La moins super-héroïque des séries du MCU prend la forme d’un buddy movie très méta dans les coulisses d’Hollywood, avec Ben Kingsley et Yahya Abdul-Mateen II en acteurs losers. Inattendu et très poilant.
Alors que Marvel Studios tente d’un côté de reproduire la recette - et donc le succès au box-office - d’Infinity War et Endgame avec Avengers : Doomsday, la firme chamboule tout son programme de l’autre avec la série Wonder Man, qui explore des territoires très éloignés des traditionnelles préoccupations super-héroïques. Souvenez-vous du twist d’Iron Man 3 de Shane Black : derrière le Mandarin, grand méchant supposé du film, se cachait en fait un comédien raté, Trevor Slattery, incarné par un Ben Kingsley en très grande forme.
Wonder Man opère son hilarant retour en mentor de Simon Williams (Yahya Abdul-Mateen II), acteur en galère car trop cérébral, en course pour le rôle principal d’une production superhéroïque. Ah, et Simon a également des pouvoirs qui se manifestent quand il perd le contrôle de lui-même, mais c’est presque un prétexte pour réunir ce duo mal assorti. Tant mieux : Wonder Man fonctionne avant tout comme une comédie sur les coulisses d’Hollywood, où l’on se promène entre lieux iconiques et castings plus ou moins chaotiques de Trevor et Simon.
Tout là-dedans ramène à l’approche méta de Shane Black (série Marvel consciente d’elle-même ; film dans le film…) et il n’est pas non plus interdit de penser à Kiss Kiss Bang Bang devant ce poilant buddy movie à Los Angeles, où personne n’est vraiment ce qu’il prétend être. Huit épisodes parfaitement funs qui font évidemment penser à Once Upon a Time… in Hollywood (fétichisme de L.A., chill hollywoodien, hauts et bas de la carrière d’un acteur, Bloody Mary au céleri) et à la satire The Studio (réalisation léchée, tournages qui partent en vrille…).
Moins cynique que cette dernière sur l’arrière-cuisine hollywoodienne - calmons-nous, on reste chez Disney -, Wonder Man se permet tout de même quelques piques tordantes sur le milieu et les films de super-héros. Sûrement la griffe de son co-créateur, Andrew Guest, scénariste de quelques-uns des meilleurs épisodes de Community - dont celui autour de Donjons et Dragons.
On aurait aussi pu citer Entourage comme inspiration, mais Wonder Man ne cherche surtout pas à se mesurer : sur le terrain des pétards fumés et des mannequins en maillots de bain, elle se sait battue d’avance. C’est en tout cas une série Marvel qui ne ressemble pas à une série Marvel, et c’est sûrement l'idée la plus lumineuse que le studio ait eue depuis quelques années.
Wonder Man, sur Disney+, huit épisodes en tout







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