Bande-annonce d'OSS 117 3 : « Pas mal, non ? »
Gaumont

Le troisième volet des aventures d’Hubert Bonnisseur de la Bath, moins débridé que les deux premiers, nous a laissés sur notre faim.

Comme promis, OSS 117 3 a été diffusé en clôture du 74e festival de Cannes. Mais que vaut cette suite réalisée par Nicolas Bedos ? Voici notre critique.
Voilà déjà douze ans qu’on était sans nouvelles d’Hubert Bonisseur de la Bath ! Inutile de dire notre attente avant de le retrouver, en 1981, alors que la France s’apprête, à son grand dam, à virer à gauche. Pour cette mission en Françafrique, il se retrouve de plus contraint de faire équipe avec un jeune collègue, 0SS 1001, très fan de lui avant de comprendre la vraie nature du personnage, chez qui élégance, haute estime de soi et géniale bouffonnerie ne font qu’un. Hazanavicius ayant décidé de ne pas rempiler, Nicolas Bedos lui succède. L’élégance de sa mise en scène n’est jamais prise en défaut, pas plus que la composition impeccable de Jean Dujardin et sa complicité avec le rookie Pierre Niney. Et pourtant, quelque chose cloche. Le fait que le scénario semble faire suivre chaque vanne audacieuse ou gonflée sur l’Afrique par une scène qui ressemble à une justification ou une excuse. Tout l’inverse des deux premiers volets qui affrontaient les questions du racisme et de l’antisémitisme par la seule arme de l’absurde, sans se soucier du qu’en-dira-t-on. Est-ce la volonté de ne pas bégayer ? Est-ce l’époque qui a changé et conduit à s’auto-censurer pour ne pas crouler sous les polémiques ou le bad buzz ? Alerte rouge en Afrique noire avance en tout cas avec un frein à main. Le résultat n’est en rien désagréable, mais en deçà du film qu’on avait espéré. Dans cette même famille de comédie décapante, absurde et cruelle, Tout simplement noir avait offert l’an passé une pertinente impertinence ici par trop corsetée.

OSS 117 3 : "La grande majorité du public a compris le mécanisme de la satire"