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Truly naked À la sortie du lycée, certains font du sport, d’autres traînent avec des amis. Alec, lui, empoigne sa caméra et filme les ébats sexuels de son père, acteur X. Un peu trop à l’aise, ce papa cool n’hésite pas à exploiter les talents artistiques de son fils sous couvert de relation fusionnelle. Mais ne vous y méprenez pas, Muriel d’Ansembourg ne diabolise pas le porno. Elle explore ses entrailles, stimule ses limites. Les séquences explicites ne manquent pas mais derrière cet érotisme fallacieux, ce sont les coulisses d’une industrie tout entière qui se dévoilent. |
Lucie Chiquer |
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Juste une illusion POUR ★★★★☆ |
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La Corde au cou Né en 1952 soit bien avant l’avènement de la froideur numérique, Gus van Sant est un cinéaste de la matière organique. Matière qu’il malaxe, interroge, érotise, devenant le chantre d’une sensualité forgée le plus souvent sur des peaux adolescentes. Chez lui, les formats sont mouvants et l’image peut connaître différents régimes. Ainsi dans Paranoïd Park (2007) son dernier grand film travaillait les tourments de son protagoniste par un mélange d’images en Super 8, 35 mm, ralentis..., rendant ainsi compte d’une spatialisation instable. |
Thomas Baurez |
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Good luck, Have fun, Don't die Il y a deux manières de voir ce film. La première : un blockbuster de SF déglingué, un peu long et un peu bavard. La seconde : un objet pop joyeusement anarchique qui ressemble à un Terminator réécrit par Charlie Brooker après trois RedBull et une crise existentielle sur ChatGPT. Gore Verbinski réussit les deux à la fois. Le pitch tient sur un coin de table de diner : un voyageur du futur (Sam Rockwell en prophète punk) débarque dans le présent pour recruter une bande de paumés et empêcher une intelligence artificielle de provoquer la fin du monde. |
Gael Golhen |
| 2 | Sauvage On a découvert Camille Ponsin en 2022 avec La Combattante, formidable documentaire consacré à Marie-José Tubiana, ethnologue, photographe et réalisatrice nonagénaire qui accueille et aide des réfugiés du Darfour. Avec Sauvage, Camille Ponsin passe à la fiction mais en s’inspirant d’une histoire vraie. Celle d’une jeune fille vraiment pas comme les autres qui a choisi de vivre en marge des hommes, au cœur des montagnes cévenoles. |
Thierry Chèze |
| 2 | The world is full of secrets En France, l’américain Graham Swon est inconnu. On doit à la société parisienne ED Distribution, la sortie des deux premiers longs de cette figure underground du ciné U.S. Ce premier datant de 2018 est inconsciemment influencé (hanté ?) par un programme télé des années 30, The Television Ghost que Swon a pourtant découvert après la réalisation dudit film. Ce dernier en reprend le principe : raconter des histoires horrifiques face caméra. On suit ici quatre adolescentes d’une banlieue américaine s’amuser le temps d’une nuit à se faire peur par des récits à rallonge. |
Thomas Baurez |
| 1 | Sur le sentier La Bretagne, la symphonie d’un paysage et celle d’un amour passé. Sur le sentier met en scène l’attente à travers un long-métrage mêlant comédie romantique, thriller et documentaire… Paul n’a jamais oublié Marie et cet été de 1973, celui de leur 16 ans. Elle est partie, il est resté. Des décennies plus tard, alors que sa chevelure brune est devenue grise, il se remémore sans cesse ce temps passé. Des images fantomatiques s'imposent à lui et le forcent à affronter ses souvenirs. Le film alterne alors entre passé et présent, de ses 16 ans à aujourd’hui. |
