AFFICHE
3
L'APOLLON DE GAZA

Dix ans après Aisheen (Chroniques de Gaza), Nicolas Wadimoff revient dans la ville-martyre pour y déterrer littéralement l’Apollon de Gaza, une imposante statue grecque présumée, découverte par un pêcheur local en 2013 et disparue depuis. “Présumée” car les spécialistes s’écharpent depuis à propos de son authenticité, débat renforcé par l’évanouissement soudain de la statue, mise à l’époque aux enchères sur eBay ! Wadimoff mène l’enquête auprès des témoins concernés et de chercheurs confirmés dont les avis contradictoires épaississent le mystère.

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
DOUZE MILLE

Avec son premier long, Nadège Trebal fait entendre une musique singulière dans le concert des films sociaux engagés. Accompagnée par la sublime BO de Rodolphe Burger et les chorégraphies inventives de Jean-Claude Gallotta, elle met de la fantaisie et de la danse là où tant de ses confrères semblent paralysés par leurs sujets. Elle y suit l’odyssée d’un chômeur qui décide de partir loin de chez lui et de celle qu’il aime pour trouver un boulot et gagner 12 000 euros. Une somme égale au salaire que sa compagne gagne et qui leur permettrait d’avoir un an de tranquillité devant eux.

Thierry Chèze
Dragged Across Concrete
4
TRAINE SUR LE BITUME

Trop long. Trop violent. Trop noir. Trop gibsonien. Le nouveau film  de S. Craig Zahler ne sortira pas en salles mais débarque directement  en streaming. Ce n’est pas une excuse pour y échapper.

Gael Golhen
AFFICHE
3
LES SIFFLEURS

La corruption est la thématique favorite du cinéma roumain, et du cinéma des ex-pays de l’Est en général. Le sarcastique Corneliu Porumboiu (auteur du génial 12 h 08 à l’est de Bucarest) en fait un élément comique puisque dans Les Siffleurs tout le monde est plus ou moins pourri, à commencer par le héros, un flic en cheville avec des mafieux. Seule solution pour communiquer avec la bande d’un mafieux qu’il doit faire sortir de prison, avec un pactole à la clé ?

Christophe Narbonne
AFFICHE
4
L’EXTRAORDINAIRE VOYAGE DE MARONA

Que faire après avoir signé le plus gros succès mondial de tous les temps de l’histoire du cinéma d’animation japonais (ouf, quelle phrase !) ? C’est le drame qui attendait Makoto Shinkai, après son totalement stupéfiant et magnifique Your Name (2016). Voilà donc l’histoire d’un lycéen fugueur devenu journaliste malgré lui, qui fait la connaissance d’une jeune fille capable de faire cesser, pendant de brefs moments, la pluie sans fin qui inonde le Japon. Techniquement, narrativement, visuellement, c’est irréprochable.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
LES ENFANTS DU TEMPS

Que faire après avoir signé le plus gros succès mondial de tous les temps de l’histoire du cinéma d’animation japonais (ouf, quelle phrase !) ? C’est le drame qui attendait Makoto Shinkai, après son totalement stupéfiant et magnifique Your Name (2016). Voilà donc l’histoire d’un lycéen fugueur devenu journaliste malgré lui, qui fait la connaissance d’une jeune fille capable de faire cesser, pendant de brefs moments, la pluie sans fin qui inonde le Japon. Techniquement, narrativement, visuellement, c’est irréprochable.

Sylvestre Picard
AFFICHE
2
NINA WU

Après le superbe Adieu Mandalay, on attendait avec impatience le nouveau film du Taïwanais Midi Z, auréolé de sa première sélection cannoise. On y suit une actrice sur le point de décrocher enfin le rôle principal d’un film et qui, bien que réticente devant les scènes de sexe, se rend au casting, sans se douter des dommages collatéraux violents de sa décision. Jusque-là auteur de ses scénarios, Midi Z s’empare de celui d’un autre. Mauvaise pioche.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
TOMMASO

Comment va Abel Ferrara ? Pour les fidèles qui se poseraient la question, Tommaso tient lieu de bilan de santé, sous la forme d’une carte postale envoyée de Rome, son nouveau chez lui. Le réalisateur s’y portraiture sous les traits de l’ami Willem Dafoe, en artiste exilé, fuyant ses démons, hanté par la culpabilité des années de défonce, essayant de mener une vie normale avec sa femme et sa fille (Cristina Chiriac et la petite Anna Ferrara dans leurs quasi propres rôles).

