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Autofiction On pense d’abord être en terrain connu. Il y a sept ans Douleur et gloire avait bouleversé au point qu’on avait pardonné à Almodóvar d'écrire sur lui-même - c’était fait avec grâce et magie. S’il reprend le principe autofictionnel jusque dans son titre, Autofiction est pourtant d’un autre calibre. Un peu comme un petit frère plus cruel. C’est la même maison, le même esprit, mais sans le réconfort. |
Gael Golhen |
| 1 | Les Goûteuses d'Hitler Adaptation d’un roman publié en 2018 mais inspiré de faits réels, ce (télé-)film suit le calvaire de jeunes femmes réquisitionnées par l’entourage du Führer pour goûter ses plats du midi et du soir afin de veiller à ce que personne n’ait eu la riche idée d’empoisonner l’affreux moustachu. |
Thomas Baurez |
| 2 | All you need is kill Elle est amusante, la vie de cette histoire de boucle temporelle, elle-même piégée dans une spirale répétitive : après le roman illustré, le manga, l’adaptation américaine avec Tom Cruise (le toujours très recommandable Edge of Tomorrow), voici donc la version film d’animation. Mais alors il a le goût de quoi, cette année, le All You Need is Kill nouveau ? Celui du retour au bouquin d’origine, à un changement de genre près pour le personnage principal. |
François Léger |
| 2 | Vanilla Tout passe toujours mieux, avec une glace à la vanille. Même les soucis de Roberta, huit ans, et des femmes parmi lesquelles elle grandit : leur maison est sur le point d’être saisie. Envers et contre tout, surmontant désaccords et ressentiments, cette petite communauté d'individus que tout oppose fait front, hermétique. Tendre et touchant brassage de résiliences féminines, Vanilla se regarde par le prisme de l’enfance. |
Lucie Chiquer |
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L'Être aimé Ça commence par un retard. Une jeune femme pousse la porte d’un restaurant à 13 h 05. Son père l’attend depuis cinq minutes. Cinq minutes, c’est rien. Sauf qu’on perçoit déjà une tension dans la nuque de Bardem, un trouble dans la manière qu’a Luengo de traverser la salle. Le film durera deux heures et ce retard, cette distance, disent tout. Père et fille ne se sont pas vus depuis très longtemps. Ils essaient de se parler. N’y arrivent pas. Y parviennent quelques secondes, avant d’échouer à nouveau. |
Gael Golhen |
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La Vénus électrique On aime Pierre Salvadori parce qu’on aime ses films. Tant depuis ses débuts en 1993 avec Cible émouvante, il a su tel le Petit poucet semer des petits cailloux de plaisir et de virtuosité sur le chemin de nos souvenirs cinéphiles. Les Apprentis (1995) et la complicité du duo Guillaume Depardieu- Cluzet. Après vous… (2003), fable enjouée autour d’un suicidaire. Hors de prix (2006), réflexion sur le pouvoir de l’argent où cruauté et malice ne font qu’un. |
Thierry Chèze |
| 2 | Elise sous emprise Le geste est ambitieux. Pour son premier long métrage de réalisatrice, la comédienne Marie Rémond a choisi de traiter par le prisme de la comédie le sujet douloureux de la charge mentale des femmes et son corollaire, la sensation d’imposture à laquelle elle donne naissance dans un monde souvent dominé par un masculin peu partageur. |
Thierry Chèze |
| 2 | Junk world Il y a cinq ans, la grande surprise provoquée par Junk Head se soldait par un goût amer, un final sans queue ni tête, un univers et une forme unique condamnés à la vanité. Junk World, annoncé comme un préquel de Junk Head, développe en effet l’origine de ce monde dystopique composé d’êtres immortels, de cyborgs et autres soldats humains. Et pourtant, le film se heurte aux mêmes limites que son prédécesseur : en dépit de l’immense inventivité des plans composés par Takahide Hori, le récit demeure balbutiant, incertain quand il n’est pas tout simplement lourd. |