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| 1 | Sur le sentier La Bretagne, la symphonie d’un paysage et celle d’un amour passé. Sur le sentier met en scène l’attente à travers un long-métrage mêlant comédie romantique, thriller et documentaire… Paul n’a jamais oublié Marie et cet été de 1973, celui de leur 16 ans. Elle est partie, il est resté. Des décennies plus tard, alors que sa chevelure brune est devenue grise, il se remémore sans cesse ce temps passé. Des images fantomatiques s'imposent à lui et le forcent à affronter ses souvenirs. Le film alterne alors entre passé et présent, de ses 16 ans à aujourd’hui. |
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| 3 | Les Contes du pommier Des couleurs automnales, trois enfants, une cabane en bois perchée dans un pommier et le gris du deuil. Inspiré des contes pour enfants de l’auteur tchèque Arnošt Goldflam, le film en stop-motion rappelle l’esthétique de Tim Burton. Dans un décor miniature, animé par des marionnettes, le réalisateur met en scène un long-métrage d’animation au charme étrange, aussi poétique que saisissant. Des marionnettes aux yeux exorbités, le visage pâle, allongé ou arrondi, se meuvent sur l’écran pour transmettre l’art de conter. |
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La Femme de On ne cesse de l’écrire et on ne s’en lassera jamais. Mélanie Thierry est une des plus grandes comédiennes françaises d’aujourd’hui. Et elle le confirme en se montrant impériale dans le rôle-titre du nouveau David Roux, six ans après l’excellent L’Ordre des médecins. En adaptant Son nom d’avant d’Hélène Lenoir, celui-ci signe ici un quasi huis-clos dans une maison familiale bourgeoise de la région d’Angers. Un cocon que Marianne, mariée à un prospère industriel (Eric Caravaca), va peu à peu vivre comme une prison dorée. Et n’aura alors qu’une obsession : s'en échapper. |
Thierry Chèze |
| 1 | L'Enfant du désert Après Mia et le Lion blanc, Le Loup et le lion, Le Dernier Jaguar ou Moon Le Panda, Gilles de Maistre continue d’usiner des films à destination des plus jeunes. L’Enfant du désert s’intéresse à un gamin nomade perdu par sa famille à l’âge de 2 ans dans une tempête de sable dans le désert, qui a ensuite été recueilli et élevé par un couple d’autruches. Une légende que le grand-père de Sun, 14 ans, lui racontait pour l’endormir. |
François Léger |
| 3 | Le Dernier pour la route Remarqué à Cannes dans la section Un Certain Regard et primé au Festival du Film italien de Villerupt, ce road-movie cabossé renvoie par sa poésie, son esprit rock et sa prédisposition aux égarements à un certain cinéma indépendant des années 80, celui de Jim Jarmsush (et d’Aki Kaurismäki. Tout comme ses glorieux aînés, Francesco Sossai prend avec ses personnages la tangente dans des paysages anti-cartes postales dont la tristesse supposée renvoie à une instabilité nerveuse et une sensibilité à fleur de peau. |
Thomas Baurez |
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Le Cri des gardes En 1983, aux Amandiers, Patrice Chéreau créait Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès dont l’action se déroule sur un chantier de travaux publics d’Afrique de l’Ouest où un homme vient réclamer le corps de son frère ouvrier qui y a trouvé la mort et qu’on refuse de lui rendre. Un sommet de théâtre qui dissèque es rapports de domination sur fond de relents coloniaux, de racisme et de capitalisme en mode Attila ne laissant rien repousser là où il passe. |
Thierry Chèze |
| 1 | An evening song (for three voices) Voici le deuxième long-métrage de l’américain Graham Swon, figure du cinéma indé à qui on espère une reconnaissance aussi explosive que celle de Sean Baker. An Evening Song sort conjointement avec le précédent opus, The World is Full of Secrets. On y retrouve la même afféterie stylistique portée par des cadrages au carré comme autant de photographies, ici baignées d’une lumière vaporeuse. Cinéma à la sensualité exacerbée qui assume son cloisonnement. |
Thomas Baurez |
