Pom Klementieff dans Mi Amor
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Mi amor

Il y a un côté Steven Soderbergh chez Guillaume Nicloux. L’homme shoote plus vite que son ombre, se balade à différents étages de l’industrie, entre films « de prestige » (Sarah Bernhardt, la divine), pochades entre amis, et séries B mêlant archétypes du noir et embardées expérimentales. Mi Amor appartient à la dernière catégorie. Comme avec un Soderbergh, d’ailleurs, on s’assoit devant sans trop en attendre. Pom Klementieff y joue Romy, une DJ venue mixer dans un club des îles Canaries.

Frédéric Foubert
3 L'Entente-La Face cachée d'Alexandrie

Sous-titré « la face cachée d’Alexandrie », ce drame nous plonge dans un monde poussiéreux en périphérie du monde des « vivants ». On ne peut pas à proprement parler ici de post-apocalypse mais c’est tout comme. Les immeubles, les routes, les véhicules semblent dépeuplés… Il y a pourtant Hossam, 23 ans et son petit frère d’une dizaine d’années qui marchent vers l’usine du coin pour y reproduire les mêmes gestes que leur père tué à la tâche. Du moins le croit-on.

Thomas Baurez
The Criminals
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The Criminals

The Criminals part d'une idée en béton armé : à Londres, un engin explosif de la Seconde Guerre mondiale est mis au jour sur un chantier. Évacuation massive. Coupure générale de courant. Et pendant que les démineurs transpirent sur leur ogive rouillée, un gang s'engouffre dans la zone morte pour percer le mur d'une chambre forte. Simple. Basique. On a vu plus subtil comme point de départ, mais il faut tout de même une certaine audace pour construire un thriller entier sur une coïncidence aussi improbable - et un savoir-faire suffisant pour que ça tienne à peu près debout.

Gael Golhen
2 Cosmos

Dans une autre vie, Leon, humble paysan sur le point de perdre sa maison dans la campagne mexicaine, et Lena, une femme riche mais mourante, ne se seraient jamais adressé un regard. Dans celle-ci, un lien unique se tisse entre eux lorsqu’il retrouve le chien qu’elle a perdu. Avant ça, animé par un élan contemplatif, Germinal Roaux teste notre patience. Il faudra attendre une longue heure avant que les deux personnages ne se rencontrent. Lorsque le cinéaste se décide enfin à nous sortir de cet état léthargique, on apprend que leur temps partagé sera écourté.

Lucie Chiquer
3 Collapse (Face à Gaza)

Comment filmer Gaza quand on n’a pas l’autorisation de passer la frontière ? Anat Even, qui a vécu dans le kibboutz Nir Oz bien avant qu’il ne soit décimé par les attaques terroristes, y répond avec son film saisissant mais nuancé réalisé au gré de nombreux voyages sensés l’aider à donner un sens à l’indicible. A défaut de pouvoir récolter des images, elle donne à entendre le bruit de la guerre.

2 Cinque secondi

Cinque secondi commence par une opposition. Un homme bourru et reclus dans sa maison d’un côté, une communauté de jeunes solaires et rieurs dans les vignes en face de chez lui de l’autre. Deux générations, deux rapports différents à la vie, à ce qu’on peut attendre d’elle. Le film ne tendra ensuite que vers une dissolution de cette friction : chacun apprend à connaître l’autre, les flashbacks et développements solitaires expliquent tout comportement un brin pessimiste.

Sauvons les meubles de Catherine Cosme
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Sauvons les meubles

Multi-talentueuse. Scénographe et metteuse en scène de théâtre, chef décoratrice Césarisée pour L’Inconnu de la Grande Arche, Catherine Cosme réussit ici ses débuts de cinéaste. Tout démarre par un de ces coups de fil que nul n’aime recevoir. Celui par lequel Lucile, photographe, apprend que sa mère est gravement malade et qu’elle serait bien inspirée de quitter Paris au plus vite pour rejoindre la maison de son enfance, son père et son frère et accompagner ses derniers jours.

