Elvis affiche
4
Elvis

Il y a des récits de la vie d’Elvis Presley qui commencent à Memphis, Tennessee, berceau de la musique du King. Le film de Baz Luhrmann, lui, débute à Las Vegas – une manière d’annoncer d’entrée de jeu que le ton ne sera pas au purisme rock’n roll, mais plutôt à la grandiloquence, au kitsch, à la flamboyance et à l’outrance. C’est aussi ça, Elvis. Le réalisateur de Moulin Rouge n’allait de toute façon pas s’emparer du genre biopic pour raser les murs et signer l’énième portrait impersonnel d’une star de la musique.

Frédéric Foubert
3 El Buen Patrón

Il s’en était éloigné avec Un jour comme un autre, plongée dans la guerre en Bosnie puis Escobar sur le narcotrafiquant colombien. Fernando León de Aranoa renoue ici avec l’univers de la chronique sociale qui l’avait révélé voilà 20 ans avec Les Lundis au soleil. Sa première collaboration avec Javier Bardem qui incarne magistralement Juan Blanco, le héros cette comédie féroce. Un patron héritier d’une usine de fabrication de balances en apparence parfait mélange de paternalisme enveloppant et d’autorité juste. Trop beau pour être vrai ?

Thierry Chèze
AFFICHE
2
Jungle rouge

En partant des milliers de mails retrouvés après sa mort, Juan José Lozano et Zoltan Horvath entreprennent de raconter les dernières heures de Raul Reyes, le numéro 2 des FARC qui a péri en 2008 dans un bombardement mené par l’armée colombienne et la CIA. Leur film offre donc un regard de l’intérieur sur ce pan de l’histoire récente (où on retrouve Ingrid Bétancourt qui fut leur otage), le fonctionnement chaotique de cette guérilla communiste et la manière dont cet homme a peu à peu perdu pied, dévoré par la jungle dont ils avaient fait leur camp de base.

Thierry Chèze
3 Buzz l'éclair

Il y avait un souci dès le départ avec le film Buzz l'éclair. De quoi parlait ce spin-off de Toy Story ? Etait-ce une histoire centrée sur la figurine ? Ou bien celle du véritable héros qui l’a inspiré, comme on a pu le croire au début de la promo ? Non, la réponse, finalement assez simple, nous est donnée dans un carton précédant le long-métrage, que Disney a également partagé sur les réseaux sociaux : "En 1995, Andy a reçu un jouet de son film préféré. Voici ce film". 

Edouard Orozco
Les Goûts et les couleurs : affiche
2
Les Goûts et les couleurs

Qui trop embrasse mal étreint pourrait être le sous- titre du nouveau film du réalisateur du Nom des gens.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Au-delà des sommets

Il y a au départ de ce documentaire un sujet en or. Il s’agit, peu ou prou, de partir d’une image photographique pour se projeter littéralement dedans. C’est en tout cas le projet des trois jeunes alpinistes fascinés par le travail de Bradford Washburn, le premier à capturer sur pellicule dès la fin des années 20, la majesté les sommets de l’Alaska. Les trois amis alpinistes aguerris tentent aujourd’hui l’ascension périlleuse du Moose’s Tooth. Le film montre les préparatifs, les retournements de situations, met en perspective les enjeux, pour enfin nous confronter à la montagne.

Thomas Baurez
GALERIE
3
Loving Highsmith

Eva Vitija dresse avec ce documentaire le portrait de l'américaine Patricia Highsmith, disparue le 4 février 1995 à 74 ans, et autrice de nombreux ouvrages adaptés sur grand écran, de L'Inconnu du Nord- Express (par Alfred Hitchcock) à sa série Tom Ripley (Plein soleil de René Clément, L'Ami américain de Wim Wenders, Le Talentueux  Mr Ripley d'Anthony Minghella...) en passant par Eaux profondes (porté à l'écran par Michel Deville puis voilà peu par Adrian Lyne), Le Cri du hibou (réalisé par Claude Chabrol) et bien entendu Ca

Thierry Chèze
GALERIE
1
Sweat

« Tout le monde l’adore. Personne ne l’aime », dit la tagline sur l’affiche, pour résumer la situation. Sylwia est une coach sportive jeune, blonde, belle, athlétique, une influenceuse très populaire suivie par 600 000 abonnés.

