraine et la guerre ininterrompue depuis plus de 4 sans sous un angle peu traité. Celui de Russes qui ont décidé de fuir leur pays. Avec une question centrale : que faire et où aller quand personne ne veut de vous nulle part ? |
Thierry Chèze |
| 3 | Le Chant des oliviers Sur le point de quitter Malte, Mar hérite de terrains. Elle parcourt alors toute l'île à leur recherche, bien décidés à les vendre. Sur son chemin, elle fait la connaissance de Nenu, octogénaire haut en couleurs, chanteur reconnu du għana, chant traditionnel maltais. Entre ces deux êtres que tout oppose naît une amitié aussi improbable que touchante. Pour son deuxième long métrage après Luzzu, Alex Camilleri poursuit son exploration d’une Malte loin des cartes postales. |
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| 3 | Le Monde à l'endroit Alors que l’espace socio-médiatique oublie parfois les victimes de VSS au profit de leurs bourreaux, beaucoup plus bruyants, Le Monde à l’endroit, docu-fiction signée Sylvie Meyer, accorde la primeur à ces voix, longtemps opprimées, aujourd’hui prêtes à raisonner. Le film consiste en une série d’histoires vraies, racontées par les personnes qui les ont vécues aux actrices Sandrine Bonnaire, Marianne Denicourt et Isild Le Besco, doubles de la psychiatre Muriel Salmona. |
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| 1 | L'idée qu'on s'en faisait Quitte à subir la crise de la quarantaine, autant le faire au bord d’une piscine. Retirées dans le sud de la France, quatre amies affrontent leurs désillusions : Ambre, professeure de danse qui questionne ses choix de vie ; Lilou, infirmière morose qui a abandonné sa passion pour le chant ; Laure, une hyper-anxieuse maltraitée par sa boss ; puis Magali, célibataire endurcie et actrice qui peine à décrocher des rôles. |
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Mémoire de fille Été 1958. Annie, 17 ans et demi, quitte pour la première fois sa famille d’Yvetot pour travailler comme monitrice dans une colonie de vacances. Elle y découvre le désir, le regard des autres et l’émancipation, mais aussi la violence d’un rapport sexuel qu’elle ne parvient pas à nommer comme tel et le poids du qu'en-dira-t-on. Des situations auxquelles ni son éducation, ni son environnement ne l'avaient préparée. Plusieurs décennies plus tard, devenue écrivaine, elle revient sur cette expérience initiatrice dont son corps a eu pourtant tant de peine à se remettre. |
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| Kraken Deux malaises au Grand Rex, La Mano qui s’emballe sur Insta… quinze jours avant sa sortie salles, Kraken peaufinait déjà sa légende à venir. Mais derrière le (micro) buzz, il y a tout de même un vrai geste. Chabane et Jourdain Rhodes, transfuges venus de la série (ReuSSS et Young Millionaires), installent leur monstre non pas dans l’espace ou dans une grotte isolée, mais au cœur d'une cité de Grigny. La barre de la Grande Borne est donc filmée comme un vaisseau hanté. |
Pierre Lunn | |
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Notre salut Dans un festival de Cannes où la question de l’Occupation agitait un nombre conséquent de films de la sélection (Moulin, La Bataille de Gaulle, La Troisième nuit…), Notre Salut se distinguait par son insolente modernité. Sûrement guidé par son petit budget et une grosse envie d’expérimentation, le deuxième long-métrage d’Emmanuel Marre, après le déjà épatant Rien à foutre en 2022, se fait un plaisir de déserter les routes toutes tracées autour du grand tabou français de la collaboration. |
François Léger |
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Primetime Quel étrange film. Original, touffu, passionnant. Produit et interprété par Robert Pattinson, Primetime est réalisé par Lance Oppenheim, la trentaine, petit génie venu du documentaire (Some Kind of Heaven, Spermworld, Ren Faire…), qui pour sa première fiction propose une plongée dans l’arrière-boutique, franchement pas reluisante, de l’émission To Catch A Predator, gros succès de la télé US des années 2000, sur NBC, dont le principe était de piéger des pédocriminels. |
Frédéric Foubert |
| 3 | Haute solitude- Jean Zay, prisonnier politique Jean Zay, nommé ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts sous Léon Blum en 1936, crée deux ans plus tard le Festival de Cannes pour concurrencer la Mostra de Venise, alors organisée sous le pavillon fasciste. Et puis c’est la défaite, l’infâme Collaboration. Zay, accusé à tort de « désertion en présence de l’ennemi », est arrêté et incarcéré à la prison de Clermont-Ferrand. Il sera assassiné en 1944 par des miliciens, à l’âge de 39 ans. |
Thomas Baurez |
| 2 | Justin le juste Pour son huitième long métrage, Eric Barbier (Petit pays) porte à l’écran Justin le Juste ou la Charrette, roman de Jean Pompougnac publié en 1967. L’histoire d’un paysan naïf et analphabète embarqué malgré dans la guerre de 14-18 se battre contre un ennemi qu’il n’a jamais vu alors qu’il n’aspire qu’à rester dans sa ferme. Avant que, suite à sa rencontre avec un tirailleur sénégalais, il ne devienne le leader d’une mutinerie qui fera bouger les choses au plus haut niveau de l’Etat. |