Frédéric Foubert
AFFICHE
1
UN VRAI BONHOMME

Tom, un garçon renfermé, est proche de son grand frère Léo, plus décontracté, qui va tenter de le coacher pour son entrée au lycée. Le film est un peu plus noir que ce résumé le laisse supposer, mais ses ressorts profonds reposent sur un twist qu’il serait criminel de révéler. C’est cependant ce twist qui pose problème : dès qu’il est dévoilé (on le devine assez vite), le film perd aussitôt de sa nature inquiétante et ambiguë pour se transformer en chronique convenue de l’adolescence. Tom séduira-t-il la fille la plus sexy du lycée ? Évitera-t-il le harcèlement ?

Christophe Narbonne
AFFICHE
0
MONTFERMEIL

Ah, la fantaisie de Jeanne Balibar ! Ce phrasé inimitable, cette folie douce dans le regard, cet art du contre-pied... On retrouve tout ça dans Merveilles à Montfermeil où elle campe une employée municipale chargée, avec d’autres, de mettre en place l’ambitieuse politique progressiste de la maire incarnée par Emmanuelle Béart : sieste pour tous, école internationale de langues (où tout le monde parle indifféremment français, arabe, espagnol, etc.), journées kilt et de la brioche...

Christophe Narbonne
AFFICHE
1
LA SINCÉRITÉ

Voilà un film qui ambitionne de s’amuser avec les liens si particuliers unissant de façon éphémère les protagonistes d’un tournage de cinéma. Un film qui rappelle aussi et surtout combien le marivaudage nécessite une mécanique de précision complexe. On y suit un réalisateur qui, pour séduire une comédienne, se lance dans un film improvisé au cœur de la campagne française. Et, ô surprise, les sentiments vont au fil des jours prendre le pas sur les personnages, avec cette idée que la sincérité a besoin du prisme de la fiction pour se révéler.

Thierry Chèze
AFFICHE
1
L'ADIEU

Vingt millions de recettes pour trois millions de budget, L’Adieu a été l’un des cartons surprises de 2019 aux USA. Il faut dire que Lulu Wang n’a pas lésiné sur la guimauve dans ce mélo sur le retour en Chine d’une Sino-Américaine pour faire ses adieux à sa grand-mère atteinte d’un cancer que toute sa famille lui cache. Faire chialer Margot semble la seule quête d’une réalisatrice qui noie sous une BO dégoulinante les thématiques pourtant intéressantes qu’elle aborde, dont la quasi-impossibilité de se reconnecter au mode de vie chinois quand on s’est exilé.

Thierry Chèze
AFFICHE
1
L'AUTRE

Après avoir produit les deux derniers films de Mia Hansen-Løve (Maya et Bergman Island, qu’on découvrira courant 2020), la créatrice de bijoux Charlotte Dauphin franchit un nouveau cap en se lançant dans la réalisation. Son premier long métrage suit le parcours d’une jeune danseuse (l’énigmatique Astrid Bergès-Frisbey inexplicablement sous-employée par le cinéma français) qui a abandonné l’Opéra de Paris suite au décès brutal de son père.

Sophie Benamon
Affiches Les Filles du Docteur March
4
LES FILLES DU DOCTEUR MARCH

Au départ, il y a évidemment le roman de Louisa May Alcott, publié en 1868. L’histoire de quatre filles de la classe moyenne durant la guerre de Sécession où leur père, pasteur, est parti servir comme aumônier. Un succès public et critique immédiat qui a su traverser les époques. À la fois comme œuvre littéraire – Simone de Beauvoir a souvent expliqué combien elle s’était reconnue dans ce récit – et sur grand écran. Harley Knoles fut le premier à s’en emparer au temps du muet. Puis George Cukor en signa une nouvelle version en 1933 dont Mervyn LeRoy fit un remake plan par plan en 1949.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
PLAY

Dans Les Gamins, Anthony Marciano tirait le portrait d’un quinquagénaire (Alain Chabat) et de son gendre potentiel (Max Boublil) déterminés à faire les 400 coups ensemble pour échapper à la routine du mariage pour le premier et à une voie tracée pour le second.