Thierry Chèze
Etty de Hagai Levi
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Etty

Des vélos s'entassent par milliers dans une décharge à ciel ouvert. Confisqués, abandonnés par ceux à qui ils appartenaient. Un peu plus tôt, des hommes en uniforme tabassaient des Juifs dans la rue. Et puis il y a eu ces saluts hitlériens, qui claquaient dans l'air. Le récit d'Etty Hillesum se déroule à Amsterdam, en 1941, en pleine occupation nazie. Mais la série de Hagai Levi (BiTipul) nous transporte à Amsterdam aujourd'hui - ou presque. Les voitures sont contemporaines, les visages aussi. Rien n'indique vraiment le passé, sinon ce qui est en train de se produire.

Gael Golhen
C'est quoi l'amour
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C'est quoi l'amour ?

Comment faire famille ? Cette question traverse le cinéma de Fabien Gorgeart depuis son premier long Diane a les épaules, où, par le prisme de la GPA, il racontait la révolution en marche des modèles familiaux. En 2021, dans La Vraie famille on suivait une famille d’accueil qui voyait le petit garçon qu’ils avaient accueilli à 18 mois repartir vivre avec son père biologique.

Thierry Chèze
Le Diable s'habille en Prada 2 : affiche
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Le Diable s'habille en Prada 2

Des ceintures turquoise, une polémique, une société en perpétuelle évolution et trois femmes qui luttent pour garder leur place. Dans ce deuxième volet du Diable s’habille en Prada, David Frankel met en scène le monde de la presse et son déclin à l’heure des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Le monde du journalisme s’est transformé et les investisseurs lui tourne le dos. Et Miranda alors ? On se souvient de la froideur de Meryl Streep, sublime en Cruella des catwalk : les lèvres pincées et le verbe acéré.

Affiche La Maison dorée
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La Maison dorée

Du jasmin, de la poésie et le chant de la langue arabe. Une femme qui se dévêt, une autre qui se cache et une troisième qui pleure son amour perdu, La Maison dorée narre la tragédie des femmes tunisiennes à travers des portraits puissants mais caricaturaux. Madame Jalila, la cinquantaine, interroge son existence face à son mari qu’elle ne reconnaît plus. Salwa se sert de son corps comme d’une arme pour punir les hommes. Aroua, jeune femme puritaine, subit les affres de son compagnon qui la persécute.

Sukkwan Island
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Sukkwan Island

Sukkwan, c’est cette île déserte, située dans le Grand Nord ; celle sur laquelle Tom (Swann Arlaud) emmène vivre son fils, Roy (Woody Norman). Un ermitage à deux après une longue absence, loin du grésillement du monde extérieur, de tout ce qui pourrait faire obstacle à leurs retrouvailles. C’était sans compter les forces de la nature à l’œuvre dans ces étendues enneigées. La virée père-fils tourne bientôt au cauchemar. L'intrigue est adaptée d’un roman paru en 2009 et signé par l’Américain David Vann.

3 Le Maure de Karatas

Adilkhan Yerzhanov poursuit son marathon (trois films en un an, sans transpirer) et signe avec Le Maure de Karatas son virage le plus frontal vers le cinéma de genre. Cinéaste kazakh imprévisible, capable du plus ban(c)al comme du plus fulgurant, il filmait jusque là des steppes enneigées et des marginaux à côté de la plaque. Cette fois-ci, changement de décor. Ici, on arpente la ville, de nuit, et on suit un ancien soldat traumatisé qui affronte une corruption XXL.

Gael Golhen
Le 13e round affiche
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Le 13ème round

Un ancien champion de boxe, retiré du ring pour sa famille, est contraint d’affronter son passé lorsque son jeune fils est atteint d’une maladie grave. Mohamed Ali Nahdi filme avec une sincérité évidente le glissement du combat physique vers l’intime, s’attachant aux gestes du quotidien plutôt qu’aux effets. Kamel et Samia affrontent la maladie de leur fils entre attente, fatigue et espoir fragile, tandis que l’héritage de boxeur de Kamel sert de fil conducteur à ce qu’il traverse. Belle idée qui touche juste par moments, notamment dans ce qu’elle montre de l’usure psychologique.