| 3 | L'Affaire Abdallah George Ibrahim Abdallah. Ce nom fait resurgir de vieux démons et les prémisses d’un terrorisme aveugle et sanglant en plein Paris en 1986. Pour autant ce militant communiste libanais a été arrêté deux ans avant les faits pour son implication dans l’assassinat de deux diplomates étrangers dans la capitale. Ce supposé cerveau d’une fraction révolutionnaire va payer pour tout et passer une quarantaine d’années en prison sans que jamais des preuves solides ne justifient cette condamnation. |
Thomas Baurez |
| 4 | L'Oeuvre invisible Il s’appelle Alexandre Trannoy. Ce ne vous dit sans doute rien. Mais une fois parvenu au terme de ce formidable documentaire, vous ne l’oublierez plus. Car aucune fiction n’aurait pu inventer ce qu’il a traversé. De 1949 à sa disparition en 1980, ce cinéaste, mentor de Jean Rochefort, a multiplié les projets ambitieux, en France et même à Hollywood. Outre Rochefort, Belmondo, Anouk Aimée, Ventura, Mastroianni ou Marlene Dietrich auraient dû en être les têtes affiches. Mais aucun n’est allé au bout. |
Thierry Chèze |
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Pour Klara Olmo Omerzu n’aime rien tant que décrypter la nature humaine et les relations intrafamiliales, comme il l’avait notamment prouvé avec Family film, le dernier de ses films qu’on avait eu l’occasion de découvrir dans les salles françaises en 2018. Son cinquième long métrage ne fait pas exception mais, comme à chaque fois, il trouve un nouvel angle, une nouvelle porte d’entrée pour s’y employer. |
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Romeria Avec Romeria, la cinéaste espagnole Carla Simón poursuit son travail intime sur la mémoire familiale. Mais cette fois, son cinéma regarde moins l’enfance que ce qui la précède : les parents, leur histoire, et tout ce qui reste dans l’ombre quand on grandit. |
Gael Golhen |
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Wedding nightmare: deuxième partie Sept ans se sont écoulés entre le premier Wedding Nightmare et cette suite mais Grace, elle, n’a pas bougé d’un iota. Assise sur les marches du perron de la somptueuse demeure des Le Domas en robe de mariée ensanglantée, elle pensait en avoir fini des chasses à l’épouse et des caches-caches meurtriers. Pourtant, son repos ne sera que de courte durée… À peine s’est-elle sortie des griffes de sa riche belle-famille que le duo de réalisateurs la replonge immédiatement dans un jeu d’une autre envergure, ne laissant de répit ni au spectateur, ni à la protagoniste. |
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Super Mario Galaxy, le film Après le méga carton de Super Mario Bros., le film (1,3 milliard de dollars de recettes dans le monde, plus de 7 millions d’entrées en France), la mise en place d’une franchise autour du célèbre plombier moustachu était inéluctable. Nous voilà donc face à l'étape suivante, une suite directe où le plombier repart pour une nouvelle aventure aussi saturée en couleurs qu’en clins d’oeil à son univers. |
Edouard Orozco |
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The Drama Pour ne pas trop gâcher la surprise, disons simplement que le drame au cœur de The Drama permet à Borgli de poursuivre une interrogation qui rôdait déjà dans Dream Scenario (film dans lequel un prof lambda joué par Nicolas Cage se mettait à apparaître dans les cauchemars de tout un chacun), et qu’on pourrait résumer ainsi : "peut-on être condamné pour ses pensées ?". |
Frédéric Foubert |
| 3 | Silent friend Un arbre gigantesque qui surplombe le jardin botanique de l'Université de Marbourg tient le rôle central du nouveau Ildikó Enyedi (Mon XXème siècle, L’Histoire de ma femme…). Un arbre témoin des trois histoires que la cinéaste hongroise va ici entremêler. Une jeune scientifique qui tente de se faire une place dans un monde universitaire alors uniquement masculin, en 1908. Un étudiant qui s’éveille tout à la fois à l’amour et au monde mystérieux des plantes en 1970. |
Thierry Chèze |
