Anatomie d'un drame
HBO

Un bébé blessé, une amie médecin, un signalement aux services sociaux. Sur HBO Max, un nouveau drama qui ausculte la mère parfaite, porté par une insondable Diane Kruger.

Un simple passage aux urgences vire au cauchemar maternel.

Une nouvelle mini-série prestigieuse à l'intensité saisissante (développé par les Anglais de Fremantle) sort aujourd'hui en intégralité sur HBO Max en France. Autopsie d’un drame (titre VO : Little Disaster) débarque avec cette petite musique familière du thriller domestique “premium” au féminin. Une image léchée et une ambiance tendue, qui lorgnent ostensiblement du côté des Big Little Lies et autres Little Fires Everywhere, ces cousins interchangeables qui s’amusent à déconstruire le concept de la mère parfaite, tout en vendant du malaise en packaging chic.

Est-ce qu’on n’a pas déjà vu ça cent fois ?

Anatomie d'un drame
HBO

La surprise, c’est que Autopsie d’un drame s’en sort plutôt bien. Réalisée par l’Islandaise Eva Sigurðardóttir, la mini-série (six épisodes, donc une narration resserrée) coche d'abord toutes les cases du genre. La plupart des ressorts semblent nourris aux thrillers américains des dix dernières années. Mais l’exécution, elle, est suffisamment excitante pour redonner du souffle à un genre un peu rincé.

Le point de départ est un cauchemar parental total. Celui qui hante tous les parents : Jess, Américaine installée à Londres et mère au foyer idéale sous tous les angles, débarque à l’hôpital avec son bébé en pleurs. Par un hasard cruel, la petite Betsy est examinée par Liz, une amie (incarnée par Jo Joyner). La pédiatre croit d’abord à une consultation banale. Jess parle d’"un virus". Sauf que Liz découvre une fracture du crâne, signe d'une "violence physique importante". Elle fait admettre le bébé en soins intensifs. Et face aux incohérences grandissantes du récit de Jess, elle prend la décision la plus déchirante possible : signaler son amie pour suspicion de maltraitance infantile.

À partir de là, tout se fissure. La série remonte le temps, explore le fil d’une amitié qui finit mal. Pour mieux instiller le doute chez le spectateur. Alors qu'une enquête est ouverte, Jess est séparée de ses enfants. Le drame déchirant débute. La tension va crescendo. On est sur un fil. Jess est-elle une femme violente qui s'ignore ? Une mère dépassée qui a perdu le contrôle ? Ou au contraire une maman “trop parfaite” aux yeux des autres, accusée à tort parce que le système a besoin d’une coupable ? Diane Kruger est impeccable, assez solide et fragile pour rester illisible pendant six épisodes sans laisser filer d'indices. 

Le grand jeu de l'identification bat son plein. Est-ce que Liz a bien fait ? Qu'aurait-on fait à sa place ? Et nous ? Sommes-nous de bons parents ?

Ce n’est pas l’intrigue la plus originale. Mais Autopsie d’un drame est racontée avec plus de subtilité et de précision qu'il n'y paraît. La formule est éprouvée et s'avère ici très efficace et finalement assez juste au moment de se pencher sur la santé mentale maternelle.

Autopsie d’un drame, six épisodes, à voir sur HBO Max.


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