| 4 | L'Oeuvre invisible Il s’appelle Alexandre Trannoy. Ce ne vous dit sans doute rien. Mais une fois parvenu au terme de ce formidable documentaire, vous ne l’oublierez plus. Car aucune fiction n’aurait pu inventer ce qu’il a traversé. De 1949 à sa disparition en 1980, ce cinéaste, mentor de Jean Rochefort, a multiplié les projets ambitieux, en France et même à Hollywood. Outre Rochefort, Belmondo, Anouk Aimée, Ventura, Mastroianni ou Marlene Dietrich auraient dû en être les têtes affiches. Mais aucun n’est allé au bout. |
Thierry Chèze |
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Pour Klara Olmo Omerzu n’aime rien tant que décrypter la nature humaine et les relations intrafamiliales, comme il l’avait notamment prouvé avec Family film, le dernier de ses films qu’on avait eu l’occasion de découvrir dans les salles françaises en 2018. Son cinquième long métrage ne fait pas exception mais, comme à chaque fois, il trouve un nouvel angle, une nouvelle porte d’entrée pour s’y employer. |
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Romeria Avec Romeria, la cinéaste espagnole Carla Simón poursuit son travail intime sur la mémoire familiale. Mais cette fois, son cinéma regarde moins l’enfance que ce qui la précède : les parents, leur histoire, et tout ce qui reste dans l’ombre quand on grandit. |
Gael Golhen |
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Wedding nightmare: deuxième partie Sept ans se sont écoulés entre le premier Wedding Nightmare et cette suite mais Grace, elle, n’a pas bougé d’un iota. Assise sur les marches du perron de la somptueuse demeure des Le Domas en robe de mariée ensanglantée, elle pensait en avoir fini des chasses à l’épouse et des caches-caches meurtriers. Pourtant, son repos ne sera que de courte durée… À peine s’est-elle sortie des griffes de sa riche belle-famille que le duo de réalisateurs la replonge immédiatement dans un jeu d’une autre envergure, ne laissant de répit ni au spectateur, ni à la protagoniste. |
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Super Mario Galaxy, le film Après le méga carton de Super Mario Bros., le film (1,3 milliard de dollars de recettes dans le monde, plus de 7 millions d’entrées en France), la mise en place d’une franchise autour du célèbre plombier moustachu était inéluctable. Nous voilà donc face à l'étape suivante, une suite directe où le plombier repart pour une nouvelle aventure aussi saturée en couleurs qu’en clins d’oeil à son univers. |
Edouard Orozco |
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The Drama Pour ne pas trop gâcher la surprise, disons simplement que le drame au cœur de The Drama permet à Borgli de poursuivre une interrogation qui rôdait déjà dans Dream Scenario (film dans lequel un prof lambda joué par Nicolas Cage se mettait à apparaître dans les cauchemars de tout un chacun), et qu’on pourrait résumer ainsi : "peut-on être condamné pour ses pensées ?". |
Frédéric Foubert |
| 3 | Silent friend Un arbre gigantesque qui surplombe le jardin botanique de l'Université de Marbourg tient le rôle central du nouveau Ildikó Enyedi (Mon XXème siècle, L’Histoire de ma femme…). Un arbre témoin des trois histoires que la cinéaste hongroise va ici entremêler. Une jeune scientifique qui tente de se faire une place dans un monde universitaire alors uniquement masculin, en 1908. Un étudiant qui s’éveille tout à la fois à l’amour et au monde mystérieux des plantes en 1970. |
Thierry Chèze |
| 2 | Derrière les palmiers Huit ans après Sofia, son premier long métrage, Meryem Benm’Barek récidive avec cette œuvre sélectionnée lors du dernier Festival de Marrakech. Et offre une image réaliste du Maroc d’aujourd’hui et de ses normes culturelles. Cette fois, elle porte à l’écran les amours compliquées de Mehdi (Driss Ramdi), ouvrier dans l’entreprise de construction de son père. Alors qu’il pensait faire sa vie auprès de Selma, il croise Marie (Sara Giraudeau), la fille des propriétaires français d’une luxueuse villa qu’il retape. |