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| 3 | ChaO Très remarqué au Festival d’Annecy 2025, ChaO de Yasuhiro Aoki confirme le retour en forme du Studio 4°C (Les Enfants de la mer), avant que leur jouissif All You Need is Kill, prévu pour le 20 mai, ne vienne enfoncer le clou. Toujours prompts à dynamiter les codes du conte, les Japonais font une sorte de remake sous acide de Ponyo sur la falaise, transposé dans un univers où humains et créatures marines cohabitent dans un Shanghai fantasmé. On y suit un employé ordinaire, propulsé dans une union forcée avec une princesse-sirène. |
François Léger |
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Ella McCay Drôle de destin que celui d’Ella McCay. Attendu dans les salles françaises en janvier, le nouveau film de l’orfèvre vénéré de la comédie américaine James L. Brooks s’est finalement retrouvé bazardé à la dernière minute sur Disney +, au vu de ses résultats cata au box-office US. Mais les critiques français ont tellement chanté ses louanges que Disney a finalement décidé de sortir le film au cinéma en ce mois de mai durant… deux jours ! Une sorte de mini happy end, donc, qui va bien au teint de cette fable à la Capra. |
Frédéric Foubert |
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Obsession Les Anglo-Saxons ont cette expression idiomatique : « Be careful what you wish for ». Quelque chose comme « prends garde à tes désirs ». Une mise en garde qui résonne dans des centaines d’histoires mettant en scène des vœux magiques et leurs conséquences plus ou moins tragiques, du conte d’Aladdin au classique horrifique La Patte de singe. C’est un trope, un « truc » de fiction vieux comme le monde, ici superbement réinventé par Curry Barker, petit génie de la frousse et de la comédie révélé par la chaîne YouTube « that’s a bad idea ». |
Frédéric Foubert |
| 2 | Ressacs, une histoire touarègue Les traits marqués par le soleil, des turbans colorés recouvrant leur tête et le sable comme seule maison. De frontières en frontières, les Touaregs, peuple du désert, sans terre, continuent leur quête d’identité et de reconnaissance... Ressacs raconte l’histoire des réfugiés rouges : les Touaregs, expulsés de leur territoire. La poésie des images et des portraits sans artifices qui défilent montre la douleur d’un peuple nomade. Malgré la sincérité des témoignages, les récits trop nombreux confondent le spectateur et le perdent un peu. |
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| 3 | Do you love me Des voitures, des hommes, des armes et une terre ensanglantée. Entre images d’archives et de fiction, Do you love me raconte l’histoire d’une terre consumée par la violence, le Liban. Des chevaux abattus en pleine rue, Catherine Deneuve en visite dans une voiture, des mariages au milieu des débris : It’s now 2020 And the country is fucked. Malgré les générations de femmes qui défilent à l’écran, ce sont les mêmes mots qui résonnent à la radio, la même guerre qui continue d’embraser le pays. |
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| 2 | Planète Sanseverino Planète Sanseverino s’invite dans les coulisses de la création musicale et laisse entendre la voix des instruments. Un documentaire qui narre l’histoire d’un chanteur et de ses compagnons de route. Un à un, les cordes, les cuivres, font voir leur personnalité alambiquée. A travers le tumulte de la symphonie, le film raconte tout un univers, celui d’un interprète, Stéphane Sanseverino. Un montage aux allures très classiques pour un musicien qui s’est construit en marge. Mais, de temps à autre, le long-métrage se révèle plus rebelle, à l’image de son sujet. |
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| 2 | Mon grand frère et moi Ryôta Nakano aime décidément les histoires de famille et des malaises et malentendus qui peuvent y régner. Quatre ans après la réussite du très original La Famille Asada, il met ici en scène une femme Riko dont la relation complexe avec son frère aîné, se poursuit même après la mort de ce dernier qui lui laisse en héritage une pile de factures impayées et plus encore de souvenirs embarrassants. |
Thierry Chèze |
