Avatar 3 : James Cameron dévoile le Clan des Cendres et les Marchands de Vent
Disney/Empire

"Je ne veux pas d’une culture uniquement technique, mais d’une culture créative..." L'approche du cinéaste pourra-t-elle apaiser les craintes de l'industrie ?

James Cameron est un passionné de nouvelles technologies. Avec Avatar, il a révolutionné le cinéma numérique, la 3D et les VFX. Et il continue de pousser un peu plus loin l'expérience, à travers ses suites sur Pandora.

Pour le cinéaste, son travail se résume désormais à "quantifier l’infiniment petit toute la journée. Je regarde un plan VFX et je dis : OK, tu vois la manière dont son pied écrase cette fougère et la façon dont elle se replie, je n’y crois pas. Re-simulez-moi ça. Et ça ne s’arrête jamais", dit-il dans Variety. "Chaque détail, chaque brin d’herbe, chaque flammèche, chaque interaction de lumière… On est dans la micro-observation permanente. Et puis, quand je revois le film, je réalise qu’au-delà de tout ça, il y a une force souterraine, inconsciente, qui me dit quand l’essence du moment est là. Alors je me dis : oui, ça marche, je ressens exactement ce que je devais ressentir. Je tombe dans le terrier du lapin des détails, mais je ne sacrifie jamais l’essence."

Le réalisateur parle ainsi d'une véritable collaboration artistique avec les équipes VFX. Et James Cameron explique qu’il essaie de changer le logiciel mental de ses équipes :

"Je ne veux pas d’une culture uniquement technique, mais d’une culture créative. Quand je parle aux superviseurs de séquence, aux animateurs, aux lighters, je leur demande : qu’est-ce qui compte le plus dans ce plan, et pourquoi ? Quelle est sa fonction narrative ? Qu’est-ce qu’on raconte avec ça ? Ne pensez pas en plans, pensez en flux. Pourquoi ce plan existe-t-il ?"

Son objectif est clair : transmettre l’esprit du conteur à des artistes qui, sur le plan technique, vont bien plus loin que lui. "Je veux leur donner un peu de cette poussière magique du récit à s’approprier."

Masterclass James Cameron
Anthéa Claux

Alors Hollywood a-t-il tort de paniquer devant l'intrusion de l'IA dans le cinéma ? Le cinéaste a déjà pris des parts dans une société spécialisée dans l'Intelligence Artificielle et il ne veut pas avoir peur du futur. Il préfère s'en servir, sans perdre l'humanité qui guide la technologie. Il explique :

 "Notre équipe technique a intégré une culture où la créativité et la précision de notre univers Avatar sont la boussole. C’est pour ça que l’IA générative ne remplacera jamais l'humain derrière. Ce sont les artistes qui gardent le contrôle du processus. On a absolument besoin de nos artistes."

En d'autres termes, l'intelligence artificielle n'est qu'un outil qui doit être utilisé par des Hommes pour être réellement utile. Alors que la première actrice IA commence à pointer le bout de son nez, la voix de Cameron sera-t-t-elle entendue ?

Avatar : De Feu et de Cendres sortira le 17 décembre prochain au cinéma.


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