Frédéric Foubert
GALERIE
1
Sweat

« Tout le monde l’adore. Personne ne l’aime », dit la tagline sur l’affiche, pour résumer la situation. Sylwia est une coach sportive jeune, blonde, belle, athlétique, une influenceuse très populaire suivie par 600 000 abonnés.

Frédéric Foubert
GALERIE
1
Le Chemin du bonheur

Il est des vies trop hors normes pour supporter d’être enfermées dans une fiction. Comme celle d’Henri Roanne-Rosenblatt, que Nicolas Steil (Réfractaire) entreprend de raconter en portant à l’écran le récit romancé que ce dernier en avait fait dans son livre « Le Cinéma de Saül Birnbaum ». L’histoire d’un gamin juif autrichien sauvé de la Shoah car caché pendant la guerre dans une famille bruxelloise et dont la résilience s’est construite sur son amour fou pour le cinéma.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Le Prince

Produit par Maren Ade (Toni Erdmann), ce premier long raconte un choc culturel romantique. Un coup de foudre entre deux personnalités aux antipodes, une galeriste de Francfort et un diamantaire congolais en attente de régulation, dont les combines le font passer régulièrement par la case prison. S’aimer en dépit des réticences de leurs entourages respectifs ?

Thierry Chèze
3 Boum boum

On aurait pu croire le sujet essoré par des dizaines de reportages et des centaines d’heures de débat sur mes chaînes d’info. Mais les Gilets Jaunes inspirent aux cinéastes documentaristes des œuvres passionnantes. Quelques semaines après le remarquable Un peuple d’Emmanuel Gras, Laurie Lassalle revisite ce mouvement par un prisme inattendu, y compris pour elle. Celui de la naissance de son coup de foudre pour un des manifestants et d’une histoire d’amour qui va donc se déployer sous nos yeux au fil des samedis de lutte.

Thierry Chèze
3 Boum boum

On aurait pu croire le sujet essoré par des dizaines de reportages et des centaines d’heures de débat sur mes chaînes d’info. Mais les Gilets Jaunes inspirent aux cinéastes documentaristes des œuvres passionnantes. Quelques semaines après le remarquable Un peuple d’Emmanuel Gras, Laurie Lassalle revisite ce mouvement par un prisme inattendu, y compris pour elle. Celui de la naissance de son coup de foudre pour un des manifestants et d’une histoire d’amour qui va donc se déployer sous nos yeux au fil des samedis de lutte.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Mon amour

Pour parler de soi, il faut parfois partir loin. Tel est le mantra de David Teboul (Une vie ailleurs) dans ce documentaire où il fend l’armure, sans faire du spectateur un voyeur. Teboul a aimé follement un homme, Frédéric Luzy, producteur de documentaires, mort le 16 décembre 2007, peu après leur rupture. Une disparation qui n’a depuis jamais censé de le hanter, rongé par la culpabilité de ne pas avoir su le sauver.

Thierry Chèze
GALERIE
3
Je tremble ô Matador

Rodrigo Sepulveda (Aurora) adapte le roman de Pedro Lemebel. On est au Chili, en 1986, sous la dictature de Pinochet, mais le cinéaste s’émancipe du bouquin en délaissant la figure du général pour se focaliser uniquement sur un duo d'outsiders, réunis par le destin : un travesti sur le déclin (Alfredo Castro) et un révolutionnaire idéaliste (Leonardo Ortizgris), engagés dans une opération clandestine.