| 3 | The World of love C’est l’histoire de Joo-in, une adolescente solaire, dont on perçoit qu’ici et là (une mère alcoolique, un père qui a fui le domicile familial et dont les messages réguliers qu’il lui envoie restent sans réponse…) le quotidien n’est pas si rose. Mais qui, dans son lycée, rayonne, élève aussi studieuse qu’espiègle aimée de tous. Jusqu’au jour où un de ses camarades lance une pétition contre la réinstallation d'un délinquant sexuel dans le quartier. Le texte, décrivant les victimes comme des êtres aux vies irréparablement brisées, reçoit les signatures de tous les élèves. Tous sauf une. |
Thierry Chèze |
| 3 | The New West C’est le genre de film dont on se demande en le découvrant si on n’aurait pas mieux fait d’en lire le mode d’emploi avant d’entrer dans la salle. A priori, The New West est un documentaire sur une communauté de dompteuses de chevaux sauvages du Dakota du Sud, au cœur des fameuses Badlands chères à Terrence Malick. Une communauté hors norme, dirigée par la très cool matriarche Tabatha Zimiga, et peuplée d’ados rebelles, tous experts en rodéo. |
Frédéric Foubert |
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Mi amor Il y a un côté Steven Soderbergh chez Guillaume Nicloux. L’homme shoote plus vite que son ombre, se balade à différents étages de l’industrie, entre films « de prestige » (Sarah Bernhardt, la divine), pochades entre amis, et séries B mêlant archétypes du noir et embardées expérimentales. Mi Amor appartient à la dernière catégorie. Comme avec un Soderbergh, d’ailleurs, on s’assoit devant sans trop en attendre. Pom Klementieff y joue Romy, une DJ venue mixer dans un club des îles Canaries. |
Frédéric Foubert |
| 3 | L'Entente-La Face cachée d'Alexandrie Sous-titré « la face cachée d’Alexandrie », ce drame nous plonge dans un monde poussiéreux en périphérie du monde des « vivants ». On ne peut pas à proprement parler ici de post-apocalypse mais c’est tout comme. Les immeubles, les routes, les véhicules semblent dépeuplés… Il y a pourtant Hossam, 23 ans et son petit frère d’une dizaine d’années qui marchent vers l’usine du coin pour y reproduire les mêmes gestes que leur père tué à la tâche. Du moins le croit-on. |
Thomas Baurez |
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The Criminals The Criminals part d'une idée en béton armé : à Londres, un engin explosif de la Seconde Guerre mondiale est mis au jour sur un chantier. Évacuation massive. Coupure générale de courant. Et pendant que les démineurs transpirent sur leur ogive rouillée, un gang s'engouffre dans la zone morte pour percer le mur d'une chambre forte. Simple. Basique. On a vu plus subtil comme point de départ, mais il faut tout de même une certaine audace pour construire un thriller entier sur une coïncidence aussi improbable - et un savoir-faire suffisant pour que ça tienne à peu près debout. |
Gael Golhen |
| 2 | Cosmos Dans une autre vie, Leon, humble paysan sur le point de perdre sa maison dans la campagne mexicaine, et Lena, une femme riche mais mourante, ne se seraient jamais adressé un regard. Dans celle-ci, un lien unique se tisse entre eux lorsqu’il retrouve le chien qu’elle a perdu. Avant ça, animé par un élan contemplatif, Germinal Roaux teste notre patience. Il faudra attendre une longue heure avant que les deux personnages ne se rencontrent. Lorsque le cinéaste se décide enfin à nous sortir de cet état léthargique, on apprend que leur temps partagé sera écourté. |
Lucie Chiquer |
| 3 | Collapse (Face à Gaza) Comment filmer Gaza quand on n’a pas l’autorisation de passer la frontière ? Anat Even, qui a vécu dans le kibboutz Nir Oz bien avant qu’il ne soit décimé par les attaques terroristes, y répond avec son film saisissant mais nuancé réalisé au gré de nombreux voyages sensés l’aider à donner un sens à l’indicible. A défaut de pouvoir récolter des images, elle donne à entendre le bruit de la guerre. |
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| 2 | Cinque secondi Cinque secondi commence par une opposition. Un homme bourru et reclus dans sa maison d’un côté, une communauté de jeunes solaires et rieurs dans les vignes en face de chez lui de l’autre. Deux générations, deux rapports différents à la vie, à ce qu’on peut attendre d’elle. Le film ne tendra ensuite que vers une dissolution de cette friction : chacun apprend à connaître l’autre, les flashbacks et développements solitaires expliquent tout comportement un brin pessimiste. |
