Énorme casting pour cette nouvelle mini-série Apple qui dissèque une famille pas tout à fait comme les autres, mais vraiment formidable.
Il confirme qu'il est bien l'un des auteurs les plus pertinents de la télé américaine. Et offre au passage à sa femme, Michelle Pfeiffer, l'un de ses meilleurs rôles depuis un bail.
David E. Kelley adapte le roman de Rufi Thorpe. Le créateur d’Ally McBeal, Big Little Lies, The Undoing (HBO) et plus récemment Présumé Innocent (Apple TV) signe une nouvelle mini-série de prestige captivante, autour d'une jeune héroïne paumée, drôle malgré elle, et constamment au bord du précipice. Margo, apprentie écrivaine, fréquente une petite fac régionale et entretient son rêve tout en payant ses factures avec un boulot de serveuse. Mais sa vie déraille quand elle tombe enceinte de son prof de littérature. Envers et contre tout, Margo décide de garder ce bébé. Très vite, les galères la rattrapent. Et Margo n'a aucun filet de sécurité. Elle finit par ouvrir un compte sur OnlyFans...
Fraîchement nommée aux Oscars pour Valeur sentimentale (de Joachim Trier), Elle Fanning crève le petit écran en incarnant Margo a des problèmes d'argent. Un titre pour le moins édifiant, pour cette série qui autopsie le quotidien si compliqué d'une certaine Amérique qui lutte continuellement pour joindre les deux bouts. Elle campe une jeune mère débordante de sincérité, aussi bordélique qu’attachante, qui accumule les mauvaises décisions avec une candeur désarmante, fauchée, et entourée d’adultes à peine plus stables qu’elle. Fanning n’hésite pas à s’abandonner pleinement au rôle, à exposer son corps et à embrasser sans retenue la dimension charnelle de Margo, revendiquant une nudité omniprésente et des séquences intimes frontales, sans jamais tomber dans le vulgaire.
Dans ce chaos intime, la série trouve aussi un contrepoint savoureux du côté de la famille, grâce à ses géniteurs, incarnés par Michelle Pfeiffer et Nick Offerman, délicieusement excessifs. Mamie obsédée par son apparence et sa jeunesse perdue et papy ex-star du catch sorti d'une cure de désintox', ils forment un duo de grands-parents pittoresques mais remarquablement nuancés.
Ce casting XXL fait des merveilles - avec en prime des apparitions de Nicole Kidman, habituée de l'univers de David E. Kelley - mais Margo a des problèmes d'argent ne se résume jamais à un simple défilé de stars. C’est autre chose. Un faux “dramedy” qui penche clairement du côté du chaos émotionnel : disputes à répétition, fatigue morale, et cette idée persistante que la parentalité, derrière ses rares moments de grâce, ouvre aussi des gouffres de doute et de solitude.
Drôle par éclats, puis soudainement déchirante, la série vaut surtout pour la richesse de ses personnages et la manière dont elle dynamite les schémas familiaux traditionnels.
Margo a des problèmes d'argent assume jusqu’au bout son sens de l’amoral, avec des personnages délicieusement établis en zone grise et confrontés à un monde plus binaire. Un contraste qui nourrit une vraie tension et donne à la série une densité inattendue, sans jamais chercher à simplifier ses contradictions.
Margo a des problèmes d'argent, mini-série en 8 épisodes, à voir sur Apple TV à partir du 15 avril 2026







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