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Lacrymale therapyPendant longtemps, la tradition voulait qu’on remercie Claude Berri quand on décrochait un César. Aux Oscars, la tradition est la même avec Harvey Weinstein, sauf qu'elle est plus que jamais d'actualité. Il faut avouer que le bonhomme mouille sérieusement sa chemise (et son portefeuille) pour garantir à ses films un maximum de trophée. Son poulain cette année ? Happiness therapy. Jusque là son plan d'attaque s'est bien passé, le film de David O'Russell est un des favoris et croule sous les nominations (Meilleur film, réalisateur, adaptation, acteur, actrice, seconds rôles). C'était sans compter sur Argo qui s'est soudainement réveillé dans la courses aux prix, faisant une razzia un peu partout (WGA, Satellite awards, Association des critiques de St Louis, Phoenix, San Diego, New York, Nevada, Los Angeles, Detroit, Screen actors guild, Producers guild, Directors guild, Golden globes, BAFTA. AFI... Un énorme panier garni). Weinstein a donc décidé de donner d'ultimes coups de cravache avant la cérémonie de dimanche soir. Ainsi O'Russell et Bradley Cooper se sont récemment rendus à Washington pour demander aux sénateurs de financer un peu plus le combat contre les maladies mentales, notamment la bipolarité, au coeur du film. Le tout avec l'assentiment du vice-président Joe Biden, photos à l'appui. Et au passage de nouveaux articles dans la presse people rappelant que le réalisateur a un fils bipolaire. Histoire de faire pleurer un peu plus dans les chaumières des votants ? Dans ce contexte, on en viendrait presque à douter de l’entière sincérité des larmes de Robert De Niro à la télé américaine quinze jours à peine avant la cérémonie.La stratégie de l’humourJennifer Lawrence, chouchoute des bookmakers pour l'Oscar de la meilleure actrice, n'a elle pas eu à se forcer. La concurrence s'en est chargée. Jessica Chastain, nominée pour Zero Dark Thirty, s'est fendue d'un statut sur sa page Facebook pour indiquer qu'elle était confraternelle et souhaitait bonne chance à sa rivale. A la demande de Paramount pour calmer le jeu suite à des échos voulant que Chastain ait sérieusement taclé Lawrence depuis qu'elle engrange les trophées pour sa performance de jeune veuve nympho ? La même Lawrence avait mieux joué il y a quelques semaine en bitchant sur les autres nominées lors de sa participation au Saturday Night Live. Avec l'humour tout passe toujours mieux.Licence politiqueSteven Spielberg avait lui aussi compté sur un effet Maison Blanche en réussissant à sortir Bill Clinton de sa retraite de président pour promouvoir Lincoln aux Golden Globes. Le sénat l'a court-circuité avec une lettre ouverte signée par le représentant du Connecticut, froissé par le fait que deux sénateurs de cet état étaient désigné comme pro-esclavage dans le film, là où ils avaient, dans la réalité, voté en faveur du 13e amendement voulu par le président barbichu. La riposte du scénariste Tony Kushner invoquant la licence poétique n'a pas convaincu. La toute récente campagne de presse certifiant que Lincoln n'était pas pour rien dans la ratification aussi récente que tardive de ce même 13e amendement par le Mississipi aura-t-elle apporté un peu plus de bulletins au candidat Spielberg ?En attendant la réponse dimanche soir, les publicistes, agents et spin-doctors travaillant pour les films nominés n'ont plus qu'à rejouer à leur manière les scènes de Lincoln où se comptent les votes. Ceux pour les Oscars sont clos depuis ce mardi soir.A.M