Thierry Chèze |
| 2 | Raison et sentiments Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est que la deuxième fois que le célèbre roman de Jane Austen, publié en 1811, est adapté sur grand écran. La première remonte à 1996. Une merveille de film réalisé par Ang Lee et scénarisé par Emma Thompson (avec un Oscar à la clé) qui incarnait avec Kate Winslet les sœurs Elinor et Marianne Dashwood. Trente ans plus tard, c’est au tour de Georgia Oakley de s’en emparer. |
Thierry Chèze |
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Heart of the beast Brad Pitt ! Un chien ! Le réalisateur de Fury aux manettes ! Sans compter cette bande-annonce surexcitante… Tout dans le programme de Heart of the Beast nous donnait envie de nous ruer voir ce film, promesse d’un grand récit d’aventures en milieu hostile, avec le spectre de Jack London pour guide, et qui permettrait au passage de nous venger du dernier survival homme-chien usiné par Hollywood, le très faiblard The Dog Stars de Ridley Scott. |
Frédéric Foubert |
| 3 | Les Eléphants dans la brume Au Népal, la communauté Kinnar composée de personnes considérées du troisième genre est autant vénérée que crainte, moquée que redoutée pour ses pouvoirs présumés de bénédiction et de malédiction. Dans un village reculé d'une forêt peuplée essentiellement d'éléphants sauvages, Pirati, l'une des mères de sa communauté, rêve d'émancipation et de pouvoir vivre pleinement aux côtés de l'homme qu'elle aime. Jusqu'au jour où l'une de ses filles disparaît… |
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| 3 | Ecrire la vie: Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens Après Apprendre (2025), infiltration de l'École élémentaire républicaine, Claire Simon réinvestit les salles de classe, lycéennes, cette fois, esquissant un portrait, indirect, de l’écrivaine Annie Ernaux. D’établissement en établissement, d’ouvrage en ouvrage, elle pose un regard bienveillant sur la rencontre de ces citoyens en devenir avec les alter-ego littéraires de l’autrice. |
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| 2 | Fini de rire ! L'humour politique au garde-à-vous ? Des débuts de la présidence de Nicolas Sarkozy (qui mettra rapidement en place sa “politique de civilisation”) au scandale Guillaume Meurice sur France Inter en 2023, en passant par le limogeage des auteurs historiques des Guignols de l’info en 2015, ce documentaire dont on se demande bien ce qu’il vient faire dans les salles tant il semble formaté pour la télévision, dresse l’historique linéaire d’une censure de l’humour politico-médiatique français. |
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Her private hell Nicholas Winding Refn est mort. Vingt-cinq minutes durant lesquelles son coeur a cessé de battre, avant qu’on ne le ramène miraculeusement à la vie comme il l’expliquait, en larmes, durant le Festival de Cannes. De cette expérience traumatisante est donc né Her Private Hell, qui raconte… euh, qui raconte… eh bien… pfff… Bonne question, ça : qu’est-ce que ce film raconte ? |
François Léger |
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Les Roches rouges L’enfance au cinéma se heurte inévitablement au regard adulte. Si la machine-cinéma peut se mettre à hauteur d’un gamin, elle gardera toujours ce surplomb propre à engloutir par sa voracité les sentiments et l’imaginaire du modèle. Dès lors ce dernier est condamné à être regarder à distance, privé de toute subjectivité. Pourtant avec ses Roches rouges, Bruno Dumont, 68 ans, opère un miracle. L’auteur de L’Humanité et du P’tit Quinquin parvient par on ne sait trop quelle magie à se faire sciemment déposséder de son film par des bambins de 5 ans. |
Thomas Baurez |
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Garance « J’ai voulu passer à autre chose avant qu’on me reproche de me répéter ». Ainsi s’exprimait Jeanne Herry dans nos colonnes en mai où nous avions consacré notre couv’ cannoise à son film. Après son premier long, Elle l’adore, la réalisatrice s’était en effet imposée sur le terrain du film choral grâce à Pupille sur le monde de l’adoption puis Je verrai toujours vos visages qui mettait en lumière l’univers méconnu de la justice restaurative. Avec Garance, elle a choisi de se concentrer sur un personnage central. Celui qui lui donne son titre. |
Thierry Chèze |
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Sham Un professeur modèle, ou présenté comme tel, se retrouve accusé par une mère d’avoir martyrisé son fils. Pendant vingt minutes, Takashi Miike épouse son récit à elle, et filme sa déposition comme un pur film d’horreur. Tout y est : la parole qui sidère, les sévices racontés jusqu’à l’insoutenable, la figure du monstre aussitôt désignée. On croit tenir un film de dénonciation, frontal, implacable. Puis Sham pivote. Le récit change d’axe, passe du côté de l’accusé, et l’évidence commence à se fissurer. |
