Le Retour du projectionniste de Orkhan Aghazadeh
Survivance

Pour son premier long métrage, Orkhan Aghazadeh signe un documentaire aussi malicieux qu'émouvant dans les pas d'un octogénaire azerbaidjanais tentant de faire revenir le cinéma dans son petit village.

Né en 1988 en Azerbaïdjan, Orkhan Aghazadeh a appris le cinéma à Londres et c’est en retournant dans son pays tourner son court-métrage de fin d’études qu’il a fait la rencontre par hasard de Samid, un vieux projectionniste de l'époque soviétique, qui entend faire revenir le septième art dans le village au fin fond de nulle part où il vit. Sans se douter alors que, comme ses producteurs français de Kidam, séduit par son court, lui suggèrerait, quand il leur parle de Samid, d’en faire le sujet de son premier long métrage. 

Un documentaire teinté de fiction - il a a demandé parfois à ceux qu’on voit dans sa caméra de « rejouer » des moments qu’ils ont vécues et qu’ils lui ont racontées - qui nous entraîne au cœur d’un village reculé des montagnes Talyches, quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. Et plus précisément dans les pas donc de cet octogénaire qui rêve de pouvoir remettre en route le vieux projecteur soviétique qu’il possède pour réunir tous les habitants de ce hameau devant un grand écran.

Sa quête – à laquelle va s’adjoindre un jeune cinéphile… et très vite quasiment tous les villageois – donne naissance à ce film malicieux et émouvant, sorte de pendant du Cinema Paradiso de Tornatore, l’idée de transmission en plus mais avec ce même désir chevillé au coeur de célébrer le septième art et surtout l’impact que peut avoir le cinéma sur les vies de chacun, cinéphile pointu comme profane absolu. Le tout en 80 minutes menées sans temps mort et fourmillant tant d’idées et de rebondissements qu’on se croit régulièrement au cœur d’une fiction, imaginée par la crème des scénaristes.

De Orkhan Aghazadeh. Durée : 1h20. Sortie le 21 janvier 2026


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