| 2 | Derrière les palmiers Huit ans après Sofia, son premier long métrage, Meryem Benm’Barek récidive avec cette œuvre sélectionnée lors du dernier Festival de Marrakech. Et offre une image réaliste du Maroc d’aujourd’hui et de ses normes culturelles. Cette fois, elle porte à l’écran les amours compliquées de Mehdi (Driss Ramdi), ouvrier dans l’entreprise de construction de son père. Alors qu’il pensait faire sa vie auprès de Selma, il croise Marie (Sara Giraudeau), la fille des propriétaires français d’une luxueuse villa qu’il retape. |
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| 4 | Nuestra tierra Un meurtre a eu lieu. Mais difficile de comprendre comment, dans le brouillard de pixels censé servir de pièce à conviction. Le 12 octobre 2009, Javier Chocobar, membre de la communauté indigène Chuschagasta, a été abattu par trois hommes qui revendiquent la propriété de ses terres de la province de Tucuman, dans le Nord de l’Argentine. Le crime, filmé par l’un des assaillants, a entraîné un procès, filmé à son tour par Lucrecia Martel. |
Frédéric Foubert |
| 4 | Nuestra tierra Un meurtre a eu lieu. Mais difficile de comprendre comment, dans le brouillard de pixels censé servir de pièce à conviction. Le 12 octobre 2009, Javier Chocobar, membre de la communauté indigène Chuschagasta, a été abattu par trois hommes qui revendiquent la propriété de ses terres de la province de Tucuman, dans le Nord de l’Argentine. Le crime, filmé par l’un des assaillants, a entraîné un procès, filmé à son tour par Lucrecia Martel. |
Frédéric Foubert |
| 4 | Holding Liat Raconter le 7 octobre 2023 est chose particulièrement périlleuse. D’autant plus quand on choisit de le narrer à hauteur d’homme. Comment réussir à ne tomber ni dans le parti pris, ni dans le misérabilisme ? |
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| 1 | Dolly Macy part randonner dans la forêt avec son compagnon Chase (Seann William Scott), bien décidé à la demander en mariage. Leur escapade tourne court lorsqu’ils croisent Dolly, une femme gigantesque portant un masque de poupée en porcelaine, qui massacre Chase d’un sale coup de pelle avant d’enlever la jeune femme. |
François Léger |
| 3 | Hélène tresore internationale Femme trans, candidate à l’IDHEC, prostituée, actrice chez Godard, militante anarchiste, membre du Front homosexuel d’action révolutionnaire, des Gazolines et du groupe Act Up-Paris, journaliste chez Libération, séropo, mélomane à l’antenne de France Culture… Hélène Hazera, c’est tout cela à la fois. Tendre récit de vies et de luttes que ce documentaire où le “tu” est d’usage, portrait jusqu'aux dessous (littéralement) d’une pionnière qui aura dédié sa vie aux concepts de tolérance et de liberté. |
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Yellow letters On a découvert Ilker Çatak en 2023 avec La Salle des profs, le premier de ses longs métrages à avoir été distribué en France. Un thriller haletant qui décrivait avec une grande pertinence le quotidien complexe des enseignants aujourd’hui et avait fini nommé à l’Oscar du film en langue étrangère. Avec Yellow letters, Çatak continue de raconter notre époque et ses tourments. Il scrute ici le pays dont est originaire sa famille et où il a lui-même passé une partie de sa jeunesse : la Turquie. |
Thierry Chèze |
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Plus fort que moi Plus fort que moi a bénéficié d’un coup de pub inattendu lors de la dernière soirée des BAFTA (les Oscars britanniques), quand John Davidson, l’homme dont ce film raconte l’histoire, s’est mis à proférer à tue-tête le « N-word » à l’adresse de deux acteurs de Sinners, Michael B. Jordan et Delroy Lindo. Le public n’en a pas cru ses oreilles, et Davidson, lui, s’est ensuite dit mortifié qu’on puisse penser qu’il est raciste. S’il hurle des insanités, c’est « plus fort que lui ». |
Frédéric Foubert |






