| 1 | Kiss of the spider woman Publié en 1976, le roman de Martin Puig avait déjà été porté au cinéma en 1985 par Hector Babenco (avec un prix d’interprétation cannois pour William Hurt) avant de devenir une comédie musicale à Broadway en 1993. C’est cette comédie musicale située au cœur de l’Argentine de la dictature des colonels qu’adapte ici Bill Condon (Dreamgirls). |
Thierry Chèze |
| 3 | Au-delà de Katmandou Jamuna et Anmuna sont des (âmes) sœurs qui, sacs à dos à l’épaule et parapluie à la main, quittent la cacophonie de Katmandou pour la quiétude des massifs népalais, direction leur village natal. Si le découpage ultra-travaillé des premières séquences laisse penser à une fiction, c’est pour mieux ériger ces deux femmes en héroïnes de leur propre histoire. La récolte du champignon yarsagumba qui les attend n’est qu’un prétexte : l’une y cherche le courage pour annoncer à ses parents son départ imminent pour le Japon, l’autre le réconfort de ses proches face à cet abandon. |
Lucie Chiquer |
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Super Charlie Camilla Läckberg, star du polar nordique, a troqué ses crimes glaciaux pour l’univers fantaisiste des albums jeunesse. Son héros, cette fois ? Un bébé prénommé Charlie paré d’incroyables pouvoirs très spéciaux. Un premier volume qui est désormais adapté en un film d’animation rigolo et très sympa, porté par son protagoniste survitaminé haut comme trois pommes, doté de couches-culottes. |
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| 3 | Cold storage Quand il n’est pas occupé à écrire le prochain film d’invasion extra-terrestre de Steven Spielberg (Disclosure Day), le scénariste-star David Koepp (Jurassic Park, Spider-Man…) s’amuse à adapter son premier roman, paru en 2019. |
Frédéric Foubert |
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Le Mystérieux regard du flamand rose Dans ce western aux accents camp, le traditionnel saloon laisse place à un cabaret queer. Sous la tutelle de la tenancière Mamá Boa, de la drag queen Flamenco et de ses amies trans, la petite Lidia y a élu domicile. C’est à travers son regard crédule, quoique farouche du haut de ses 11 ans, que Diego Céspedes aborde l’épidémie de SIDA : dans les années 80, au cœur du désert chilien, circule la légende d’une affection fulgurante qui se propagerait par le regard. Aux yeux des mineurs étroits d’esprit qui vivent aux alentours, ce club en serait le cluster. |
Lucie Chiquer |
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Maigret et le mort amoureux Le cinéma est surtout une affaire de rythme, le souffle de la mise en scène se doit de créer une tension permanente (images et sons confondus) A première vue cet énième adaptation de Simenon au cinéma pourrait sembler, au mieux, singulière, au pire, ringarde. « Je n’aime pas les faux rythmes » balance d’emblée un personnage. Maigret (Podalydès, sympa) lui répondra plus tard par un : « J’ai mon rythme », histoire d’affirmer sa toute puissance : le film, c’est lui ! |
Thomas Baurez |
| 3 | Green line La guerre civile au Liban (1975 – 1992) aura divisé sur près de deux décennies une population fragmentée selon sa religion, ses combats politiques ou ses origines. Près de 250 000 morts au total dont une grande part de civils. L’un des points d’orgue aura été le massacre du camp de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila par les phalangistes chrétiens. La ville de Beyrouth a été séparée par une zone verte (green line) sorte de couloir de la mort jonché d’une nature sauvage et de corps ensanglantés. |
Thomas Baurez |
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La Femme cachée Halima vit à Montréal avec son compagnon et sa petite fille. Enceinte, elle apprend que son deuxième enfant est un garçon. Dans le froid de l’hiver canadien, l’arrivée de ce bébé ravive les blessures de sa vie passée et surtout le souvenir de son frère… Rachid. |
