| 2 | Serge Lama-le film Après une légende de la comédie (Christian Clavier), David Serero se penche sur un monument de la chanson française, Serge Lama, dans un documentaire qui partage exactement les mêmes défauts et qualités que le précédent. |
Thierry Chèze |
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Send help Sam Raimi est-il fan de Ruben Östlund ? On peut se poser la question devant Send Help, qui ressemble à une régurgitation de Sans Filtre, la Palme d’or du trublion suédois, revue et corrigée façon série B horrifique. Vision caustique de la lutte des classes, inversion des rapports de force entre dominants et dominés à l’occasion d’un voyage qui tourne mal, robinsonnade mâtinée de misanthropie… Les échos sont nombreux entre les deux films, jusqu’aux éclaboussures de vomi qui les parsèment. |
Frédéric Foubert |
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LOL 2.0 Quand on a aimé LOL, quand on voit l’impact que cette comédie générationnelle continue à avoir sur la jeunesse d’aujourd’hui qui n’était même pas née au moment de sa sortie en 2009 (et vient se filmer comme en pèlerinage sur le banc où se retrouvaient les personnages), on redoutait forcément l’idée d’une suite. Lisa Azuelos allait-elle embrasser avec la même justesse la jeunesse de 2026 que celle de 2009 ? |
Thierry Chèze |
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Les Voyages de Tereza Haro sur le troisième et le quatrième âge ! Dans un Brésil de science- fiction (pas si éloigné au fond de notre réalité), le gouvernement entend libérer les jeunes générations du poids de leurs aînés afin qu’ils puissent se concentrer tout entier sur leur travail et développer leur productivité. Obligation est donc faite aux anciens de dégager le plancher pour finir leurs jours dans des colonies isolées pour soi- disant profiter au mieux de leurs dernières années. |
Thierry Chèze |
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Urchin Révélé à Cannes en 2022 comme héros de la Palme d’Or Sans filtre, Harris Dickinson y a fait son retour en 2025 mais avec une double casquette d’acteur- réalisateur. Pour cette première derrière la caméra, il a choisi de raconter un sans- abri (l’intense Frank Dillane, primé dans la section Un Certain Regard) qui, sortant de prison, tente de reprendre sa vie en main et de tuer les démons qui, en lui, le poussent toujours vers le pire. Et Dickinson s’y emploie avec un talent certain à ne jamais aller là où l’on attend. |
Thierry Chèze |
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Sainte-Marie-aux-Mines Un nouveau film de Claude Schmitz consiste d’abord et littéralement en l’exploration d’un nouveau territoire. Après Braquer Poitiers ou Perpignan et la frontière espagnole dans L’autre Laurens, Claude Schmitz pose ses valides à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace. Et de ce lieu, il tire une question : quelle fiction peut naître de cet espace, de ces rues, des corps qui les habitent ? |
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| 1 | L'Infiltrée L’histoire entre Ahmed Sylla et le cinéma avait débuté sous les meilleurs auspices avec le bel accueil critique et public de L’Ascension (2017). Mais depuis, l’essai n’a jamais vraiment été transformé. Passer pour la première fois derrière la caméra pouvait être l’occasion d’un second souffle. Celui- ci devra encore attendre. Car rien ne fonctionne dans cette comédie poussive où il incarne un fonctionnaire de police maladroit sommé par sa supérieure de se travestir en femme pour infiltrer un gang de braqueuses. |
Thierry Chèze |
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Les Immortelles Une histoire d’amitié à la vie à la mort pourrait être le sous- titre du deuxième long métrage de Caroline Deruas Peano (L’Indomptée). Celle qui unit Charlotte et Liza deux lycéennes du début des années 90, rêvant de quitter leur sud natal et conquérir Paris avec les chansons qu’elles composent et chantent avant que Liza décède brutalement d’un caillot dans le cerveau. Comment se relever d’une telle perte et continuer à vivre ? Voilà la question qui constitue la colonne vertébrale d’un film que sa réalisatrice refuse d’enfermer dans la noirceur et les larmes. |