Christophe Narbonne
AFFICHE
3
LE MIRACLE DU SAINT INCONNU

D’abord, un homme qui court, seul au milieu du désert marocain. Il a la police aux trousses mais a le temps de planquer son butin sous une tombe bricolée à la va-vite en pensant le retrouver plus tard. Mais dix ans plus tard, quand il vient le récupérer, il découvre un lieu métamorphosé : la colline aride est devenue un lieu de culte car les habitants du village attenant et les pèlerins ont la certitude que le saint Inconnu est enterré à cet endroit ! Le ton est donné d’emblée : l’absurde va régner en maître dans les (més)aventures de ce petit voleur pour récupérer son argent.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
GHOST TROPIC

Le film s’ouvre sur le plan fixe d’un intérieur simple : une télé, un canapé, une table, quelques bibelots... Jour, pénombre, nuit noire. Une voix off s’interroge sur la manière de ressentir et d’occuper cet espace familier. « Mais si soudainement un étranger devait entrer dans cette pièce, que verrait-il ? Qu’entendrait-il ? Est-ce qu’il sentirait quelque chose ? » Le Belge Bas Devos semble ici marcher sur les traces de la regrettée Chantal Akerman. Comme l’auteure de Jeanne Dielman..., il part du théorique pour aller vers l’humain.

Thomas Baurez
Affiche First Love, le dernier Yakuza
2
FIRST LOVE, LE DERNIER YAKUZA

Cent troisième opus de Takashi Miike (si nos calculs sont bons), First Love, le dernier yakusa a l’immense avantage, par rapport à une grosse partie du corpus du stakhanoviste japonais, de sortir en salles en France. Ce qui fait qu’on est partagé entre l’envie de ne pas bouder notre plaisir et l’obligation de constater que ce « Premier Amour » n’est pas aussi fou qu’espéré.

Frédéric Foubert
AFFICHE
4
SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

Gu Xiaogang, réalisateur chinois de l’impressionnant Séjour dans les monts Fuchun, a 31 ans et est déjà au pied d’un Everest dont il a déjà largement dépassé le camp de base. Son film, empruntant son titre à une peinture ancestrale du XIVe siècle, est une chronique familiale contemporaine qui voit une fratrie se croiser et se décroiser sur quatre saisons. Il est présenté par son auteur comme le premier volet d’une trilogie. Péché d’orgueil de jeune cinéaste à l’ego envahissant ? À l’issue des 2 h 20 de ce film, on a envie de se projeter un peu plus loin.

Thomas Baurez
AFFICHE
3
L'ART DU MENSONGE

Roy, vieux roublard vétéran, monte des arnaques de haut niveau. Il cherche l’ultime gros coup qui lui permettra une retraite dorée sous les cocotiers. Sa prochaine cible : Betty, une veuve millionnaire et un peu trop confiante. Est-elle si dupe ? Qui arnaque qui ? Bon, admettons-le, L’Art du mensonge n’inspire pas une confiance folle : un film d’arnaque « troisième âge » (c’est un genre en soi : cela fait longtemps que Michael Caine paye ses impôts grâce à ça) avec un duo d’acteurs cabotins et des blagues sur le dating carte vermeil à l’ère d’internet autour du tea time.

Sylvestre Picard
AFFICHE
2
CUNNINGHAM

On le sait depuis le renversant Pina de Wenders, la 3D sied à la danse. Ce documentaire consacré au danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham disparu en 2009 à l’âge de 90 ans) le confirme avec beauté tant la reconstitution par ce biais de pièces créées par cet immense artiste se révèle un régal pour les yeux.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
ECHO

Impossible de ne pas penser au cinéma de Roy Andersson (Chansons du deuxième étage) face au nouveau Rúnar Rúnarsson révélé en 2016 par Sparrows. On y retrouve la même idée centrale : raconter un pan de vie(s) à travers un enchaînement de vignettes (56 scènes, ici) sans autre lien les unes avec les autres que le lieu et la période (les fêtes de Noël) où elles se déroulent. Ici, un employé des pompes funèbres au téléphone avec son fils devant un cercueil où gît un enfant. Là, un vieux monsieur reçoit la visite d’une femme qu’il ne reconnaît plus.