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| 4 | Nuestra tierra Un meurtre a eu lieu. Mais difficile de comprendre comment, dans le brouillard de pixels censé servir de pièce à conviction. Le 12 octobre 2009, Javier Chocobar, membre de la communauté indigène Chuschagasta, a été abattu par trois hommes qui revendiquent la propriété de ses terres de la province de Tucuman, dans le Nord de l’Argentine. Le crime, filmé par l’un des assaillants, a entraîné un procès, filmé à son tour par Lucrecia Martel. |
Frédéric Foubert |
| 4 | Nuestra tierra Un meurtre a eu lieu. Mais difficile de comprendre comment, dans le brouillard de pixels censé servir de pièce à conviction. Le 12 octobre 2009, Javier Chocobar, membre de la communauté indigène Chuschagasta, a été abattu par trois hommes qui revendiquent la propriété de ses terres de la province de Tucuman, dans le Nord de l’Argentine. Le crime, filmé par l’un des assaillants, a entraîné un procès, filmé à son tour par Lucrecia Martel. |
Frédéric Foubert |
| 4 | Holding Liat Raconter le 7 octobre 2023 est chose particulièrement périlleuse. D’autant plus quand on choisit de le narrer à hauteur d’homme. Comment réussir à ne tomber ni dans le parti pris, ni dans le misérabilisme ? |
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| 1 | Dolly Macy part randonner dans la forêt avec son compagnon Chase (Seann William Scott), bien décidé à la demander en mariage. Leur escapade tourne court lorsqu’ils croisent Dolly, une femme gigantesque portant un masque de poupée en porcelaine, qui massacre Chase d’un sale coup de pelle avant d’enlever la jeune femme. |
François Léger |
| 3 | Hélène tresore internationale Femme trans, candidate à l’IDHEC, prostituée, actrice chez Godard, militante anarchiste, membre du Front homosexuel d’action révolutionnaire, des Gazolines et du groupe Act Up-Paris, journaliste chez Libération, séropo, mélomane à l’antenne de France Culture… Hélène Hazera, c’est tout cela à la fois. Tendre récit de vies et de luttes que ce documentaire où le “tu” est d’usage, portrait jusqu'aux dessous (littéralement) d’une pionnière qui aura dédié sa vie aux concepts de tolérance et de liberté. |
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Yellow letters On a découvert Ilker Çatak en 2023 avec La Salle des profs, le premier de ses longs métrages à avoir été distribué en France. Un thriller haletant qui décrivait avec une grande pertinence le quotidien complexe des enseignants aujourd’hui et avait fini nommé à l’Oscar du film en langue étrangère. Avec Yellow letters, Çatak continue de raconter notre époque et ses tourments. Il scrute ici le pays dont est originaire sa famille et où il a lui-même passé une partie de sa jeunesse : la Turquie. |
Thierry Chèze |
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Plus fort que moi Plus fort que moi a bénéficié d’un coup de pub inattendu lors de la dernière soirée des BAFTA (les Oscars britanniques), quand John Davidson, l’homme dont ce film raconte l’histoire, s’est mis à proférer à tue-tête le « N-word » à l’adresse de deux acteurs de Sinners, Michael B. Jordan et Delroy Lindo. Le public n’en a pas cru ses oreilles, et Davidson, lui, s’est ensuite dit mortifié qu’on puisse penser qu’il est raciste. S’il hurle des insanités, c’est « plus fort que lui ». |
Frédéric Foubert |
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They will kill you Six ans après sa sortie, Wedding Nightmare fait des petits. Il y a d’abord la suite officielle, Wedding Nightmare : deuxième partie, en salles le 8 avril, et puis, dès aujourd’hui, ce drôle de rejeton, They Will Kill You, qui ne parle pas du tout d’une nuit de noces qui tourne mal, mais reprend le concept d’une partie de cache-cache mortelle entre une jeune femme enfermée dans une immense demeure et des poursuivants sanguinaires lancés à ses trousses. |
Frédéric Foubert |