Gael Golhen |
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Resident evil On avait fini par croire Resident Evil inadaptable. Six films avec Milla Jovovich, un reboot mort-né en 2021, une série enterrée par Netflix : à chaque fois les studios faisaient la même erreur, prenaient une expérience de trouille pour un terrain de jeu d'action blockbusterisée. Zach Cregger, lui, a compris ce que trente ans de blockbusters avaient précisément manqué. Avant les zombies et la corporation maléfique, Resident Evil, c'est une affaire de couloir, de pénombre et de balles qu’il faut compter dans le chargeur. C’est la trouille ; la peur d'ouvrir une porte. |
Pierre Lunn |
| 2 | Ma famille de Samouraïs A Sao Paulo, dans les années 1980, un petit garçon, Noboru doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer et se tourne vers son grand-père grincheux qui finira par lui raconter son arrivée au Brésil en 1920. Cette histoire de reconnexion ne manque pas d’intérêt. Et pourtant ce film d’animation ne convainc pas pleinement. |
Thierry Chèze |
| 3 | La Ligne bleue On a connu Marie Dumora avec sa formidable saga documentaire de 5 films (Avec ou sans toi, Emmenez-moi, Je voudrais aimer personne, Belinda, Loin de vous j'ai grandi), construite sur 20 ans – entre 2001 et 2021 - autour de deux sœurs d’origine yéniche dans un village alsacien. Avec son nouveau documentaire, elle reste fidèle à la région mais change de registre. |
Thierry Chèze |
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Les Contrebandiers Depuis qu’il joue les cow-boys azimutés à la télé (The Good Lord Bird) ou qu’il est nommé aux Oscars pour ses perfs déguisées (Blue Moon), l’ex-jeune premier Ethan Hawke explique qu’il est devenu un character actor – un acteur de composition, en bon français. Mais il est aussi capable de jouer les héros à l’ancienne, comme il le prouve dans ce très sympathique et divertissant The Weight, film d’aventures old-school dans lequel aurait pu briller un Steve McQueen ou un Paul Newman. |
Frédéric Foubert |
| 4 | La Vie en relief- Jacques-Henri Lartigue C’est dans une expo que Denis Gaubert a découvert une partie de l’oeuvre de Jacques-Henri Lartigue qu’il ne connaissait pas : ses photos stéréoscopiques en relief de la première partie du 20ème siècle. Celles-ci lui ont inspiré cette pépite documentaire (précédée par le court Stéréodrome), dont elles constituent le cœur tout en lui donnant le rythme, les ellipses correspondant à l’absence de matériau.
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Thierry Chèze |
| 3 | Maquisards En 1944, Gleb Sivirine s’engage dans la résistance sous le nom de lieutenant Vallier et commande le maquis sur le plan de Canjuers, dans le Haut-Var. Quatre-vingts ans plus tard, en 2024, sept jeunes en parcours de réinsertion et issus de missions locales transforment son journal de bord en une pièce de théâtre. |
Lucie Chiquer |
| 2 | Maoussi Maoussi, c’est le nom de la souris qui réunit deux êtres qui n’ont a priori rien à faire ensemble. Elle est une danseuse danoise exilée à Paris et lui un musicien congolais réfugié dans la capitale. Dans ce long-métrage très épuré, on regarde un couple se former. Des tranches de vie que tout oppose embrassées par la musique et le goût de l’art. |
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Histoires de la nuit Jusque là, Léa Mysius avait fait de la sensation son territoire. Ava et son été aveuglant, Les Cinq Diables et ses bocaux d’odeurs : deux films qui attrapaient le genre pour le dissoudre dans quelque chose de plus trouble et de plus étrange. Histoires de la nuit (adapté d’un roman touffu de Laurent Mauvignier) fait le trajet inverse. |
Gael Golhen |
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L'Invitation Ils vivent ensemble depuis longtemps dans un bel appartement, élèvent leur fille de douze ans, mais s’aiment-ils encore ? Depuis un moment, il faut reconnaître qu’ils passent beaucoup de temps à se chamailler… Ce soir, par exemple : Joe (Seth Rogen) est très énervé qu’Angela (Olivia Wilde) ait invité sans le prévenir les voisins du dessus, les séduisants Pina et Hawk (Penélope Cruz et Edward Norton). Si séduisants d’ailleurs qu’on pressent dès leur arrivée qu’ils pourraient bien faire une proposition indécente à leurs hôtes entre la poire et le fromage… |
Frédéric Foubert |
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Teenage sex and death at Camp Miasma C’est le titre de l’année. « Sexe adolescent et mort au Camp Miasme ». Un intitulé à rallonge qui sonne comme celui d’un faux nanar, d’un pastiche un peu trop ironique et hipster pour être honnête. Mais ne vous y trompez pas : certes, il y a bien ici des geysers de sang aux dimensions délirantes, des seconds rôles qui jouent faux « exprès », et des recréations rigolotes de vieilles pelloches horrifiques des années vidéo-club, mais ce qui anime le.a cinéaste transgenre et non-binaire Jane Schoenbrun est plutôt sérieux. |
Frédéric Foubert |






