Affiches Sorties de la semaine du 30 juillet 2025
Universal/ Sony/ Condor

Ce qu’il faut voir en salles

L’ÉVÉNEMENT
LES BAD GUYS 2 ★★★★☆

De Pierre Perifel

L’essentiel

Pierre Perifel livre une suite qui surpasse l’épisode précédent sur tous les plan, prouvant qu'on peut faire du divertissement familial intelligent sans sacrifier ni l'action ni l'inventivité visuelle. L'un des sommets de l'histoire de Dreamworks

Trois ans après leur rédemption, nos animaux criminels préférés galèrent à trouver leur place dans la société. Difficile de décrocher un job quand on a inscrit "braqueur notoire" sur son CV ! Mais quand une mystérieuse équipe féminine - les Bad Girls - sème le chaos, M. Loup et sa bande sont contraints de sortir de leur retraite pour "un dernier coup". L'occasion rêvée de prouver qu'ils ont définitivement tourné la page. Pierre Perifel livre une suite qui surpasse l’épisode précédent sur tous les plans, multipliant les clins d'œil savoureux à Mission: Impossible, aux James Bond ou aux thrillers hitchcockiens. Visuellement, c'est un festival. Perifel et son équipe explorent tous les registres avec une audace folle : plans à la Miyazaki pour les scènes de casse, esthétique comics pour certaines poursuites, 3D sophistiquée pour l'action… Cette hybridation constante n’a rien de gratuit, puisqu’elle sert l'ADN hybride d'un film qui avance constamment entre l’animation familiale et le pur film de genre. Avec Bad Guys 2, DreamWorks signe une de ses meilleures suites (voire l’un de ses meilleurs longs animés tout court), prouvant qu'on peut faire du divertissement familial intelligent sans sacrifier ni l'action ni l'inventivité visuelle.

Gaël Golhen

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PREMIÈRE A BEAUCOUP AIME

SUBSTITUTION - BRING HER BACK ★★★★☆

De Danny et Michael Philippou

Après le carton-surprise de La Main en 2022, les frères (jumeaux) Philippou, nés en 92, auraient pu choisir la facilité en enchaînant avec une suite directe. Mais ils ont eu la riche idée de préférer se lancer dans un récit horrifique chuchoté qui cite aussi bien Jack Clayton que Shyamalan ou Simetierre. On y suit un post-ado et sa petite (belle) sœur placés dans un foyer d'accueil après la mort soudaine du papa. L'endroit est administré par une ancienne psy, qui a perdu sa fille quelques années plus tôt et s'est mise à recueillir des gamins comme Noé empilait les animaux dans son arche. Elle est interprétée par la toujours épatante Sally Hawkins, ici tout en majesté bipolaire, à la fois brindille sous Xanax et colosse hyperactif. Pendant une heure, et avant que la mécanique du thriller ne reprenne ses droits, les Philippou vont se contenter d'observer leur actrice tenir les rênes de ce mélodrame pluvieux qui ne ressemble à rien de connu dans le paysage de l'horreur contemporaine.

Romain Thoral

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PREMIÈRE A AIME

TOUCH - NOS ETREINTES PASSEES ★★★☆☆

De Baltasar Kormakur

Kristófer, veuf islandais, apprend qu'il développe Alzheimer. Désormais, une seule obsession : retrouver Miko, son premier amour disparu cinquante ans plus tôt. En mars 2020, malgré la pandémie, le vieil homme (Egill Ólafsson, bouleversant) s'envole pour Tokyo. En flashbacks, le jeune Kristófer (Pálmi Kormákur) abandonne ses études londoniennes pour devenir plongeur dans un restaurant japonais. Il tombe amoureux de Miko (Kōki), la fille du patron, avant que la famille disparaisse brutalement. Habitué au registre de l'action, Kormákur maîtrise ici l'art du mélo assumé. Sa mise en scène évanescente joue des contrastes et compose des tableaux où la sensualité de la nourriture devient métaphore amoureuse. Si le rythme s'emballe lors des révélations finales, Touch reste un voyage émouvant sur l'acceptation du temps qui passe. Plus qu'une histoire de retrouvailles, un film sur la grâce du souvenir et la beauté immarcescibles des gestes simples.

Pierre Lunn

TRANSAMAZONIA ★★★☆☆

De Pia Marais

De la cinéaste sud-africaine Pio Marais on avait vu A l’âge d’Ellen en 2012, un drame qui voyait une jeune femme en rupture quitter les rives de sa condition pour s’engager dans une quête supposément rédemptrice. Transamazonia ausculte avec force un même cheminement y ajoutant une dimension magique fascinante. La jeune Rebecca, seule survivante d’un crash d’avion en pleine forêt amazonienne est devenue guérisseuse dans la région. Le père, chef d’une mission ultra-chrétienne prosélyte, met en scène ses miracles auprès d’une population locale dépendante de ses biens-faits. Bientôt l’arrivée de bûcherons agressifs va obliger Rebecca à mettre ses dons au service d’une cause qui pourrait la dépasser. La beauté du film réside dans cette façon dont la cinéaste fait du visage de son héroïne dont certains stigmates révèlent une étrangeté (monstruosité ?), le territoire sensible de ce drame qui évoque lointainement L’Apparition de Xavier Giannoli (2018). Fort. 