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Sauvons les meubles Multi-talentueuse. Scénographe et metteuse en scène de théâtre, chef décoratrice Césarisée pour L’Inconnu de la Grande Arche, Catherine Cosme réussit ici ses débuts de cinéaste. Tout démarre par un de ces coups de fil que nul n’aime recevoir. Celui par lequel Lucile, photographe, apprend que sa mère est gravement malade et qu’elle serait bien inspirée de quitter Paris au plus vite pour rejoindre la maison de son enfance, son père et son frère et accompagner ses derniers jours. |
Thierry Chèze |
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Etty Des vélos s'entassent par milliers dans une décharge à ciel ouvert. Confisqués, abandonnés par ceux à qui ils appartenaient. Un peu plus tôt, des hommes en uniforme tabassaient des Juifs dans la rue. Et puis il y a eu ces saluts hitlériens, qui claquaient dans l'air. Le récit d'Etty Hillesum se déroule à Amsterdam, en 1941, en pleine occupation nazie. Mais la série de Hagai Levi (BiTipul) nous transporte à Amsterdam aujourd'hui - ou presque. Les voitures sont contemporaines, les visages aussi. Rien n'indique vraiment le passé, sinon ce qui est en train de se produire. |
Gael Golhen |
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C'est quoi l'amour ? Comment faire famille ? Cette question traverse le cinéma de Fabien Gorgeart depuis son premier long Diane a les épaules, où, par le prisme de la GPA, il racontait la révolution en marche des modèles familiaux. En 2021, dans La Vraie famille on suivait une famille d’accueil qui voyait le petit garçon qu’ils avaient accueilli à 18 mois repartir vivre avec son père biologique. |
Thierry Chèze |
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Le Diable s'habille en Prada 2 Des ceintures turquoise, une polémique, une société en perpétuelle évolution et trois femmes qui luttent pour garder leur place. Dans ce deuxième volet du Diable s’habille en Prada, David Frankel met en scène le monde de la presse et son déclin à l’heure des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Le monde du journalisme s’est transformé et les investisseurs lui tourne le dos. Et Miranda alors ? On se souvient de la froideur de Meryl Streep, sublime en Cruella des catwalk : les lèvres pincées et le verbe acéré. |
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La Maison dorée Du jasmin, de la poésie et le chant de la langue arabe. Une femme qui se dévêt, une autre qui se cache et une troisième qui pleure son amour perdu, La Maison dorée narre la tragédie des femmes tunisiennes à travers des portraits puissants mais caricaturaux. Madame Jalila, la cinquantaine, interroge son existence face à son mari qu’elle ne reconnaît plus. Salwa se sert de son corps comme d’une arme pour punir les hommes. Aroua, jeune femme puritaine, subit les affres de son compagnon qui la persécute. |
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Sukkwan Island Sukkwan, c’est cette île déserte, située dans le Grand Nord ; celle sur laquelle Tom (Swann Arlaud) emmène vivre son fils, Roy (Woody Norman). Un ermitage à deux après une longue absence, loin du grésillement du monde extérieur, de tout ce qui pourrait faire obstacle à leurs retrouvailles. C’était sans compter les forces de la nature à l’œuvre dans ces étendues enneigées. La virée père-fils tourne bientôt au cauchemar. L'intrigue est adaptée d’un roman paru en 2009 et signé par l’Américain David Vann. |
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| 3 | Le Maure de Karatas Adilkhan Yerzhanov poursuit son marathon (trois films en un an, sans transpirer) et signe avec Le Maure de Karatas son virage le plus frontal vers le cinéma de genre. Cinéaste kazakh imprévisible, capable du plus ban(c)al comme du plus fulgurant, il filmait jusque là des steppes enneigées et des marginaux à côté de la plaque. Cette fois-ci, changement de décor. Ici, on arpente la ville, de nuit, et on suit un ancien soldat traumatisé qui affronte une corruption XXL. |
Gael Golhen |