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Coutures Dans le tourbillon de la Fashion Week parisienne, un défilé se prépare et une poignée de silhouettes féminines prend chair, confrontée à la tragédie de l’existence, à des malheurs, petits et grands. La réalisatrice américaine venue tourner le court-métrage d’ouverture (Angelina Jolie) digère le diagnostic de son cancer. Une mannequin sud-soudanaise (Anyier Anei) apprivoise les codes cruels de l’industrie. Une maquilleuse (Ella Rumpf) se rêve écrivaine. Une couturière (Garance Marillier) s’use le bout des doigts dans la tulle de sa première robe. |
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Le Rêve américain Le titre promet le mythe fondateur, le film raconte le prix qu’il en coûtera. Avec Le Rêve américain, Anthony Marciano délaisse le vertige pop de Play pour un biopic plus classique en apparence, moins immédiatement "concept" - mais qui finit par tout emporter. C’est que son Amérique n'est pas qu’un slogan : c'est un mirage intime. Celui auquel on s'accroche quand on n'a aucune raison d'y croire. |
Gael Golhen |
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Un monde fragile et merveilleux Le premier long métrage de fiction du libanais Cyril Ari s’ouvre comme une comédie romantique classique. Une de celles où le destin s’amuse à brouiller les pistes sur la Carte du Tendre. Nino, restaurateur de Beyrouth, vient accidentellement s’encastrer en voiture dans les bureaux des parents de Yasmina, consultante pour le gouvernement. Pour rembourser une partie de sa dette, Nino invite la famille dans son restaurant où, grâce à une photo d’enfance sur le mur, Yasmina réalise soudain qui est Nino qu’elle n’avait plus vu depuis 20 ans. |
Thierry Chèze |
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Marty Supreme Il y a un an, dans Un Parfait Inconnu, Timothée Chalamet jouait le rôle d’un jeune type excentrique qui débarque à New York pour voir jusqu’où peuvent le mener ses rêves de gloire. La jeunesse, la Grosse Pomme, l’ambition : il y a pas mal de parallèles à tracer entre le biopic de Bob Dylan et ce Marty Supreme que Josh Safdie (moitié des frères Safdie opérant désormais en solo) a confectionné sur mesure pour Chalamet. L’action se déroule cette fois-ci en 1952, mais il est à nouveau question d’un gars surdoué, Marty Mauser, prêt à bouffer la vie à pleines dents. |
Frédéric Foubert |
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Hurlevent Avant même la première image, on comprend qu’Emerald Fennell ne fera pas dans la dentelle. Sur un écran noir, un râle se fait entendre, dont on ne saisit pas tout de suite s’il est d’agonie ou de plaisir. Puis la première scène nous révèle que les cris sont ceux d’un homme en train d’être pendu en place publique, saisi par une érection au moment de rendre son dernier souffle. Dans l’assistance, la petite Catherine Earnshaw, héroïne éternelle des Hauts de Hurlevent, assiste éberluée à cette fête barbare mêlant le sexe et la mort. |
Frédéric Foubert |
| 2 | Serge Lama-le film Après une légende de la comédie (Christian Clavier), David Serero se penche sur un monument de la chanson française, Serge Lama, dans un documentaire qui partage exactement les mêmes défauts et qualités que le précédent. |
Thierry Chèze |
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Send help Sam Raimi est-il fan de Ruben Östlund ? On peut se poser la question devant Send Help, qui ressemble à une régurgitation de Sans Filtre, la Palme d’or du trublion suédois, revue et corrigée façon série B horrifique. Vision caustique de la lutte des classes, inversion des rapports de force entre dominants et dominés à l’occasion d’un voyage qui tourne mal, robinsonnade mâtinée de misanthropie… Les échos sont nombreux entre les deux films, jusqu’aux éclaboussures de vomi qui les parsèment. |
Frédéric Foubert |
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LOL 2.0 Quand on a aimé LOL, quand on voit l’impact que cette comédie générationnelle continue à avoir sur la jeunesse d’aujourd’hui qui n’était même pas née au moment de sa sortie en 2009 (et vient se filmer comme en pèlerinage sur le banc où se retrouvaient les personnages), on redoutait forcément l’idée d’une suite. Lisa Azuelos allait-elle embrasser avec la même justesse la jeunesse de 2026 que celle de 2009 ? |
