Une adaptation aux décors grandioses, qui assume ses libertés et prend l’allure d’un sympathique western familial.
Ce n’est peut-être pas tout à fait le western crépusculaire qu’ils auraient voulu faire. Mais les créateurs de ce nouveau Lucky Luke ont clairement pris un plaisir fou à porter à l’écran les aventures du lonesome cowboy créé par Morris.
Presque 20 ans après Jean Dujardin, c’est au tour d’Alban Lenoir d’enfiler la chemise jaune et de se glisser dans la peau d’un Luke taciturne, pour ne pas dire ténébreux et usé. Car la nouvelle série, mise en ligne ce lundi sur Disney+ - après une avant-première à Séries Mania à Lille - fait un grand pas de côté par rapport à la BD. Ou plutôt un bond en avant. L’histoire se déroule plus tard. Après. Quand exactement ? On ne sait pas. Mais une chose est sûre : Luke est plus vieux, émoussé par le Far West. Rouillé aussi. Au point de ne plus pouvoir tirer plus vite que son ombre, à cause d’une sale blessure à la main droite. Ce qui ne l’empêche pas de repartir en mission dans les plaines sauvages américaines pour aider une jeune fille de 18 ans à retrouver sa mère…
Le scénario ne manque pas de trouvailles. Mi buddy movie, mi road trip, la série déroule une aventure en six épisodes, riche en rencontres : Joe Dalton, Calamity Jane, un juge, un empereur… et tout un tas de clins d’œil aux albums. Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc imposent rapidement leur ton, quelque part entre la farce pure et le western à l’ancienne. En convoquant l’esprit de Goscinny, ils livrent une aventure très familiale, capable de séduire à la fois les fans historiques et les nouveaux venus. Un total divertissement, qui réussit là où le film de James Huth s’était planté en 2009.
Au fond, cette variation regarde plutôt du côté du Lucky Luke avec Terence Hill (1991). Un western spaghetti qui rêve de Sergio Leone sans jamais vraiment oser s’y frotter frontalement. On sent que ce Luke aimerait soutenir le regard de Clint Eastwood. Mais il finit plutôt du côté de ceux qui creusent. Du côté de Sergio Corbucci. La comédie prend souvent le dessus, au détriment de la tension dramatique. La blessure de Luke devient même frustrante, à force de nous priver du héros dégainant, tandis que Jerome Niel fait un show d'enfer en Joe Dalton
Constamment tiraillée entre la poudre et l'absurde, la série ne choisit jamais et c'est un problème. Sans être vraiment drôle façon Chabat (avec Astérix), ce Luke n’est pas non plus le flingueur solitaire qu’on aurait finalement envie de voir. Au moins le décorum fait largement illusion. Tournée sur les terres de Sergio Leone, dans la ville-studio située au sud d’Almería, en Espagne, la série baigne dans une superbe lumière déclinante et vient se blottir à l'ombre du western italien.
Lucky Luke, à voir dès le 23 mars 2026 sur Disney+, puis prochainement en clair sur France Télévisions.







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