François Léger
Incroyable mais vrai affiche
1
Incroyable mais vrai

Les films de Quentin Dupieux se basent sur des idées volontairement simples et frappantes (une veste ou un pneu tueurs, une mouche géante…) qui, bien souvent, se suffisent à elles-mêmes. L’absurdité et donc l’étrangeté de ce cinéma-là ne s’appuient pas seulement sur l’incongruité supposée du récit mais aussi et surtout sur sa structure narrative dépouillée d’affect, de passé, d’avenir…  Tout est dans l’immédiateté du gag. La vie chez Dupieux n’est qu’un décor sur lequel vient se greffer une réalité recomposée.

Thomas Baurez
GALERIE
2
Demain, je traverse

Une garde-frontière grecque et un clandestin syrien s'aiment entre leurs deux mondes. Tout comme les deux trajectoires de ces star-crossed lovers, le film tente courageusement de croiser deux idées de cinéma, l'une âprement réaliste et l'autre joliment mythologique. Et ça ne marche pas vraiment. Ce beau moment, placé au début du film, où un passeur place deux pièces sur les yeux du héros réfugié avant qu'il ne tente de franchir illégalement la mer nocturne, reste sans suite.

Sylvestre Picard
GALERIE
2
Je t'aime, filme- moi !

C'est quoi l'amour ?, s'interrogeait-on de 2000 à 2013 sur TF1, dans l'émission de la philosophe (Carole) Rousseau. Ce film ne prétend pas y répondre, mais tente au moins d'apporter quelques pistes de réflexion. Compliqué à résumer : il s'agit d'un mélange de comédie à l'italienne (Christophe Salengro et Michel Cremades sur les routes de France) et de vraies déclarations d'amour de quidams ou de célébrités (Pierre Richard, Lâam, Thomas Dutronc...), livrées directement à leurs destinataires. Un composé où le vrai et le faux se marient dans une grande soupe joyeusement anarchique.

François Léger
GALERIE
3
Fratè

Dans I comete, Pascal Tagnati racontait récemment le quotidien d’un petit coin de Corse en mêlant acteurs pros et habitants du cru. Le même principe est à l’œuvre avec ce premier long de Karole Rocher co- réalisé avec sa fille dans son village natal de Vezzani. Sauf qu’ici le terrain de jeu est celui de la comédie populaire - où on ne l’attend pas spontanément – bien plus casse- gueule que celui du cinéma d’auteur pointu car pouvant vite basculer dans le pittoresque caricatural.

Thierry Chèze
Jurassic World 3 Le Monde d'après
1
Jurassic World: Le Monde d'après

En 2015, Jurassic World pouvait s’envisager plus comme un remake de Jurassic Park que comme une suite à la trilogie -c’était d’ailleurs le principal (le seul ?) moyen de l’apprécier : le voir comme une version des années 10 du Spielberg, avec plus de cynisme et moins d’émerveillement, où le seul à vraiment s’amuser semblait être le compositeur de la BO, Michael Giacchino.

Sylvestre Picard
GALERIE
2
Mizrahim, les oubliés de la Terre Promise

Qui sont ces Mizrahim qui donnent son titre à ce documentaire ? Des Juifs ayant quitté l’Afrique du Nord et le Moyen- Orient pour s’installer en Israël où ils se sont retrouvés stigmatisés et victimes d’un système discriminatoire ayant fait d’eux des citoyens de seconde zone, contre lequel certains d’entre eux se sont révoltés dans les années 70.

Thierry Chèze
AFFICHE
4
La chance sourit à Madame Nikuko

Après trente ans de métier dans l'animation à travailler sur diverses adaptations de Doraemon (le petit robot-chat bleu venu du futur qui est l'un des personnages les plus populaires au Japon) et autres franchises plus ou moins impersonnelles, Ayumu Watanabe passait à un autre niveau de cinéma en 2019 en dévoilant devant nos yeux ébahis Les Enfants de la mer.

