Clap de fin pour la série qui a retourné la planète. Éprouvante, mais étonnamment émotive, cette conclusion recentre le récit, rappelant que derrière le carton et ses dérives marketing, Squid Game est d’abord une œuvre puissante.
Game over. Le jeu s'arrête pour n°456. Après 22 épisodes d'une violence inouïe, Squid Game prend fin aujourd'hui sur Netflix, au fil d'un chapitre final toujours plus impressionnant, toujours plus fascinant.
Initialement, Hwang Dong-hyeok ne voulait pas poursuivre sa création phénomène sortie en 2021. Mais poussé par Netflix, le réalisateur a fini par céder. Et il a brillamment su résoudre le casse-tête de la suite pas vraiment nécessaire : plutôt que de chercher à étirer artificiellement son univers, il a choisi de replonger dans ce qui faisait la force de la première saison : les joueurs, leurs visages, leurs failles, leurs drames. Il a su injecter un maximum d’émotion dans les ultimes jeux du Squid Game, sans se forcer à bricoler une mythologie tarabiscotée autour du Front Man, du jeu en lui-même ou de sa création - qui, de toute façon, n'aurait jamais pu satisfaire.
Oui, Squid Game tire sa révérence sans livrer toutes les réponses aux questions qu'on se posait. Mais ce n'est pas un problème.
Parce que Hwang a préféré garder la focale sur la force de son concept : les destins tragiques des participants, en plaçant au centre Lee Jung-jae, immense. Depuis le début, son personnage a évolué, mûri, sombré, et l’acteur l’a accompagné à chaque étape. Dans cette saison 3, il est à son sommet. Plus retenu, plus intense, l'acteur coréen a clairement enrichi son game au fil des jeux et porte cette conclusion sur ses épaules de candidat maudit, dans une dramaturgie épatante.
Bien sûr, il y a encore quelques longueurs (l’arc autour du lieutenant Hwang sur son bateau qui tourne en rond au milieu des îles coréennes est passablement usant) et le rythme fait parfois défaut. Mais cet ultime volet de Squid Game est globalement une réussite. Frontal, brutal, parfois à la limite du soutenable. Certaines scènes sont si choquantes qu’on est tenté de détourner les yeux et les dernières épreuves sont d'une intensité à couper le souffle (vous ne jouerez plus jamais à cache-cache avec vos enfants).
Mais c’est aussi cette violence totale, sans concession, qui donne à Squid Game sa force : Hwang va au bout de ses intentions, jusqu’au malaise, jusqu'à provoquer une émotion brute, jusqu'au bout du dénouement final.
Au terme de ces 6 deniers épisodes - et malgré un épilogue presque inutile marqué par une apparition de guest star hollywoodienne assez improbable - on reste K.O.
Cette saison 3 est la conclusion qu'il fallait pour ce mastodonte pop-culturel, qui va marquer pour longtemps l’histoire des séries. Oui, Squid Game, c’est le plus gros carton de l'histoire de Netflix (et de loin). Mais c’est bien plus que ça. Hwang a su réinventer le principe du Battle Royale (inspiré du film culte de Kinji Fukasaku, sorti en 2000) pour en faire une charge spectaculaire contre la société du divertissement, contre la marchandisation de la souffrance, contre la déconnexion des plus riches.
Derrière les masques et les jeux absurdes, c’est une critique du monde moderne fracassante. Au-delà du choc et la fascination morbide se cache un drame exceptionnellement poignant qui questionne sans cesse l’Humain et ses choix. Une œuvre trop forte pour ce qu’elle est devenue dans la culture populaire : une blague sadique, un déguisement d’Halloween, un jeu de cour de récré pour des ados pas en âge d'en saisir les enjeux. Et Netflix a malheureusement contribué à cette dévalorisation en allant jusqu'à créer sa télé-réalité Squid Game : Le Défi, déclinaison cynique de mauvais goût. Squid Game mérite mieux. Elle mérite sa place au panthéon du petit écran. Parce que la série, elle, n’a jamais joué.
Squid Game, saison 3 en 6 épisodes, à voir sur Netflix dès le 27 juin 2025.







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