| 3 | Lupin the 3rd: la lignée immortelle Né sous le crayon de Monkey Punch, Lupin III traîne son élégance canaille depuis 1967, entre mangas, séries et films. Les ombres tutélaires de Hayao Miyazaki et Seijun Suzuki n’ont pas effrayé le réalisateur Takeshi Koike, qui est parvenu à imposer son style dans une trilogie ciné qu’il boucle aujourd’hui. La Lignée immortelle met en scène le petit-fils d’Arsène Lupin et ses compagnons, en quête d'une île mystérieuse des Bermudes, absente de toutes les cartes. |
François Léger |
| 2 | La Couleuvre noire Reconnaissons au français Aurélien Vernhes-Lermusiaux le goût de l’aventure. Son premier long-métrage, Vers la bataille (2019), nous embarquait au cœur d’une nature hostile au fin fond du Mexique au 19e siècle dans une sorte de survival métaphysique. La Couleuvre noire investit cette fois la terre ocre et argileuse du désert colombien, promesse là-aussi d’une sidération voire d’une élévation de l’âme. Il est d’ailleurs question d’un linceul, celui de la mère du protagoniste qui veut retrouver la terre de ses ancêtres. |
Thomas Baurez |
| 2 | Julian Pour son premier long métrage, Cato Kusters a décidé de porter à l’écran le livre autobiographique de Fleur Pierets, récit de la décision qu’elle avait prise avec sa compagne Julian de se marier non seulement chez elles en Belgique mais aussi dans tous les pays qui autorisent l’union entre deux personnes du même sexe. Un geste aussi passionnel que militant que viendra hélas tragiquement percuter la maladie incurable décelée chez Julian. |
Thierry Chèze |
| 2 | L'Île de la demoiselle Révélé à la Semaine de la Critique en 2007 avec Voleurs de chevaux, Micha Wald n’a jamais totalement confirmé les espoirs placés en lui. Il a même fallu attendre 17 ans pour découvrir son troisième long métrage, centré sur la figure de Marguerite de la Rocque et son destin tragique. Quand, en 1542, promise à son oncle vice-roi du Canada et commandant de l’expédition vers le Nouveau Monde dans laquelle il l’a conviée, elle est violée par un homme de l’équipage et abandonnée enceinte, avec ce dernier et sa servante sur une île déserte, quand sa grossesse est découverte. |
Thierry Chèze |
| 3 | L'Odyssée de Céleste Plus touche-à-tout que Kid Koala, alias Eric San, il n’y a pas. Compositeur, DJ, producteur de théâtre, il est aussi l’auteur-illustrateur de plusieurs romans graphiques et ajoute ici une nouvelle corde à son art : la réalisation. Pour cette première incursion derrière la caméra, il choisit de porter à l’écran Space Cadet, sa BD publiée en 2011. Et propose un fort joli conte sans dialogues autour de Céleste et un robot avec qui elle vit seule depuis le décès de sa mère. |
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| 4 | Une jeunesse indienne-Homebound Présenté dans la sélection Un certain regard lors du dernier Festival de Cannes, le deuxième long métrage de Neeraj Ghawan démontre un incroyable talent à émouvoir les spectateurs tout en abordant la réalité sociale de son pays, avec des personnages singuliers parfaitement campés. A se sentir à ce point transporté du début à la fin par le destin de ces deux amis d’enfance qui croient voir dans le concours de police d’Etat le moyen d’échapper au carcan des castes, on comprend pourquoi Martin Scorsese en personne a voulu produire le film. |
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| 3 | Plus forts que le diable C’est un retour qu’on n’attendait plus tant après des débuts prometteurs en 1997 avec Le Ciel est à nous, Graham Guit n’avait jamais confirmé les espoirs placés en lui avant de sembler raccrocher définitivement en 2008 avec le transparent Hello Goodbye. Mais un retour en fanfare ! Comme si Guit signait ici un nouveau premier film, poussant tous les curseurs au maximum en termes de farce burlesque virant au jeu de massacre qui assume à 1000% son côté Z. |
Thierry Chèze |
