World War Z
Paramount

Le film de zombies avec Brad Pitt reviendra dimanche soir sur TF1.

En attendant de les retrouver réunis chez Quentin Tarantino dans Once Upon a Time in Hollywood, Brad Pitt et Leonardo Dicaprio s'affronteront ce week-end à la télévision. Le premier sera dimanche soir sur la première chaîne, star du film de zombies World War Z, pendant que le second tentera de survivre sur la deuxième dans The Revenant.

En 2013, Première avait rencontré le réalisateur Marc Forster pour parler de son adaptation de World War Z, que nous republions à l'occasion de cette programmation. Notez aussi que ce film aura bientôt une suite, que David Fincher doit filmer l'été prochain.

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World War Z est vraiment un blockbuster familial à l'ancienne. On peut encore faire ça aujourd'hui ?
Le livre de Max Brooks a une structure atypique, avec sa mosaïque de témoignages à la première personne... Pour l'adapter, on a écrit un récit en trois actes avec un personnage principal fort, et un déroulement de A à Z linéaire. Ce que j'aime avec le résultat final c'est qu'il est vraiment old school, c'est un grand film épique. C'est devenu plutôt rare à Hollywood aujourd'hui.

Qu'est-ce qui vous plaisait dans l'histoire de WWZ ?
Il n'y a pas de meilleure métaphore que le sujet de World War Z. Aujourd'hui, le monde est très instable et effrayant. Il suffisait de puiser dans cette peur pour alimenter le film.

WWZ fait quand même partie d'un genre bien spécifique.
Oui, mais il fallait s'en détacher. Je suis revenu aux sources pour m'en inspirer et j'ai regardé les deux extrêmes : les films fondateurs de George Romero (La Nuit des morts-vivants) et les plus récents comme 28 jours plus tard de Danny Boyle. Il fallait que je crée mes propres créatures.

Comment être original dans ce domaine ?
Mon idée principale, c'était de les traiter en hordes. Quand j'étais petit, les grouillements d'insectes ou les envolées de centaines d'oiseaux me fascinaient. Ca peut être une vision assez flippante. Avec World War Z, j'ai pu traduire ça à l'écran, comme par exemple la scène de la "pyramide" où ils partent à l'assaut de la muraille. Comme un tsunami. Ce qui résonne encore avec une peur très contemporaine. Ensuite, on a travaillé les étapes de l'infection : la crise d'épilepsie après la morsure, puis les mouvements de la tête comme des chiens d'attaque une fois contaminés. Et le claquement de mâchoire pour finir... Tous ces petits détails font que les infectés de WWZ ont leurs spécificités.

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Le film raconte une épidémie à l'échelle mondiale. Vous visiez la vraisemblance ?
Globalement je crois que le film parle de l'épuisement des ressources du monde, comment nous nous marchons les uns sur les autres pour s'emparer de ce qui reste à saisir. Nous sommes de plus en plus nombreux dans un espace de plus en plus restreint...

Le dernier tiers tranche avec le reste du film, et retrouve une ambiance de huis-clos...
On voulait une fin plus intime, resserrée, comme un film de maison hantée. La plupart des blockbusters finissent par une grosse explosion. Nous, on l'a mis au milieu, avec la scène de Jérusalem et celle de l'avion.

Malgré tout, ce n'est pas un film d'horreur ou un film gore. C'est un film-catastrophe.
On s'est concentré sur la notion d'intensité, on voulait que les spectateurs s'accrochent à leurs accoudoirs. Même s'il y a des scènes fortes, on ne voit pas de sang ou de détails gores. Quand on a montré le film à la MPAA (NDLR : la commission de censure américaine), on a dû faire quelques ajustements très mineurs. Mais je m'y attendais. Et puis, il n'y a ni gros mots ni sexe, donc ça leur allait très bien (rires).

Le film est également moins pessimiste que ce que l'on pourrait croire.
Il faut être optimiste. C'est la seule façon de survivre. Surtout à Hollywood.

Vous avez réalisé plein de films différents : Les Cerfs-volant de Kaboul, Quantum of Solace, Machine Gun Preacher... Pourquoi World War Z ?
Il y a toujours un point commun dans mes films : le facteur humain. Les producteurs ne voulaient pas juste un gros film d'action. Ils voulaient une dimension humaine, que le côté intime soit aussi bien traité que le côté épique.

Comment avez-vous rencontré Brad Pitt ?
Ca faisait longtemps que Brad Pitt voulait travailler avec moi. C'était sur le projet de film Dallas Buyers Club - qui s'est fait en fin de compte avec Matthew McConaughey et Jean-Marc Vallée.

Entre Brad l'acteur et Pitt le producteur, quelle est la différence ?
C'est facile. Sur le plateau de tournage, c'est l'acteur, et en-dehors c'est le producteur. En tant qu'acteur il n'interfère pas avec votre boulot, après...

Donc il ne déconnecte jamais.
Non. Il ne dort jamais (rires). Il réussit même à garder du temps pour sa famille, je me demande comment il fait.

Interview Sylvestre Picard

Bande-annonce de World War Z de Marc Forster, avec Brad Pitt, Mireille Enos, Matthew Fox et James Badge Dale :

Mireille Enos nous annonce son retour dans World War Z 2