Un meurtre va bouleverser les vies de trois meilleures amies vivant dans la société californienne cossue. Un soap déguisé en pseudo prestige drama. Déjà vu et déjà rincé.
Ras-le-bol de voir défiler les ersatz de Big Little Lies à la télé américaine.
Little Fires Everywhere, The Undoing, Why Women Kill ou, plus récemment, Autopsie d'un drame… La multiplication ad nauseam de ces drames autour de femmes riches, de mariages parfaits en apparence, de secrets qui explosent et qui aboutissent à une tragédie inévitable, le tout emballé dans le vernis soigné du “prestige drama”, sature le petit écran depuis une décennie. Le genre est usé jusqu’à la corde. Rincé. Et on est déjà épuisé avant même de regarder Kerry Washington, Elisabeth Moss et Kate Mara se tirer la bourre à Pasadena, banlieue chic de Los Angeles.
Parce que le pitch de Imperfect Women c’est ça : trois meilleures amies aux vies bien différentes se soutiennent coûte que coûte. L’une est la riche patronne d’une boîte philanthropique, l’autre est l’épouse d’un héritier de la finance, et la dernière est la moins riche femme d'un gentil prof de fac lambda. Mais un jour c'est le drame : l’une des copines est retrouvée morte. Qui l’a tuée ? On déroule le fil de ce whodunit sauce Desperate Housewives, en exposant un à un les secrets les plus inavouables de nos trois BFF et de leurs maris.
Tout est tellement énorme dans ces révélations qu’on finit par s’en amuser : la série - adaptée d’un roman d’Araminta Hall - n’est absolument pas à prendre au premier degré. On n’est pas (du tout) dans la peinture sociétale d’une certaine Amérique. D’ailleurs, ces personnages sont tellement surécrits, tellement fantasmés, qu’il est parfaitement impossible de s’identifier à qui que ce soit. On est dans la caricature fatiguée d’une resucée de Big Little Lies, au point où le mari pas très net de Pasadena, joué par Joel Kinnaman, ressemble spectaculairement au mari pas très net de Monterey, joué par Alexander Skarsgård.
On se bouche le nez. On rigole. On se moque. Et puis de fil en aiguille on finit par se prendre au jeu tant le soap est racoleur : les twists les plus grossiers s’enchaînent. Plus rien n’a de sens, mais ce n’est pas grave. On n’a qu’une envie : passer à l’épisode suivant pour voir quelle nouvelle confession sera exposée au grand jour. Comme on tournerait machinalement les pages d'un roman de gare. Imperfect Women, c'est est vraiment la définition pure et dure du “plaisir coupable”. Alors, saurez‑vous deviner qui a tué la riche femme au foyer ?







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