Les Vieux fourneaux
Eric Travers © 2017 - RADAR FILMS - ÉGERIE PRODUCTIONS - GAUMONT - FRANCE 3 CINÉMA - DARGAUD MEDIA

Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud sont les trois grigous attachants de cette adaptation de la BD à succès.

Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de 70 balais, ont bien compris que vieillir était le seul moyen connu de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Leurs retrouvailles à l’occasion des obsèques de Lucette, la femme d’Antoine, sont de courte durée … Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… 50 ans plus tard !

Voici notre critique : Ca ne commence pas très bien. Pierre Richard essaye de saboter une agence bancaire avec un guetteur en déambulateur, puis va récupérer Eddy Mitchell à la sortie de la maison de retraite Meuricy (entendre « meurs ici », lol). L’esprit gaguesque de la BD d’origine, porté par des dialogues “à la Audiard”, est certes respecté mais le passage des cases aux plans et des bulles aux punchlines fait comme souvent craindre le pire en matière d’incarnation. Puis, à mesure que les éléments de l’intrigue se mettent en place et que les acteurs prennent pleinement possession de leurs personnages, Les vieux fourneaux troque son anarchie pépère pour une mélancolie tenace. Richard, Mitchell et Roland Giraud incarnent trois papys farceurs nés dans une campagne qui a longtemps vécu au rythme de la grande usine locale. Lorsque l’ancien syndicaliste (Giraud) apprend, cinquante ans plus tard, la liaison de sa femme défunte avec le patron honni, il décide de venger son honneur en tuant l’amant, désormais grabataire et installé en Toscane. Ses deux poteaux, accompagnés de sa nièce, l’empêcheront-ils de commettre l’irréparable ? Traversé de belles idées de mise en scène (les trois flashbacks du film bénéficient chacun d’un traitement visuel adapté), Les vieux fourneaux lève peu à peu le voile sur ses véritables intentions : dénoncer le déni de réalité qui plonge des hommes dans le désespoir profond. C’est aussi triste et beau que ce plan subjectif de Giraud regardant, l’œil humide, le côté vide du lit.

Christophe Narbonne

Bande-annonce des Vieux fourneaux, qui sortira le 22 août au cinéma :