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La critique du film du réalisateur d'Hippocrate et Première année, à l'occasion de la diffusion sur France 2 de Médecin de campagne.

Jean-Pierre Werner exerce son métier de médecin de campagne avec la foi du débutant. Affaibli par la maladie, il accepte d’être secondé par Nathalie Delezia, un médecin hospitalier sans expérience du terrain. Malgré son titre, Médecin de campagne est moins balzacien que Hippocrate, le précédent film de Thomas Lilti. Ici, foin de l’ambition aveugle ou des petits arrangements. Jean-Pierre Werner est un honnête homme qui s’amuse à mettre quelques bâtons dans les roues de sa consœur, à la façon d’un bizutage pas bien méchant – leur relation n’est pas ce qu’il y a de plus réussi.

Thomas Lilti : "Le médecin de campagne est un héros ordinaire"

Ce qui intéresse Thomas Lilti, davantage encore que dans Hippocrate, c’est la proximité avec les personnages, qu’il rend sensible en montrant la précision de leurs gestes et à travers les dialogues. "Les médecins interrompent les patients toutes les vingt-deux secondes, explique ainsi le héros à sa consœur. Le secret, c’est de les laisser parler car 80 % du diagnostic nous est donné par eux." Cette manière quasiment proverbiale de présenter les choses définit Jean-Pierre Werner (et, au passage, le film) mieux que ne le font les circonvolutions psychologiques ou les envolées lyriques dont le cinéma intimiste hexagonal est friand. Nous sommes dans le concret, notamment avec les petites gens à qui le médecin rend visite, tous croqués à bonne distance avec une infinie tendresse. Au centre du dispositif : François Cluzet, acteur qui nous est spontanément familier. S’il fallait prescrire un remède, ce serait lui.

Médecin de campagne avec François Cluzet et Marianne Denicourt sera diffusé dimanche 16 septembre à 21h sur France 2.