Thierry Chèze |
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Les Voyages de Tereza Haro sur le troisième et le quatrième âge ! Dans un Brésil de science- fiction (pas si éloigné au fond de notre réalité), le gouvernement entend libérer les jeunes générations du poids de leurs aînés afin qu’ils puissent se concentrer tout entier sur leur travail et développer leur productivité. Obligation est donc faite aux anciens de dégager le plancher pour finir leurs jours dans des colonies isolées pour soi- disant profiter au mieux de leurs dernières années. |
Thierry Chèze |
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Urchin Révélé à Cannes en 2022 comme héros de la Palme d’Or Sans filtre, Harris Dickinson y a fait son retour en 2025 mais avec une double casquette d’acteur- réalisateur. Pour cette première derrière la caméra, il a choisi de raconter un sans- abri (l’intense Frank Dillane, primé dans la section Un Certain Regard) qui, sortant de prison, tente de reprendre sa vie en main et de tuer les démons qui, en lui, le poussent toujours vers le pire. Et Dickinson s’y emploie avec un talent certain à ne jamais aller là où l’on attend. |
Thierry Chèze |
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Sainte-Marie-aux-Mines Un nouveau film de Claude Schmitz consiste d’abord et littéralement en l’exploration d’un nouveau territoire. Après Braquer Poitiers ou Perpignan et la frontière espagnole dans L’autre Laurens, Claude Schmitz pose ses valides à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace. Et de ce lieu, il tire une question : quelle fiction peut naître de cet espace, de ces rues, des corps qui les habitent ? |
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| 1 | L'Infiltrée L’histoire entre Ahmed Sylla et le cinéma avait débuté sous les meilleurs auspices avec le bel accueil critique et public de L’Ascension (2017). Mais depuis, l’essai n’a jamais vraiment été transformé. Passer pour la première fois derrière la caméra pouvait être l’occasion d’un second souffle. Celui- ci devra encore attendre. Car rien ne fonctionne dans cette comédie poussive où il incarne un fonctionnaire de police maladroit sommé par sa supérieure de se travestir en femme pour infiltrer un gang de braqueuses. |
Thierry Chèze |
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Les Immortelles Une histoire d’amitié à la vie à la mort pourrait être le sous- titre du deuxième long métrage de Caroline Deruas Peano (L’Indomptée). Celle qui unit Charlotte et Liza deux lycéennes du début des années 90, rêvant de quitter leur sud natal et conquérir Paris avec les chansons qu’elles composent et chantent avant que Liza décède brutalement d’un caillot dans le cerveau. Comment se relever d’une telle perte et continuer à vivre ? Voilà la question qui constitue la colonne vertébrale d’un film que sa réalisatrice refuse d’enfermer dans la noirceur et les larmes. |
Thierry Chèze |
| 1 | It's never over, Jeff Buckley Cela devait être le documentaire ultime sur Jeff Buckley, celui qui révèle les derniers secrets de ce musicien surdoué, décédé à trente ans dans un affluant boueux du Mississippi. Déception : validé par Mary Guibert, protectrice mère du musicien, It’s never over, Jeff Buckley s’en remet à de paresseuses interviews de ses proches, quelques archives inédites et des messages répondeurs laissés par l’intéressé. |
François Léger |
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Soulèvements Il n’est jamais simple pour le cinéma de s’emparer d’un sujet d’actualité. Car le temps long indispensable à sa fabrication peut vite donner la sensation d’arriver trop tard comme trop tôt pour avoir le recul nécessaire. Mais Thomas Lacoste échappe ici à ces deux pièges. Pour ce documentaire, il s’est lancé dans un tour de France et développé un portrait à 16 voix des membres des Soulèvement de la Terre, fondé par d’ex- membres de la ZAD de Notre- Dame- des- Landes, dissous en 2023 par Gérald Darmanin avant que le Conseil d’Etat n’annule cette décision. |
