Toutes les critiques de Detroiters

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    Andrei Schtakleff entreprend de raconter Detroit - ex- capitale mythique de l’automobile et berceau de la Motown qui, crise après crise, n’en finit pas de mourir - en allant à la rencontre de ses habitants et leur demandant de raconter leurs vies présentes et passé pour tenter d’envisager un futur moins rude qu’il n’y paraît de prime abord. Le geste est noble, jamais alourdi par une voix- off explicative. Les témoignages sont forts et souvent poignants. Mais Detroiters apparaît cependant rapidement comme un documentaire de plus sur cette Amérique des laissés- pour- compte, sans singularité saillante dans son récit comme dans sa mise en images. Qu’apporte t’il de plus par exemple que le remarquable City of dreams où le réalisateur Steve Faigenbaum revenait à Detroit après 25 ans d’absence ? Rien ou presque. Et le fait que ce film de 2014 et un autre documentaire sorti 8 ans plus tard racontent peu ou prou la même chose se révèle symbolique d’une ville qui n’arrive pas à se projeter dans un avenir serein et ne cesse de s’enfoncer dans la noirceur comme dans des sables mouvants.