Thierry Chèze |
| 1 | It's never over, Jeff Buckley Cela devait être le documentaire ultime sur Jeff Buckley, celui qui révèle les derniers secrets de ce musicien surdoué, décédé à trente ans dans un affluant boueux du Mississippi. Déception : validé par Mary Guibert, protectrice mère du musicien, It’s never over, Jeff Buckley s’en remet à de paresseuses interviews de ses proches, quelques archives inédites et des messages répondeurs laissés par l’intéressé. |
François Léger |
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Soulèvements Il n’est jamais simple pour le cinéma de s’emparer d’un sujet d’actualité. Car le temps long indispensable à sa fabrication peut vite donner la sensation d’arriver trop tard comme trop tôt pour avoir le recul nécessaire. Mais Thomas Lacoste échappe ici à ces deux pièges. Pour ce documentaire, il s’est lancé dans un tour de France et développé un portrait à 16 voix des membres des Soulèvement de la Terre, fondé par d’ex- membres de la ZAD de Notre- Dame- des- Landes, dissous en 2023 par Gérald Darmanin avant que le Conseil d’Etat n’annule cette décision. |
Thierry Chèze |
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Les Dimanches Pour un peu, on donnerait à Aniera, 17 ans, le bon Dieu sans confession. Elle a de grands yeux sombres, des joues rondes, une voix d’ange qu’elle exerce sur les bancs de la chorale du lycée et un air mélancolique. Elle a aussi cette foi en Dieu, en l’Eglise catholique, qui l’anime autant qu’elle l’interroge. Au point de lui inspirer une carrière de religieuse, n’en déplaise à son père (Miguel Garcés), veuf en reconstruction dépassé par cette crise d’ado peu ordinaire. |
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Aucun autre choix Quel Park Chan-wook préférez-vous ? Le cinéaste provocateur et cruel des années 2000 ? Ou celui, plus raffiné et romantique, qui s’est réinventé avec les splendides Mademoiselle et Decision to leave ? Si votre cœur balance, pas de panique : ils sont tous les deux réunis aux manettes d’Aucun autre choix, film qui renoue avec la veine la plus explosive et politique du cinéaste d’Old Boy et Sympathy for Mr. |
Frédéric Foubert |
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Biscuit, le chien fantastique D'un côté, un petit chien soudainement doté de super- pouvoirs qui lui permettent de parler et de voler. De l'autre, un chat lui aussi métamorphosé qui entreprend de faire régner les chats sur l'univers. "Le film le plus wouf de cet hiver" affirme son affiche quelque peu trompeuse. Car si les tous petits pourront se laisser convaincre, les adultes restent à la porte de ce film d'animation qui souffre de la comparaison avec le récent Dog Man par exemple. Pas désagréable mais sans aspérité ni originalité saillante. |
Thierry Chèze |
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Rental family: Dans la vie des autres Un acteur américain en galère accepte à Tokyo un job improbable : incarner des proches “loués” par des clients en mal d’affection. Le film flirte avec le concept malin mais réussit parfois à devenir une balade mélancolique sur tout ce qu’on joue pour survivre à la solitude. La mise en scène est précise, attentive aux gestes minuscules - un recul, un sourire retenu, un silence poli. C’est élégant, un peu pop dans sa sensibilité, et zen dans sa manière d’épouser les émotions sans les surligner. Au centre, il y a Brendan Fraser, formidable de pudeur, un peu cabossé, mais très humain. |
Gael Golhen |
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N 121- Bus de nuit Trois potes des cités prennent un bus de nuit et leur virée va tourner au cauchemar. N121 - Bus de nuit déploie une énergie rare pour un premier long : on sent la caméra vibrer comme si chaque plan cherchait l’étincelle. La référence à La Haine est évident - tension rampante et envie de filmer la ville comme un organisme nerveux - tout comme l’influence des premiers Spike Lee, dans cette façon de laisser les personnages exploser sous nos yeux. |