François Léger
Quand j'étais petit.e affiche
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Quand j'étais petit.e

La réalisatrice de Lucie, après moi le déluge, s’est livré à un travail de longue haleine. Pendant dix ans, elle s’est attelée à faire se rencontrer enfants et personnes âgées et leur permettre d’engager un dialogue véritable. Pour cela, elle a embarqué rien de moins que 90 reporters en herbe, les éduquant autant au travail de l’interview qu’au pouvoir de l’image. Il en ressort un drôle de film, qui oscille entre émotion et tendresse, étonnement et prise de conscience du fossé qui sépare très souvent ces générations que de vrais échanges peuvent facilement combler.

Polvo serán affiche
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Polvo Seran

Après avoir évoqué la naissance dans Los dias que vendran ou Tierra firme, l’espagnol Carlos Marquès-Marcet s’attaque cette fois à la mort et surtout au choix de disparaître dans la dignité. Claudia et Flavio sont épris l’un de l’autre comme au tout premier jour. Alors quand elle se sait condamnée à plus ou moins longue échéance par un mal incurable, son mari, bien portant lui pourtant, fait le choix de l’accompagner dans son ultime voyage.

L'Enfant Bélier affiche
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L'Enfant bélier

Après avoir crevé l’écran en 2021 dans Une histoire d'amour et de désir, voilà que l’actrice tunisienne Zbeida Belhajamor change de registre et s’aventure dans le drame. Son penchant romantique persiste, bien sûr, alors que le film s’ouvre sur les caresses d’un couple syrien, parents d’une petite fille, en passe d’embarquer dans un convoi de migrants. Dommage que le reste du film renonce à cette sensibilité, il en aurait eu besoin.

Lucie Chiquer
Embarquement immédiat affiche
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Embarquement immédiat

« Les histoires d'amour finissent mal… en général ». Les Rita Mitsouko avaient vu juste et Embarquement immédiat aussi, puisque son récit commence par la fin : la rupture entre un cœur d’artichaud, Benji, et un cœur de pierre, Jake. Une rupture moche et violente, qui explose en cris et en larmes. Pire encore, les débuts avaient des allures de conte de fées : une rencontre à l’aéroport digne des grandes romances hollywoodiennes, des rendez-vous coupés du monde à Amsterdam, des ébats passionnels.

Lucie Chiquer
Sorda affiche
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Sorda

Angela et Hector s’aiment d’un amour sans nuage depuis près de 3 ans et s’apprêtent à avoir leur premier enfant... sans se douter que ce bonheur va révéler des failles jusque là invisibles dans leur relation. Car Angela est sourde et Hector entendant. Et l’arrivée de ce bébé et son éducation vont jour après jour faire naître des doutes chez elle.

Thierry Chèze
Premières images de Jennifer Lawrence et Robert Pattinson chez Lynne Ramsay
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Die my love

Scènes de la vie conjugale arty et désespérées. Ce Die, My Love présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes (un an déjà !) carbure aux sautes d’humeur d’une mise en scène au diapason d’un sujet que l’Ecossaise n’envisage que dans ses retranchements. Lynne Ramsay enferme d’emblée Jennifer Lawrence et Robert Pattinson dans une bicoque à la campagne, les regarde un peu de loin tels des souris de labo. Le film s’ouvre ainsi sur un plan strict et immobile d’un home (peu) sweet home dont la perspective échoue lamentablement sur un salon défraîchi.

Thomas Baurez
Dao de Alain Gomis
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Dao

Avec son nouveau film, le franco-sénégalais Alain Gomis (Félicité) cherche à renverser les codes généralement admis du récit cinématographique par une absence de surplomb narratif, d’une mise en scène à l’affut, d’espaces mouvants et un encombrement des personnages à l’intérieur du cadre… La fiction, ainsi dépouillée de ses trop beaux atours, entend se réinventer. Cela passe par un accord tacite avec ses futurs interprètes que l’on découvre en ouverture lors des séances de casting. Cet échange-confession met à jour ce pacte non faustien où le « je » ne sera pas forcément un autre.

