balle perdue 3
Netflix

La saga d’action trouve sa conclusion explosive dans un opus qui pousse tous les curseurs dans le rouge. Alban Lenoir et Nicolas Duvauchelle n’ont jamais frappé aussi fort.

Pour ce troisième et dernier volet de sa trilogie Balle perdue, Guillaume Pierret appuie sur l'accélérateur et envoie valser le complexe d'infériorité du film d'action hexagonal.

Balle perdue 3 - qui sort aujourd'hui sur Netflix - frappe fort. Très fort. Certes, il faut d'abord se remettre dedans. Car l'entrée en matière est un abrupte. Mieux vaut avoir révisé les deux opus précédents pour se rappeler des enjeux. Mais en résumé, disons que Lino (Alban Lenoir, compact comme un carburateur) sort de prison et veut régler ses comptes avec Areski (Nicolas Duvauchelle, stoïcisme cabossé). Et au milieu, le vicieux Gérard Lanvin débarque en flic pourri, intense et bégueule, pour une réunion de "famille" hautement inflammable où chaque protagoniste joue sa dernière carte.

balle perdue 3
Netflix

Mais ce n’est pas vraiment pour le scénario (écrit par le maître du polar Caryl Ferey) qu’on suit les aventures de Lino. Une fois encore, c’est la maîtrise technique qui impressionne : une baston dans un tramway d'une brutalité rare, une poursuite à moto qui défie les lois de la physique, et l’enchaînement de tôles froissées dans les rues de Montpellier confirment que Pierret est devenu l’un des meilleurs stylistes d’action du coin, privilégiant les cascades "à l'ancienne", garanties sans artifices numériques — et l’authenticité se ressent à chaque impact.

C’est brutal, viril et… mythologique.

Car à travers les forêts, les déserts brûlants du Sud, et dans des panoramiques rongés par le sable et les pales des éoliennes, le polar roadster se transforme en western terminal. Espace et horde sauvages, cavale de ville-frontière en pampa, Balle perdue 3 fonctionne comme un pur divertissement bourré d’adrénaline, suant l’essence, le sang et la tragédie. Le cinéma d’action français tient enfin sa trilogie de référence.