Gael Golhen |
| 3 | La lumière ne meurt jamais Pauli (Samuel Kujala) est un flûtiste classique à succès, destiné, dès le plus jeune âge, aux orchestres prestigieux du monde entier. Un burn-out le paralyse et l’empêche désormais de jouer de son instrument. De retour chez ses parents au nord de la Finlande pour panser ses bleus à l’âme, il sympathise avec deux queers désireux de se lancer dans la musique expérimentale. |
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A demain sur la lune Le nouveau documentaire de Thomas Balmès (Bébés) s’ouvre sur le plan d’un cheval recouvert d’ampoules de toutes les couleurs déambuler dans les couloirs d’un hôpital, comme échappé d’un film de Jodorowsky. Ce cheval s’appelle Peyo et tient un rôle essentiel dans le quotidien d’un établissement en soins palliatifs en passant de chambre en chambre pour apaiser des hommes et des femmes condamnés à court ou moyen terme par une longue maladie. Pourquoi ? Comment ? |
Thierry Chèze |
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Le Grand Phuket À quoi ressemble la vie d’un collégien dans une province du sud de la Chine ? Si Le Grand Phuket s’attache à montrer les difficultés et mutations propres à cet âge pivot par le recours à une multiplication des régimes d’image (des incursions en animation, une fiction filmée avec un style documentaire…), il n’est jamais aussi beau et prenant que lorsqu’il ralentit le rythme et délaisse sa fiction pour une pure contemplation. |
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The Mastermind L’Amérique seventies est un inépuisable réservoir à fantasmes. Au cinéma cette parenthèse (dés-)enchantée a donné lieu à un corpus de longs-métrages synchrones avec l’agitation d’un pays alors secoué de partout. Les cinéastes qui la regardent aujourd’hui ne peuvent s’empêcher de la recouvrir d’un romantisme pop. Kelly Reichardt (Wendy & Lucy, La Dernière piste, Certaines femmes, First Cow…), ne mange pas de ce pain-là. |
Thomas Baurez |
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A pied d'oeuvre Dans A pied d’œuvre, Franck Courtès racontait la trajectoire que le photographe à succès qu’il était avait emprunté après avoir décidé de tout abandonner pour se consacrer à la littérature. Une vie faite de petits boulots éreintés sous- payés et conquis de haute lutte au fil des annonces parues sur une plateforme devenue tout à la fois sa bouée et son bourreau. C’est ce lent glissement vers la précarité que raconte ici brillamment Valérie Donzelli, primée pour son adaptation (co- signée Gilles Marchand) à la Mostra. |
Thierry Chèze |
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Retour à Silent Hill Vingt ans après Silent Hill, Christophe Gans retourne dans sa ville fantôme mais change de focale. Là où le film de 2006 suivait une mère affrontant un enfer mythologique, Retour à Silent Hill se replie sur un homme seul, James, attiré par le souvenir d'une femme qu'il a aimée. Il croit la retrouver dans les brumes de la cité. Il va se perdre. |
Gael Golhen |
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Le Gâteau du Président Les productions irakiennes ne sont pas légion dans le paysage cinématographique international ; encore moins celles qui s’aventurent dans la région des marais, au sud du pays. Là-bas, au début d’années 1990 marquées par la guerre du Golfe, le quotidien de Lamia – d’ordinaire bercé par le glissement de la barque de sa grand-mère sur les eaux encerclant son village – est bouleversé par un petit bout de papier. La fillette a été tirée au sort : cette année, elle devra confectionner le traditionnel gâteau d’anniversaire de Saddam Hussein pour la fête de l’école. |
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Marsupilami Reprendre le Marsu après Chabat relevait moins du remake que du relais sacrément risqué. En 2012, Sur la piste du Marsupilami assumait son anachronisme joyeux, son humour rétro et sa douceur bricolée. Quatorze ans plus tard, Philippe Lacheau hérite de la bestiole tachetée et la plonge dans son ADN à lui. La mécanique à gags est plus frontale, plus bruyante, parfois panzer - mais pas pour autant foirée. |