Sylvestre Picard
Men : affiche française
4
Men

Chez Alex Garland, il est souvent question d’un lieu à explorer. D’un territoire à déchiffrer, qui permettra in fine de résoudre une énigme intime. Après le bunker high-tech d’Ex Machina, la forêt psychédélique d’Annihilation, le laboratoire quantique de la série Devs, Men propose de visiter un charmant coin de campagne anglaise. Harper (Jessie Buckley) y a loué une maison, pour se reposer et tenter de se remettre d’un événement traumatique, que le film dévoilera par bribes.

Frédéric Foubert
GALERIE
3
Anatolia

On va commencer par la fin : dommage que celle d'Anatolia soit un peu trop ambiguë pour son propre bien. En fait, jusqu'à ces dernières minutes fatidiques, le film déploie une très belle force d'écriture.

Sylvestre Picard
GALERIE
3
The earth is blue as an orange

Anna vit avec ses quatre enfants à la frontière du Donbass. Malgré la guerre, elle a choisi de rester et d’accomplir un projet fou : réaliser un film en famille. Si le titre de ce docu reprend un vers célèbre d’Eluard, c’est à juste titre car tout ici est proprement surréaliste. Dans cette ville fantôme des confins, Anna invente des histoires pour panser ses blessures et fait souffler sur les ruines un peu de vie, un peu d’espoir grâce au cinéma.

Gael Golhen
GALERIE
3
Petite fleur

Habitué d’un cinéma politique, Santiago Mitre (El Presidente) s’aventure pour la première fois sur le terrain de la comédie. Et après une installation poussive de ses personnages (un Argentin installé en France avec sa compagne et sa fille), le récit décolle quand cet Argentin rend visite à son voisin… et, pris d’une pulsion, le tue.

Thierry Chèze
AFFICHE
3
Roland Gori, une époque sans esprit

A l’heure où le jury cannois vient de couronner le cynisme décomplexé du suédois Ruben Ostlünd et son Sans filtre, il est bon d’écouter le psychanalyste français Roland Gori dans ce portrait que lui consacre Xavier Gayan. Son film prend la forme d’une conversation où cet homme engagé contre la violence de notre société marchande, partage sa pensée avec une limpidité salvatrice.

Thomas Baurez
GALERIE
1
C'est magnifique !

Paul, la quarantaine, a passé sa vie au milieu de la nature, protégé par ses parents. Mais à la mort de ces derniers, où ce grand naïf apprend qu’il n’était pas un enfant naturel mais adopté, il va se retrouver contraint à affronter ce monde extérieur dont il ne maîtrise aucun code, en quête de ses origines. Vous l’aurez compris, Clovis Cornillac a choisi d’emprunter pour son troisième long (où il joue aussi Paul) le chemin de la fable.

Thierry Chèze
GALERIE
2
Clara Sola

C’est un corps dont on ne parvient pas tout de suite à saisir le mystère et les blessures. Ce corps c’est celui de Clara qui avance dans le cadre avec suffisamment d’étrangeté pour accaparer toute l’attention. Clara a 40 ans, vit dans un village reculé du Costa-Rica, sous le joug de sa mère. Cette dernière cherche à entretenir la singularité de sa fille en la faisant passer pour une Sainte et ainsi en tirer profit. La malformation bien qu’opérable est savamment entretenue. Le film est le récit d’une difficile émancipation.

Thomas Baurez
5 Flee

Un témoignage, mais pas d’images. Il y a quelques années, le réalisateur danois Jonas Poher Rasmussen réussit enfin à faire parler son ami d’enfance, Amin, sur son trouble passé. À une condition : son anonymat devra rester total. Pendant ces longs entretiens, seule la voix d’Amin est enregistrée. Il raconte comment il s’est inventé une autre vie, cachant à son entourage avoir fui l’Afghanistan à la fin des années 80 alors qu'il n'était qu'un môme, au moment de la prise de pouvoir des moudjahidine.

François Léger