Et on retourne à Gilead. Quelques années plus tard l’empire patriarcal est toujours debout. La nouvelle série met la lumière sur l'intérieur du régime, en suivant les futures épouses, de jeunes héroïnes en quête de liberté. Un fascinant thriller, même si la puissance politique de l'original a un peu disparu.
L’histoire se répète. The Handmaid’s Tale, récit éreintant étalé sur six saisons et conclu sans véritable satisfaction, revient aujourd’hui avec une suite qu'il aurait sans doute été plus honnête d'appeler The Handmaid’s Tale – Saison 7. Car The Testaments est en réalité le chapitre suivant. Quelques années plus tard, certes, mais June (Elisabeth Moss) est toujours là, au Canada, à la manoeuvre pour permettre à Mayday de poursuivre son action contre Gilead. Parce que Gilead aussi est encore là. Malgré la défaite de Boston (au cœur du final de la série précédente), l’empire est toujours debout. Et l’empire contre-attaque. Les Commandants ont regroupé leurs forces quelques centaines de kilomètres plus au sud, sur la côte Est. C’est là que sont élevées les jeunes filles issues des bonnes familles du régime, celles vouées à devenir les épouses des futurs Commandants. Parmi elles, on trouve Agnes, héritière du puissant Commandant MacKenzie. Son vrai nom ? Évidemment Hannah Bankole, la fille volée à June (dans la saison 1) et élevée dans Gilead depuis son plus jeune âge. Suffisant pour être totalement embrigadée ?
Voilà la question de fond qui traverse cette suite portée par l'impressionnante Chase Infiniti. L'actrice de 25 ans, qui jouait la fille de Leonardo DiCaprio dans Une Bataille après l'autre, trouve une nouvelle figure rebelle à incarner. Magnétique, charismatique, elle reprend la saga sur ses épaules pour raconter la puissance de l'endoctrinement face aux envies de libertés. The Testaments trouve justement sa force dans ce point de vue de jeune adulte, centrant l’histoire sur ceux qui n’ont jamais connu autre chose que l’autoritarisme, mais qui commencent à trouver le courage d’agir. La série appuie sur ce contraste : la banalité du quotidien fasciste, les règles absurdes du régime, et les jeunes femmes qui naviguent entre normes sociales adolescentes et sadisme institutionnalisé. Un drôle de mélange entre Gossip Girl et The Handmaid’s Tale, qui donne naissance à un récit fascinant et dérangeant à la fois. Une nouvelle voix vivifiante dans cet univers inflexible.
L’écriture est toujours aussi efficace (même si elle trop souvent didactique) et la production indéniablement soignée. L'atmosphère étouffante parvient encore à capturer l’horreur de Gilead tout en la rendant accessible à un public Gen Z. Mais la question devient alors : peut-on encore être choqué par Gilead ? Plus vraiment au fond. La puissance émotionnelle des premières heures de The Handmaid's Tale n'est plus. Son impact politique a réduit comme peau de chagrin. Ne reste plus qu'un thriller d'infiltration au coeur d'un régime patriarcal démesuré, pour offir à ces filles conditionnées une chance de retirer leurs œillères. Rien de nouveau, vraiment, sous le soeil de Gilead.
The Testaments, saison 1, à voir sur Disney+ à partir du 8 avril 2026.







Commentaires