Gael Golhen |
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Les Légendaires Le film Les Légendaires capture l’essence de la célèbre bande dessinée, en offrant une aventure accessible, rythmée et visuellement généreuse. L’animation, sans révolutionner le genre, propose un style coloré et chaleureux qui rend totalement justice à l’univers de Sobral. L’humour fonctionne à plein (grâce aux voix et à la force des dialogues) et les personnages conservent tout leur charme, notamment dans la dynamique de groupe, toujours au cœur du récit. Clair, toujours lisible le scénario multiplie les rebondissement et est suffisamment dense pour maintenir l’attention. |
Gael Golhen |
| 3 | Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2 Historien, dramaturge et militant des droits civiques, Howard Zinn a consacré sa vie à raconter l’histoire depuis la perspective des oubliés : travailleurs, minorités, dissidents. Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2 met justement au cœur cette approche singulière en montrant comment sa lecture critique du passé éclaire les crises sociales et politiques d’aujourd’hui. Le documentaire dévoile avec précision la cohérence de sa pensée : refuser les récits officiels trop lisses, redonner une voix aux anonymes, rappeler que chaque acte de résistance compte. |
Gael Golhen |
| 3 | Dreams Après la rédemption et la résilience de Memories, la sécheresse et la violence de Dreams. Avec son nouveau film, Michel Franco signe un mélo d’une froide lucidité, où la passion intime cache un ordre social dévastateur. Un jeune danseur mexicain passe la frontière pour rejoindre la patronne d’une compagnie de ballet qu’il aime. Jessica Chastain est exceptionnelle dans le rôle de Jennifer, riche américaine à la générosité conditionnelle : son aplomb, sa retenue et ses micro-fêlures dessinent un personnage aussi séduisant qu’inquiétant. |
Gael Golhen |
| 2 | Bel ami Le tout premier film du chinois Geng Jun à sortir dans les salles françaises n’a pas eu la même chance dans son pays. Le régime autoritaire de Xi Jinping a moyennement goûté cette proposition de cinéma queer mettant en scène un homme d'âge mûr se décidant sur le tard de faire son coming-out et un couple lesbien qui, sous la pression de leurs familles, cherchent un mari de convenance pour fonder une famille. |
Thierry Chèze |
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Le Chasseur de baleines Leshka (Vladimir Onokhov), jeune adolescent habitant un petit village russe près du détroit de Béring, n’a pour seule perspective d’avenir que la chasse à la baleine. Comme son père, son grand-père et probablement le père de celui-ci avant lui. L’arrivée récente d’internet révolutionne sa petite vie bien tranquille et lui ouvre surtout soudain de nouvelles perspectives. D’autant qu’il s’entiche d’une stripteaseuse américaine. Et n’a dès lors plus d’autre désir que celui de la rencontrer. |
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| 3 | La Vie après Siham Endeuillé par la perte de Siham, Namir se refugie dans les archives familiales accumulées au fil du temps, à la recherche du fantôme de sa mère. En fouillant dans une montagne de vidéos issues de son enfance, il déniche dans les confidences de ses parents le récit contradictoire de leur rencontre : romanesque dans l’esprit de son père, terre à terre dans celui de sa mère. |
Lucie Chiquer |
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Nuremberg Faire joujou avec la grande histoire est censé engager ceux qui font bouger les petits soldats de plomb sur le tapis de leur imagination. James Vanderbilt (auteur du scénario de Basic le dernier McTiernan) ouvre grand les portes de sa chambre. Mais son appréhension du procès de Nuremberg qui voit en 1945 la barbarie du IIIe Reich sur le banc des accusés, est nulle. Porté par les yeux Tex Avery de Rami Malek et la carapace de Russell Crowe, ce numéro de duettiste vire au grand-guignol. |
Thomas Baurez |






