Green Book
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Le co-réalisateur de Mary à tout prix signe un roadmovie émouvant et souvent burlesque.

Green Book vient de remporter trois Golden Globes : meilleure comédie ou comédie musicale, meilleur acteur dans un second rôle pour Mahershala Ali et meilleur scénario pour le réalisateur Peter Farrelly et ses complices Nick Vallelonga et Brian Currie. Nous publions donc notre critique, qui figure dans le 492e numéro de Première, actuellement dans les kiosques (avec les acteurs du Chant du loup en couverture) :

Pour son premier long en solo, Peter Farrelly signe une réflexion sur le racisme, entre gravité et humour porté par le duo Mortensen-Ali.

Green Book est l’histoire vraie du Dr Don Shirley, grand pianiste classique noir qui entreprit une tournée dans les années 60 dans le Sud ségrégationniste accompagné de son chauffeur blanc, Tony Lip, et du Green Book, qui listait les endroits où les Afro-Américains avaient le droit de dormir et de manger. Sur le papier, ce roadmovie historique a tout pour être un récit édifiant plein de bons sentiments. Une sorte de Miss Daisy et son chauffeur à l’envers. Mais Peter Farrelly emmène le sujet plus loin. D’abord en choisissant des interprètes inattendus. Viggo Mortensen en videur de boîte de nuit italien, parlant comme De Niro, c’est osé. On n’a pas souvent l’habitude de le voir dans un emploi comique, son petit sourire de côté et son ton original faisant passer les pires horreurs. Mahershala Ali (Moonlight) se révèle tout aussi surprenant en virtuose de la musique pétri d’habitudes et incapable de se lâcher. On reconnaît ici la touche Farrelly et sa capacité à faire des situations du quotidien des scènes burlesques. Et puis, il y a l’autre versant du film, plus émouvant, celui où l’on découvre les aberrations d’une Amérique qui humilie les Noirs. La force de Green Book est de montrer que le racisme ne vient pas forcément des suprémacistes blancs enrôlés au Ku Klux Klan, mais d’hommes de bonne volonté éduqués sur des mauvais principes. En cela, il est un message d’espoir.

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