Thomas Baurez

RYUCHI SAKAMOTO, OPUS ★★★☆☆

De Neo Sora

Comme deux vieux amis, Ryuichi Sakamoto et son piano se tiennent au centre du légendaire studio 509, une pièce sombre avec quelques jets de lumière. Rapidement, les touches de l’instrument s'emballent, libérant les notes de musique qui nous font voyager. La destination ? Une rétrospective de l'œuvre variée du célèbre compositeur nippon, disparu en 2023 à 71 ans, qui a contribué à plusieurs grands classiques du cinéma comme Furyo et Le Dernier Empereur. Dans ce documentaire posthume filmé en noir et blanc, ce génie de la scène musicale japonaise se raconte avec sincérité en interprétant vingt morceaux de son répertoire, seul au piano. A huis clos et devant la caméra de son fils, il livre son ultime performance, transpirant l'honnêteté et dévoilant sans états d'âme ses moindres faiblesses, quelques mois avant sa disparition. Ce récit poétique - d’une délicatesse infinie - parvient parfaitement à restituer avec simplicité et émotion, le grand final de l’artiste, avec seulement quelques notes de piano dans un instant crucial où les mots n’ont plus leur place.

Marie Janeyriat

PERLA ★★★☆☆

De Alexandra Makarova

Au début des années 80, Perla qui a fui illégalement la Tchécoslovaquie, a réussi à reconstruire sa vie à Vienne. Jusqu’à ce que ce passé ressurgisse quand son mari qu’elle avait prétendu mort, la recontacte et ment sur sa santé pour qu’elle retraverse le rideau de Fer et vienne le voir une dernière fois. Inspirée par l’histoire de sa famille, Alexandra Marakova raconte ce voyage que Perla entreprend avec sa fille et son nouveau compagnon avec un sens des rebondissements et une écriture fouillée de chaque personnage qui donnent naissance à un suspense haletant de bout en bout.

Thierry Cheze

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PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIME

GANGS OF TAIWAN ★★☆☆☆

De Liu Wei Chen

Découvert lors de l’édition 2024 de la Semaine de la Critique cannoise, ce premier long métrage met en scène l’itinéraire d’un jeune Taïwanais, employé dans un restaurant le jour et racketteur en bande la nuit, dont le rachat de l’établissement où il travaille par un homme d’affaire véreux va l’obliger à sortir de l’ombre et affronter son propre gang. Derrière la caméra, Keff séduit par la beauté de la mise en images de ce thriller noir qui raconte en creux la situation politique explosive entre Taïwan et la Chine. Mais il convainc moins dans la conduite de son scénario, souvent inutilement confus avant de devenir trop prévisible et tirant à la ligne pour tenir 2h15 bien longuettes. N’empêche, on a envie de suivre son parcours dans les années à venir.

Thierry Cheze

ETERNAL ★★☆☆☆

De Ulaa Salim

L’amour à l’épreuve du temps et pourquoi pas à celui du dérèglement climatique. Où comment un jeune scientifique embarqué dans une mission sous-marine se retrouve confronté à une faille terrestre et voit sa conscience refaire le chemin d’une vie sentimentale laissée à la surface. Le récit à la complexité revendiquée s’évertue à nous perdre pour mieux interroger la valeur des sentiments (et oui ici aussi !) Un film charmant entre romcom’ sensible et fantastique doux, à la mise en scène inspirée.

Thomas Baurez

 

PREMIÈRE N’A PAS AIME

SAM FAIT PLUS RIRE ★☆☆☆☆

De Ally Pankiw

Trop méconnue en France (aucun des films qui l’ont révélée, Shivababy, Bodies bodies bodies et Bottoms n’y est sorti en salles), l’irrésistible Rachel Sennott est la raison majeure d’aller à la découverte de ce Sam fait plus rire. Et même… la seule ! Elle y tient le rôle- titre, une jeune fille au pair, humoriste de stand up souffrant d’un stress post- traumatique l’empêchant de remonter sur scène que la disparition de l’ado dont elle s’occupait replonge dans ce qu’elle cherche à chasser de sa mémoire. Confus dans sa gestion des flashbacks et des flashforwards, entretenant un suspense plus que maladroit sur ce qu’a vécu Sam, ce film rate au fond tout ce que réussit Sorry, baby (voir page 88) sur le même sujet. Ally Pankiw passe trop de temps à tourner autour du pot et à chercher un équilibre entre l’humour caustique de Sam et les traums liés à l’agression sexuelle dont elle a été victime pour prendre ce qui constitue le coeur de son récit à bras le corps. Frustrant.

Thierry Cheze

 

 

Et aussi                                                                                                                    

Dracula, de Luc Besson

Les reprises                                                                                                             

The African Queen, de John Huston

Moulin Rouge, de John Huston

Plus fort que le diable, de John Huston

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