Thomas Baurez
Hokum affiche
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Hokum

Les deux premiers films de Damian McCarthy, Caveat et Oddity, ont imposé le jeune irlandais en étoile montante de l’horreur. Un cinéaste aux obsessions déjà bien identifiées, qui mêlent une passion maniaque pour les objets insolites et menaçants, à un goût prononcé pour les huis-clos, les intérieurs obscurs et l’architecture claustro.

Frédéric Foubert
Michael (2025)
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Michael

Vous avez le sentiment d’être au cinéma. Normal, vous avez payé votre place, validé votre carte, choisi votre siège, acheté votre pop-corn. Mais vous êtes ailleurs, dans une sorte de dimension parallèle, un facsimilé de film, mi hologramme, mi Pathé live, où signaux et enjeux se fracassent les uns contre les autres.

3 Vil & misérable

Adaptation de la BD de Samuel Cantin, ce premier long québécois met en scène… Lucien, un démon débarqué sur Terre voilà 350 ans après une dispute entre Dieu et son père Satan qui bosse comme libraire dans une boutique de livres d’occasion, située à l’intérieur d’un concessionnaire de voitures d’occasion. En une phrase de pitch, le fon est donné.

Thierry Chèze
La Poupée
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La Poupée

Après plusieurs courts-métrages, Sophie Beaulieu, élève de l’Atelier de scénario de la Fémis, se lance dans l’aventure d’un premier long, puisant son inspiration dans un reportage télé sur des détenteurs de mannequins en silicone hyper réalistes imaginés selon tous leurs désirs. Et propose ici une comédie pour le moins originale dans laquelle Rémi noie son chagrin d’amour en se lançant corps perdu dans une relation, forcément à sens unique, avec… une poupée à l’apparence humaine.

3 Caravane

Les vacances d’Ester en Italie ne seront pas de tout repos : elle doit amener David, son fils atteint d’un trouble mental, une brouille avec ses amis la pousse à partir sur un coup de tête, où ils font la rencontre de Zuza, une jeune femme qui se joint à eux.

3 Soumsoum, la nuit des astres

Avec son nouveau long découvert à Berlin, le tchadien Mahamat-Saleh Haroun (Un homme qui crie) continue à raconter son pays. Il nous entraîne ici dans un village isolé où vit Kellou, jeune femme traversée par des visions qu’elle ne comprend pas plus qu’elle ne maîtrise. Et dont la rencontre avec Aya, une femme un temps exilée de retour, va bouleverser son existence.

Thierry Chèze
4 Les Fleurs du manguier

Shafi a quatre ans, sa sœur Somira en a neuf, et leur exode d’un camp de réfugiés du Bangladesh vers la Malaisie prend des allures de survival à mesure que les jours défilent. Lorsqu’ils perdent leurs repères, c’est bien nous qu’Akio Fujimoto désoriente. Il y a la fiction et le documentaire qui s’imbriquent et se confondent. L’immersion totale, presque inconfortable, qui met à l'épreuve notre œil occidental. Et puis ce sentiment d’impuissance face à deux bouilles que l’on sait condamnées malgré les rires qui continuent de résonner.

Lucie Chiquer
3 Première ligne

Depuis Omar Gatlato, Merzak Allouache n’a de cesse de vouloir filmer le quotidien de la société algérienne. Son nouveau long métrage ne fait pas exception. Il nous propose cette fois-ci une comédie rafraichissante où l’on suit une famille partie au petit matin pour être certaine de pouvoir s’installer sur la plage, avec vue sur mer. Sans imaginer que leurs propres voisins, qui leur tapent déjà pas mal sur les nerfs d’ordinaire, viendraient, au moyen d’un backchich, leur plomber le paysage et plus largement leur journée.

3 Un lugar mas grande

Si vous cherchez un documentaire introductif au mouvement zapatiste au Chiapas, de sa création en 1994 à sa lutte aujourd’hui, passez votre chemin : Un Lugar mas grande aspire à mieux. La couleur est immédiatement donnée au début du film lorsqu’une réunion conclut au refus de travailler avec les partis politiques traditionnels en brûlant leurs cadeaux. C’est là que se situe le véritable intérêt du travail de Nicolas Défossé : ne pas avoir peur de réfléchir en-dehors de la fenêtre d’Overton et dans une perspective véritablement révolutionnaire.