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Les contempteurs de James Franco vont avoir du grain à moudre. L’acteur-réalisateur-scénariste, qui écrit régulièrement des articles sur le cinéma dans la revue en ligne Vice, a publié vendredi un texte intitulé "Spring Breakers : A Fever Dream". Dans lequel Franco analyse le film Spring Breakers d’Harmony Korine, dans lequel il tient le rôle d’Alien, un rappeur/dealer/gangster blanc dégénéré agissant comme l’idée qu’il se fait d’un noir cool. Et Franco ne tarit pas d’éloges sur sa propre performance. "Il n’y aura jamais de film ou de personnage plus important pour cette époque que Spring Breakers et son personnage Alien", écrit-il d’emblée. Il raconte que Werner Herzog lui a passé un coup de fil (alors qu’il préparait ses cours de cinéma dans un petit resto mexicain, ça ne s’invente pas), et lui aurait même dit -la phonétique de l’accent allemand est de Franco dans le texte- "dans trois cent ans, quand les gens foudront observer zette épogue, ils ne regarderont pas le discours d’Obama, ils regarderont Spring Breakers !". S’ils les entendent, les historiens de l’an 2313 sont donc invités à aller mater ce film où quatre jeunes filles  en bikini fluo (Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Rachel Korine et Ashley Benson), parties en Floride pour faire la fête du printemps (le spring break est une tradition sévèrement alcoolisée des lycées et facs US), tombent sous la coupe d’Alien qui va les pousser à commettre des braquages.Après cette autocongratulation explicite, le héros du Monde fantastique d’Oz enchaîne ensuite avec une analyse du film et d’Alien, qui n’est pas plus bête qu’une autre (et qui convoque Kerouac et Nabokov). Tout en rendant à Harmony Korine (et pas à lui, c'est déjà ça) la responsabilité de la réussite d’Alien. "Quand Harmony m’a présenté le projet, il m’a dit qu’il voulait faire Britney-Spears-rencontre-Gaspar-Noé, et c’est ce qu’il a fait." Franco voit Spring Breakers comme "de la trance music en film", "le néoréalisme de l'âge Facebook", qui capture toute l’essence de son époque, de ces jeunes qui sont leurs propres stars grâce à leurs iPhones, Instagram et YouTube. "Vous voulez une histoire ? Fuck l’histoire. Plus personne ne veut d’histoire aujourd’hui. Les gens veulent des expériences." Franco estime que Spring Breakers va même plus loin que The Social Network de David Fincher, qui était selon lui "un film sur le fric, sur les deals, les coups de poignard dans le dos et les procès qui en découlent -tout sauf sur la technologie qui a défini la nouvelle manière dont les kids se socialisent aujourd’hui", alors que "Spring Breakers embrasse à plein corps ce nouvel engagement technologique. Le film est tout ce que nous sommes aujourd’hui. De rien." On lui avait dit merci ?Vous pouvez lire le texte en entier de James Franco ici, et vous faire votre propre opinion. Alors que Spring Breakers est disponible en DVD et Blu-Ray dans toutes les bonnes boutiques, James Franco n’a jamais été aussi actif : après la sortie de son film As I Lay Dying d’après Faulkner, son documentaire Interior. Leather Bar est en salles depuis mercredi dernier. Et on doit voir Child of God d’après Cormac McCarthy, ainsi qu’une bonne dizaine de futurs films qu’il doit réaliser. Sinon, on le verra en fondateur de Playboy dans le biopic du porno 70’s Lovelace, en 2015 dans le drame historique Queen of the Desert de Werner Herzog avec Robert Pattinson et Nicole Kidman, et aussi en dealer de drogue badass dans le film d’action Homefront écrit par Stallone avec Jason Statham :