Yellowjackets saison 3
Paramount

À force de nous balader entre les arbres, paumée sous une couche de mystères et de non-dits, la série avance sans boussole et semble définitivement tourner en rond. Dommage.

La boîte à secrets semble de plus en plus vide de sens.

Un temps captivante, rafraîchissante, emballante même, Yellowjackets nous a perdus en forêt.

Alors que la troisième saison — au moins aussi assommante que la précédente — arrive aujourd’hui en France sur Canal+, la série s’enfonce toujours un peu plus, écrasée sous le poids de ses mystiques mystères, slalomant entre les arbres et les non-dits.

Yellowjackets saison 3
Paramount

On n’a pas forcément besoin de savoir exactement où l’on va, mais on a besoin de sentir qu’on avance. Et rien ne semble vraiment bouger dans la vie des Yellowjackets — que ce soit dans le passé ou dans le présent.

Dans les années 1990, les survivantes de l’équipe de foot féminine du lycée de Wiskayok sont désormais dirigées par Natalie et vivent au cœur de la nature, presque paisiblement, en phase avec leur environnement. Elles ont doucement commencé à perdre contact avec la réalité (dans tous les sens du terme).
Dans le présent, elles continuent de se tirer dans les pattes. Misty comprend que les autres ne l’aiment pas vraiment, malgré tout ce qu’elle fait pour elles. Shauna tente de préserver une vie de famille normale. Taissa, elle, renoue avec Van…

Yellowjackets saison 3
Pararmount

On avait bien saisi, dans la saison 1, la métaphore de la sauvagerie adolescente à travers la survie de ces gamines dans un environnement hostile. Mais la série n’a jamais vraiment réussi à aller au-delà de ce pitch excitant. Les promesses du début ne semblent jamais devoir se concrétiser. Et alors qu’on entame cette saison 3, Yellowjackets nous a usés. Le concept ne se suffit plus à lui-même. À force de tourner en rond, les frissons du départ se sont évaporés. À force d’ajouter des couches de secrets sur des énigmes, l’excitation laisse place à une lassitude évidente. Yellowjackets sème des cailloux partout mais ne semble plus du tout en mesure de retrouver son chemin.

Il reste toujours cette ambiance délicieusement macabre, mâtinée d’humour noir, et quelques mystères encore excitants à déverrouiller. Mais on a sérieusement l’impression que les auteurs nous baladent entre les arbres sans jamais jouer le jeu des révélations. Chaque épisode est divisé à parts égales entre le passé et le présent. Et si les scènes dans la nature sauvage peuvent encore captiver, celles du présent paraissent incapables d’aboutir à quoi que ce soit.

Malgré les excellentes Melanie Lynskey et Christina Ricci, on s’ennuie ferme.

Tout ne peut pas reposer uniquement sur une tension atmosphérique. Au bout d’un moment, à force de secouer la boîte à secrets, on tend l’oreille et on en vient à se demander s’il y a vraiment quelque chose à l’intérieur.

Yellowjackets, saison 3 en 10 épisodes, à voir sur Canal + à partir du 26 juin 2025.


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