Predator Killer of Killers
Disney

Un voyage animé sanglant à travers le temps, mêlant une esthétique stylisée à des scènes d’action impressionnantes. Et au bout de cette abondance de carnage, une extension amusante de la mythologie.

Imaginée il y a plus de 40 ans, la créature conçue par Stan Winston continue de faire des petits.

Predator revient aujourd'hui sur Disney Plus pour son 8e film, le premier à jouer la carte de l'animation. Et force est de constater que ça lui va à ravir !

Dans ce nouveau volet, on voyage à travers le temps, pour assister à trois affrontements sur Terre : un Predator contre une Viking en Europe du Nord, un Predator contre un ninja en plein Japon féodal et un Predator aérien contre un pilote de chasse américain de la Seconde Guerre mondiale... Très vite, on comprend que son titre, Killer of Killers, fait référence au statut recherché par les monstres venus des étoiles : ils aspirent à vaincre les tueurs les plus dangereux de chaque planète, afin de devenir le sommet absolu de la chaîne alimentaire, l’ultime apex. Et suivant les périodes, ils choisissent leurs adversaires...

Le format est, intrinsèquement, quelque peu répétitif (un Predator débarque sur Terre, se cache pour analyser de la situation et engage le combat à mort), mais il est diablement efficace.

Predator
Disney

Dan Trachtenberg, qui a repris en main la saga avec le réussi Prey (2022), signe un film d'animation impressionnant rempli d’action sanglante. Décapitations, crânes écrasés, corps démembrés… le carnage explicite est omniprésent dans ces trois histoires chargées d’une solennité dramatique. Cette violence intense et les litres de sang versé profitent clairement du médium. Oui, l'animation va comme un gant au Predator, qui peut y aller à fond, sans retenue. Evidemment, cela fait moins peur qu'à l'époque de John McTiernan. On est plus dans une folie visuelle excessive fun et débridée. Mais ce gore-là aurait sans doute été trop extrême en prises de vues réelles, possiblement insupportable à regarder pour certains. En animation, le massacre reste brutal, mais moins traumatisant.

Pourtant, l'animation (entièrement numérique) de Killer of Killers n'est pas celle d'un cartoon lambda. Trachtenberg assume un style appuyé, presque illustratif, une esthétique soignée dotée de textures visuelles riches, qui se met au service d'un récit affûté qui s'amuse avec les codes de la saga (une foule de nouvelles armes mortelles font leur apparition).

Predator Killer of Killers
Disney

Il ne faut pas en faire trop non plus : Predator : Killer of Killers fait d'abord du Predator. Les enjeux émotionnels de ces petites histoires peinent à exister face au spectacle total. Mais quand même, les personnages écrits par Trachtenberg ont une certaine épaisseur et en prime, le nouveau boss de la franchise ose aller encore plus loin en étendant la mythologie du monstre. Dans un dernier chapitre surprenant qui se déroule sur leur planète, son film nous présente le chef, le leader de la meute et ouvre grand la porte à la continuation de la saga... qu'il poursuivra dès novembre prochain, en live action avec Predator: Badlands, un nouveau film porté par Elle Fanning

En attendant, Killer of Killers est peut-être le meilleur Predator depuis l’original de 1987. A minima, c'est une addition utile à la franchise.

Predator : Killer of Killers, de Dan Trachtenberg, à voir sur Disney Plus en France depuis le 6 juin 2025.