Thierry Chèze
Manhattan Lockdown affiche
3
MANHATTAN LOCKDOWN

Première réalisation cinéma de l’Irlandais Brian Kirk, bon soldat de la télé adulte des années 2000 (il a tourné des épisodes de Luther, Boardwalk Empire ou encore trois épisodes de la saison 1 de Game of Thrones), Manhattan Lockdown possède un concept bien excitant : les forces de la police new-yorkaise ferment l’île de Manhattan pendant une nuit afin de capturer deux tueurs qui viennent de massacrer les flics pendant un braquage. Andre, un policier impitoyable (joué par l’excellent Chadwick Boseman), est sur leurs traces...

Sylvestre Picard
GALERIE
4
LE LAC AUX OIES SAUVAGES

Après le retentissement de Black Coal, Ours d’or à Berlin en 2014, l’internationale cinéphile attendait avec impatience des nouvelles de Diao Yinan, nouvel espoir, non seulement de l’art et essai chinois, mais aussi du polar contemporain. Le Lac aux oies sauvages ne déçoit pas, en prolongeant, très clairement, le geste du précédent film. C’est, de nouveau, une œuvre portée par le désir de plonger des codes, des archétypes et des postures hérités du cinéma américain des années 1940 dans la Chine des années 2010.

Frédéric Foubert
AFFICHE
2
LA SAINTE FAMILLE

Un universitaire réputé se retrouve bombardé ministre de la Famille, alors qu’il est en train de se noyer dans la multitude d’événements mettant à mal la sienne. Voilà le savoureux paradoxe qui sous-tend le deuxième passage à la réalisation de Louis-Do de Lencquesaing sans réussir pour autant à faire péter les coutures d’une énième variation autour de la famille, sous-genre (trop) régulièrement prisé par le cinéma français. Peu après le très démonstratif Fête de famille de Cédric Kahn, cette Sainte Famille a certes le mérite de la jouer plus mezzo vocce...

Thierry Chèze
1 CATS

Vous attendez le coup de griffe ? A l’heure qu’il est Cats, adaptation de la comédie musicale éponyme, signée Tom Hooper (Les Misérables, Le discours d’un roi) est déjà précédée d’une rumeur très négative. La bande annonce où l’on a découvert les visages humains sur des corps de chats en avait déjà fait fuir plus d’un. Seuls les accros aux comédies musicales tenaient bon. La vision du film dans sa totalité les a fait déchanter.

Sophie Benamon
1 CATS

Vous attendez le coup de griffe ? A l’heure qu’il est Cats, adaptation de la comédie musicale éponyme, signée Tom Hooper (Les Misérables, Le discours d’un roi) est déjà précédée d’une rumeur très négative. La bande annonce où l’on a découvert les visages humains sur des corps de chats en avait déjà fait fuir plus d’un. Seuls les accros aux comédies musicales tenaient bon. La vision du film dans sa totalité les a fait déchanter.

Sophie Benamon
La vérité
4
LA VÉRITÉ

Quand un maître du cinéma étranger décide de débarquer en France pour y poser sa caméra, deux sentiments contradictoires viennent se percuter. D’abord, l’excitation de voir de tels cinéastes prendre le risque de sortir de leur zone de confort en espérant creuser différemment le sillon de leur œuvre. Puis, le souvenir de tant de déceptions. Car la liste est longue de ces metteurs en scène qui, en venant sur notre sol, ont perdu de leur superbe, comme empêchés de déployer ce qui fait leur force.

Thierry Chèze
AFFICHE
2
JÉSUS

Voilà un premier film dont l’ambition finit par constituer sa limite. 76 minutes denses où il est tout à la fois question d’enfance, de quête spirituelle et de deuil à travers un récit traversé de moments surréalistes. Au Japon, l’histoire d’un enfant de la ville parti vivre à la campagne où il intègre une nouvelle école, catholique, et s’y fait deux nouveaux amis : un camarade de classe... et un Jésus miniature qu’il est le seul à voir !

Thierry Chèze
AFFICHE
2
BENJAMIN

Découvert à la télé comme animateur, Simon Amstell est depuis dix ans un humoriste qui compte en Grande-Bretagne (son dernier stand up, Set Free, est disponible sur Netflix). Mais pour son premier long métrage comme réalisateur, il a mis au placard le ton très sarcastique qui a fait sa réputation pour parler art et relations amoureuses. Rien de bien original sur le papier dans cette comédie romantique où un cinéaste en herbe (Colin Morgan, le héros de la série britannique Merlin) tombe sous le charme d’un musicien français (Phénix Brossard, vu dans Little Joe).

Sophie Benamon