Young Sherlock
Prime Video / Dan Smith

Le cinéaste anglais revient à sa franchise consacrée au détective de Sir Arthur Conan Doyle, en imaginant ce préquel hyper-rythmé et plein de bonnes idées. Un come back pulp euphorisant au 221B Baker Street.

Guy Ritchie retourne à Baker Street. Le cinéaste britannique revient au 221B… mais cette fois, il ne convoque pas Robert Downey Jr..

Car le réalisateur a choisi de remonter le temps pour explorer la jeunesse du plus célèbre détective de la pop culture : Sherlock Holmes, version vingtaine fougueuse, moins torturée mais déjà redoutablement perspicace.

Voilà plus de dix ans que les fans espèrent Sherlock 3 au cinéma. L’attente est palpable : la bande-annonce de Young Sherlock mise en ligne il y a quelques semaines a été vue 223 millions de fois en sept jours (toutes plateformes confondues), un record absolu pour une série Prime Video, devant Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir (163 millions) et L'été où je suis devenue jolie (151 millions). Pas de doute, ce jeune Sherlock est attendu au tournant. Et il ne déçoit guère !

Young Sherlock
Prime Video

La série lancée aujourd’hui sur la plateforme fait un parfait préquel aux films des années 2010. Le parti pris rock’n’roll s’impose dès le générique flamboyant, qui s’embrase au son des guitares saturées de Kasabian. Aux manettes - producteur et réalisateur - Guy Ritchie infuse cette ambiance pop british décomplexée qui le caractérise depuis trois décennies : même rythme frénétique, même stylisation euphorisante, même atmosphère grisante.

On découvre un Sherlock tête à claques, arrogant mais fragile, encore en formation, et sa rencontre avec celui qui deviendra son ennemi juré, James Moriarty. Avant de se poursuivre toute leur vie, les deux avancent ici côte à côte, presque comme des frères, au fil d’une énigme policière noyée dans le brouillard londonien, slalomant entre fiacres, redingotes et hauts-de-forme.

Young Sherlock
Prime Video / Dan Smith

La réalisation est toujours un peu tape-à-l’œil - voire parfois inutilement criarde - comme souvent avec Ritchie, qui ne recule devant aucun effet de manche, pour jouer avec la mémoire photographique de son héros présentée presque comme un super-pouvoir. Mais cette mise en scène tapageuse n'en demeure pas moins galvanisante, imposant un tempo trépidant. Les dialogues sonnent juste, et la série assume un ton léger qui cherche avant tout à divertir.

Fantastique idée, surtout, de réunir si tôt Holmes et Moriarty et d’esquisser la naissance de leur duel mythique. Dónal Finn (de La Roue du temps) et Hero Fiennes Tiffin - neveu de Ralph et Joseph Fiennes, déjà croisé chez Ritchie dans The Ministry of Ungentlemanly Warfare - forment un impeccable duo de détectives minots et espiègles. Autour d’eux, le casting s’amuse visiblement, notamment un réjouissant Colin Firth aux rouflaquettes triomphantes. Moustaches sculptées à la perfection et favoris conquérants donnent une saveur victorienne aux mystères qui s’enchaînent et aux énigmes qui s’empilent, au cœur d’une vaste conspiration mêlant princesse chinoise, université d’Oxford, frangin Mycroft Holmes et policier Lestrade pas encore inspecteur. Tous les ingrédients d’un plaisir pulp qu’on aurait tort de bouder.

Certes, quatorze ans plus tard, Sherlock Holmes : Jeu d’ombres n’a toujours pas de suite. Mais cette aventure préquelle constitue un ajout franchement réjouissant à la franchise.

Young Sherlock, saison 1, à voir sur Prime Video à partir du 4 mars 2026.