Jimmy Kimmel
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"C'est une bonne nouvelle pour l’Amérique”, s'est félicité le Président Donald Trump dans la foulée de l'annonce choc de la chaîne ABC.

Une tempête secoue les immuables late shows américains, temples de la libre expression de la télé de l'Oncle Sam.

Hier soir, Jimmy Kimmel a été mis à pied. La star du petit écran fait face à une controverse majeure après ses commentaires sur le meurtre de l’activiste conservateur Charlie Kirk, tué par balle à l’université Utah Valley. Suite à son monologue du lundi soir, où il critiquait les réactions politiques à ce drame, la chaîne ABC - propriété de Disney - a décidé de suspendre son émission, le Jimmy Kimmel Live! et "indéfiniment". On ne sait pas si Jimmy Kimmel reviendra un jour à l'antenne.

Lors de ce monologue, il avait accusé le “Maga Gang" (pour Make America Great Again) de vouloir “tirer des points politiques” de ce meurtre, se moquant également des drapeaux en berne pour Kirk et du deuil public du président. Un représentant d’ABC a confirmé que l’émission serait "préemptée indéfiniment".

Dans la foulée de cette suspension cinglante, le Président Donald Trump a réagi sur les réseaux sociaux, qualifiant la décision de “bonne nouvelle pour l’Amérique” et attaquant Kimmel, ainsi que ses confrères de NBC, Jimmy Fallon et Seth Meyers, qu’il a qualifiés de “deux losers complets", suggérant que leur Late Shows à eux soient aussi annulés par NBC.

Il faut rappeler qu'au début de l'été, c'est Stephen Colbert, autre détracteur régulier du locataire de la Maison Blanche, qui avait été mis sur la touche par une autre chaîne nationale américaine, CBS. Son Late Show with Stephen Colbert n'a pas été renouvelé en mai 2026. Bien que CBS ait officiellement invoqué des raisons financières, de nombreux observateurs estiment que la décision était politiquement motivée.

Après la suspension de Kimmel, la fin de Colbert et les menaces pesant sur Fallon et Meyers, c'est le principe même du Late Show américain qui se retrouve sur un fil. La presse américaine commence à s'inquiéter de ce glissement inquiétant vers une forme de censure étatique déguisée, où les voix discordantes sont réduites au silence sous prétexte de préserver l’unité nationale. Les Late Shows, bastions de la satire politique, vont-ils être définitivement supprimés sous la pression de la Maison Blanche ? Ou céder à une forme d'autocensure ?

Des groupes de médias ont exhorté Jimmy Kimmel à "présenter des excuses publiques" et à effectuer "un don personnel significatif" à la famille de Kirk et à Turning Point USA, pour faire amende honorable...

Sans aucun doute, sa suspension a laissé l'Amérique sous le choc et apparaît déjà comme un tournant, tant la star du petit écran était l'un des visages emblématiques de la chaîne ABC — animateur récurrent des Oscars et des Emmy Awards. Hier soir, Jimmy Kimmel a quitté le studio d'enregistrement de son émission qui n'a pas eu lieu, sans dire un mot.

Cette affaire inquiète le monde du divertissement, jusqu'à Hollywood, où la tension es palpable. Amanda Seyfried a dû cette semaine clarifier ses propos après avoir qualifié Charlie Kirk de "haineux". Et peu de stars ont pour l'instant pris la parole pour défendre Jimmy Kimmel, en dehors de Ben Stiller qui a qualité d'injuste la sanction prise contre l'animateur.

Le syndicat des acteurs, la SAG-AFTRA, ainsi que celui des scénaristes, la Writers Guild of America, ont deux réagi à l'éviction de Kimmel : "La démocratie s'épanouit quand plusieurs points de vue peuvent s'exprimer. La décision de suspendre Jimmy Kimmel Live ! de l'antenne est le genre de suppression et de représailles qui mettent en danger les libertés de tous", s'inquiète la SAG dans son communiqué, tandis que la WGA dénonce l'installation d'un climat de censure : "Si la liberté d'expression s'appliquait seulement aux idées qu'on partage, on n'aurait pas pris la peine de l'inscrire dans la constitution (...) Quant à nos employeurs. Nos mots vous rendent riches. Nous réduire au silence appauvrit le monde entier"