Justice League est une énorme déception

Justice League

Le crossover hybride de Zack Snyder et Joss Whedon n'a pas grand-chose sous le capot.

Attention, ce qui suit contient quelques spoilers sur l'intrigue de Justice League.

Ça commence par une séquence plutôt maligne tournée à l'iPhone, où Superman discute dans la rue avec de jeunes enfants en adoration devant lui. Retour immédiat à la réalité : l'Homme d'acier est bel et bien mort et le monde entier le pleure depuis plusieurs semaines. La Terre a perdu son protecteur et une menace d'une ampleur inédite se profile. Steppenwolf débarque avec son armée de Paradémons et l'intention de mettre la main sur les trois boîtes-mères (des sources de puissance infinie) cachées sur la planète. Batman/Bruce Wayne (Ben Affleck au bout du rouleau) n'a pas d'autre choix que de former un groupe de super-héros, composé de Wonder Woman, Flash (Ezra Miller, comic relief qui en fait beaucoup trop pour être honnête), Cyborg et Aquaman (l'impeccable Jason Momoa). Et ? Rien, ou si peu. Sur un script d'une platitude sans nom, Justice League s'évertue à faire gesticuler dans le vide des personnages à peine formés, des héros réduits à leur plus simple expression. Le film déroule un assemblage de scènes sans substance pour ses protagonistes, qui se rabattent sur l'humour afin de tenter d'exister. En fil rouge, un mantra un peu faiblard : l'union fait la force.

Bouillie numérique

Si l'on connaît le parcours chaotique du long-métrage en coulisses - tourné par Zack Snyder et reshooté en bonne partie par Joss Whedon, d'ailleurs co-crédité avec Chris Terrio au scénario -, difficile de lui pardonner son absence de vision et sa faiblesse sur le terrain de l'action. Justice League se prend les pieds dans le tapis à chaque fois qu'il tente de bousculer l'ordre établi et de sortir du traditionnel "ralenti synderien". À l'exception d'une grandiose scène d'introduction de Wonder Woman, qui n'a jamais semblé aussi puissante et rapide, les bastons se noient dans une bouillie numérique d'une atroce laideur. Le film pèche par excès de fonds verts (avec les mêmes armes, Batman v Superman s'en sortait pourtant plutôt bien) et un manque flagrant d'idées de mise en scène. La représentation à l'écran de la vitesse de Flash se résume ainsi à quelques éclairs et une image légèrement brouillée. À mille lieux de l'inventivité de Bryan Singer avec Quicksilver dans les derniers X-Men.

Entre deux vannes et un peu de fan service ("Ah, c'était le bon vieux temps quand on avait juste à chasser des pingouins, hein Alfred ?"), Justice League semble diablement pressé d'en arriver à sa conclusion. Au point de faire de la résurrection tant attendue de Superman un non-événement : son retour se limite à quelques minutes de castagne torse nu. Supes ne sera ensuite présent qu'à la conclusion, pour la rencontre finale avec Steppenwolf. Un méchant entièrement en effets spéciaux numériques, sans surprise trop creux pour en faire un antagoniste à la hauteur de cette réunion des super-héros DC.

On vous disait dernièrement que Justice League n'est plus envisagé comme la pierre angulaire du DCEU, c'était un euphémisme. Charge désormais aux films solo (Aquaman, notamment) de prendre des risques créatifs pour remettre l'univers cinématographique DC sur les rails. Ce ne sera pas une mince affaire.

Justice League, actuellement en salles.


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