Thierry Chèze |
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Les Dimanches Pour un peu, on donnerait à Aniera, 17 ans, le bon Dieu sans confession. Elle a de grands yeux sombres, des joues rondes, une voix d’ange qu’elle exerce sur les bancs de la chorale du lycée et un air mélancolique. Elle a aussi cette foi en Dieu, en l’Eglise catholique, qui l’anime autant qu’elle l’interroge. Au point de lui inspirer une carrière de religieuse, n’en déplaise à son père (Miguel Garcés), veuf en reconstruction dépassé par cette crise d’ado peu ordinaire. |
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Aucun autre choix Quel Park Chan-wook préférez-vous ? Le cinéaste provocateur et cruel des années 2000 ? Ou celui, plus raffiné et romantique, qui s’est réinventé avec les splendides Mademoiselle et Decision to leave ? Si votre cœur balance, pas de panique : ils sont tous les deux réunis aux manettes d’Aucun autre choix, film qui renoue avec la veine la plus explosive et politique du cinéaste d’Old Boy et Sympathy for Mr. |
Frédéric Foubert |
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Biscuit, le chien fantastique D'un côté, un petit chien soudainement doté de super- pouvoirs qui lui permettent de parler et de voler. De l'autre, un chat lui aussi métamorphosé qui entreprend de faire régner les chats sur l'univers. "Le film le plus wouf de cet hiver" affirme son affiche quelque peu trompeuse. Car si les tous petits pourront se laisser convaincre, les adultes restent à la porte de ce film d'animation qui souffre de la comparaison avec le récent Dog Man par exemple. Pas désagréable mais sans aspérité ni originalité saillante. |
Thierry Chèze |
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Rental family: Dans la vie des autres Un acteur américain en galère accepte à Tokyo un job improbable : incarner des proches “loués” par des clients en mal d’affection. Le film flirte avec le concept malin mais réussit parfois à devenir une balade mélancolique sur tout ce qu’on joue pour survivre à la solitude. La mise en scène est précise, attentive aux gestes minuscules - un recul, un sourire retenu, un silence poli. C’est élégant, un peu pop dans sa sensibilité, et zen dans sa manière d’épouser les émotions sans les surligner. Au centre, il y a Brendan Fraser, formidable de pudeur, un peu cabossé, mais très humain. |
Gael Golhen |
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N 121- Bus de nuit Trois potes des cités prennent un bus de nuit et leur virée va tourner au cauchemar. N121 - Bus de nuit déploie une énergie rare pour un premier long : on sent la caméra vibrer comme si chaque plan cherchait l’étincelle. La référence à La Haine est évident - tension rampante et envie de filmer la ville comme un organisme nerveux - tout comme l’influence des premiers Spike Lee, dans cette façon de laisser les personnages exploser sous nos yeux. |
Gael Golhen |
| 3 | La lumière ne meurt jamais Pauli (Samuel Kujala) est un flûtiste classique à succès, destiné, dès le plus jeune âge, aux orchestres prestigieux du monde entier. Un burn-out le paralyse et l’empêche désormais de jouer de son instrument. De retour chez ses parents au nord de la Finlande pour panser ses bleus à l’âme, il sympathise avec deux queers désireux de se lancer dans la musique expérimentale. |
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A demain sur la lune Le nouveau documentaire de Thomas Balmès (Bébés) s’ouvre sur le plan d’un cheval recouvert d’ampoules de toutes les couleurs déambuler dans les couloirs d’un hôpital, comme échappé d’un film de Jodorowsky. Ce cheval s’appelle Peyo et tient un rôle essentiel dans le quotidien d’un établissement en soins palliatifs en passant de chambre en chambre pour apaiser des hommes et des femmes condamnés à court ou moyen terme par une longue maladie. Pourquoi ? Comment ? |
Thierry Chèze |






