L'Affaire Laura Stern sur HBO Max
HBO Max

Après sa diffusion en streaming sur HBO Max, la série arrive en clair. Une fiction édifiante qui met le spectateur face à l’horreur du quotidien des femmes victimes de violences et à l’échec de l’institution, jusqu’au point de rupture. Une œuvre coup de poing qui ne vous laissera pas indemne.

Rarement une série française aura osé aller aussi loin dans l’inconfort, capable d’affronter frontalement le réel sans le lisser, sans l’édulcorer, sans chercher l’alibi du spectaculaire. L’Affaire Laura Stern met brutalement le spectateur face aux violences faites aux femmes, quand la justice hésite, laissant l’humain face à ses choix.

Dès le premier épisode, le choc est violent. Laura Stern, pharmacienne engagée dans la vie locale, accueille les femmes battues de sa petite ville pour les aider à parler, à se protéger. Mais quand Audrey se fait froidement abattre en pleine rue par son compagnon colérique, Laura prend de plein fouet l’horreur d’un drame conjugal. Impuissante, elle ne renonce pas au combat. Au contraire, elle décide de contre-attaquer… à sa manière.

En vous happant par le prisme du thriller judiciaire, L'Affaire Laura Stern ne vous laissera pas indemne. C’est le genre de série coup de poing qui laisse sans voix. K.O. À mesure qu’on assiste à l’indicible quotidien des femmes maltraitées qui franchissent la porte de cette pharmacie, on prend conscience. La mini-série en quatre épisodes avance à hauteur de femme, dans l’urgence, pour dénoncer absolument. Elle raconte ce qui se passe quand les signaux d’alerte sont là, quand les menaces sont connues, mais que l’institution patine, tergiverse, manque de moyens ou de réflexes. Et elle le fait sans héroïsation facile, sans catharsis artificielle, en suivant une épatante Valérie Bonneton et en plaçant le spectateur dans une position inconfortable mais nécessaire.

L'Affaire Laura Stern sur HBO Max
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Ce qui distingue vraiment L’Affaire Laura Stern, c’est son point de vue moral. La série ne cherche ni à expliquer ni à excuser, encore moins à théoriser. Elle fait vivre une expérience : celle d’une femme confrontée à l’insoutenable, qui ne peut plus rester les bras croisés. Face aux coups, aux viols, à l’emprise et à l’attente d’un drame annoncé, elle ne peut plus rester simple spectatrice. En choisissant l’identification plutôt que la démonstration, la fiction oblige chacun à se poser une question intime et dérangeante : qu’aurions-nous fait à sa place ? Jusqu’où peut-on aller quand la protection promise n’arrive pas ? Et surtout, à quel moment la société a-t-elle déjà échoué ?

La force de L’Affaire Laura Stern tient aussi à son écriture à deux voix. Celle de Frédéric Krivine et Marie Kremer, nourrie d’expériences personnelles, d’écoutes de terrain et d’immersions auprès d’associations, donne au récit une densité rare. Rien n’est tiré d’un fait divers précis (ou réel), mais tout sonne juste. L’Affaire Laura Stern n’est pas une série contre les hommes, ni un manifeste simpliste. C’est une œuvre qui cherche le débat, qui libère la parole et qui fait de la fiction un espace politique au sens noble.

L’Affaire Laura Stern, mini-série en quatre épisodes, à voir sur HBO Max et sur France télévisions.

L'Affaire Laura Stern sur HBO Max
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