GALERIE
Gaumont

Un grand film qui avait réuni près d'un million de spectateurs en salle et triomphé aux César 2022.

A quelques semaines de la sortie de son nouveau long-métrage, Les Rayons et les ombres (avec Jean Dujardin), France 3 rediffuse ce lundi soir le précédent film de Xavier Giannoli, Illusions perdues (dispo en streaming dès le lendemain sur France.TV), qui avait fait un triomphe lors des César 2022. Son interprète principal, Benjamin Voisin, est lui pressenti pour remplacer Raphaël Quenard dans le biopic de Johnny Hallyday... Notre critique :

Avec Illusions perdues, Xavier Giannoli porte sur grand écran le roman de Balzac pour en révéler la perfide actualité et laisse parler la force imparable de sa mise en scène. Un film impressionnant, sorti au cinéma en octobre 2021, qui a depuis triomphé aux César et qui est à (re)voir ce week-end à la télévision.

Balzac, terreur des collégiens accablés sous les poids de ses descriptions, est très soluble dans le cinéma. Pour preuve, après Eugénie Grandet de Marc Dugain le mois dernier, voici Illusions perdues de Xavier Giannoli, déboulonnage en règle du petit monde du journalisme parisien sous la Restauration. La grande question à chaque adaptation est bien-sûr de pointer l’actualité criante du texte.

Illusions perdues
Roger Arpajou - Curiosa Films - Gaumont

Giannoli n’y va pas par quatre chemins et use d’une voix-off omniprésente pour asséner l’adage du « tous pourris » traversant les siècles. C’est édifiant forcément et bien malin celui qui pourrait lui apporter la preuve du contraire. Rappelons que Marguerite, son opus précédent, voyait déjà une naïve trop généreuse obtenir les faveurs de pique-assiettes. Giannoli est tiraillé par cette notion du paraître qui peut voir un chanteur de bal, un bon bougre ordinaire ou encore un escroc tragique, se prendre les pieds dans la lumière artificielle du réel.

Le cinéaste lui-même, serait-il un peu de ceux-là, la fiction lui permettant par un jeu de miroir de remettre un peu les choses à l’endroit ?  Si Illusions Perdues est un film passionnant, il le doit moins à la prose réinventée de Balzac qu’à la force de son inspiration de cinéaste. La mise en scène impressionnante de maîtrise construit et déconstruit dans un même geste un solide édifice dans lequel le monde, devenu théâtre, est peuplé de fragiles marionnettes. On soulignera enfin la prestation tout en finesse de Benjamin Voisin, formidable dans la peau de Lucien de Rubempré, jeune homme (é)perdu sur lequel se cristallise toutes nos illusions.