| 2 | Les Saisons Le moins que l’on puisse dire de ce documentaire de Maureen Fazendeiro (scénariste sur le Grand Tour de Miguel Gomes, 2024), c’est qu’il prend son temps. La caméra s’attarde au milieu des troupeaux de chèvres, se perd dans la végétation, dans les profondeurs des dolmens, capture les effets du vent et du soleil sur la pierre et les herbages, s'épanouit dans la distance, le silence, la pesanteur. Vestiges épistolaires, images d’archives et récits oraux viennent agrémenter un portrait organique, vaporeux et volontairement disloqué. |
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Ceux qui comptent On était intrigué d’assister à la première rencontre à l’écran de Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. Et ce sous l’égide de Jean-Baptiste Leonetti qui, après le dystopique Carré blanc et le thriller Hors de portée avec Michael Douglas s’aventure pour la première fois sur le terrain de la comédie émouvante et sociétale. Mais Ceux qui comptent rappelle que ce genre-là nécessite une mécanique de précision ici aux abonnés absents. Leonetti raconte sur fond de galère financière galopante la rencontre de deux solitudes. |
Thierry Chèze |
| 1 | Les Fractures invisibles Clignez des yeux, et vous risquerez de perdre le fil de l’intrigue. Avec ses dizaines de rebondissements rocambolesques à la minute, Les Fractures invisibles réussit l’impossible : regrouper pas moins de cinq genres cinématographiques. Jean-Michel Loutoby s’essaye au coming of age, au drame familial, à la tragédie sociale, au film de procès et même à l’enquête policière. Le point de départ de ce scénario bric-à-brac ? Dylan, jeune martiniquais et étudiant en médecine qui désire changer de voie au grand désarroi de son papa chirurgien. |
Lucie Chiquer |
| 3 | Love on trial Aux rêves capitalistes d’une pop mondialisée capable de toucher des milliards (de personnes, de dollars), Love on trial répond par la spécificité culturelle. S’il existe bel et bien une scène J-Pop (pop japonaise) qui s’exporte à l’international, elle répond à des règles nationales, dont une, choquante pour l’occidental non-averti : le contrôle par les agents de la vie intime des artistes. Kôji Fukada (Au revoir l’été) illustre cette atteinte à la vie privée en partant d’affaires survenues au Japon ces dernières années. |
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Anemone-Les Racines du mensonge Quand Daniel Day-Lewis a annoncé son départ à la retraite en 2017 (au moment de Phantom Thread), les cinéphiles ont réussi à garder leur sang-froid : ils savaient tous qu’il finirait par changer d’avis. Il nous avait déjà fait le coup dans les années 2000, abandonnant un temps l’art dramatique au profit de la cordonnerie. C’est cette fois-ci son propre fils, le réalisateur débutant Ronan Day-Lewis, qui l’a convaincu de revenir aux affaires. Et il est d’ailleurs question dans Anemone d’une affaire de famille et d’un père s’étant retiré du monde. |
Frédéric Foubert |
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Les Filles du ciel “Vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas”, chantait le poète. En voici un joli échantillon, signé Bérangère McNeese, qui fusionne, dans ce premier long-métrage, ses deux courts précédents (Le Sommeil des Amazones et Matriochkas). C’est aussi de la douceur que son héroïne (Héloïse Volle), 14 ans, placée en foyer d’accueil, glane où elle peut. Dans les bras prédateurs de son éducateur, d’abord. |
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Un jour avec mon père Pendant que les enfants jouent dehors, papa cherche sa montre. D’inspiration autobiographique, Un jour avec mon père condense en « une journée particulière » (celle des premières élections présidentielles du Nigéria en 1993 depuis le coup d’État de 1983) le rapport complexe empreint de mystère qu’entretiennent deux frères avec leur père. Pourtant très court, le film fait preuve d’une densité plutôt rare, aidée par un montage gracieux et d’une réflexion tortueuse sur le passage et les dilatations du temps. |






