Insaisissables
SND

PREMIÈRE : La vraie surprise à propos d’Insaisissables, c’est qu’un film sur des magiciens cartonne au box-office. Christopher Nolan lui-même n’a pas réussi ce tour-là avec Le Prestige.
LOUIS LETERRIER : Vous ne croyez pas si bien dire. Dès le début, les analystes nous ont donnés perdants, affirmant qu’un film sur la prestidigitation n’aurait pas de succès. Le truc drôle, c’est que Jim Carrey et Olivia Wilde, qui devaient jouer dans Insaisissables, ont préféré tourner la comédie The Incredible Burt Wonderstone, qui s’est plantée...

Comme plusieurs blockbusters sortis cet été (Lone RangerWhite House DownAfter Earth). Votre film, lui, a rempli les salles. Un conseil à donner ?
Chaque année, Hollywood s’invente de nouvelles règles : « Un blockbuster ne doit pas coûter tant », « Il ne faut pas engager des stars »... Mon film a coûté 75 millions de dollars hors promotion – un type de budget qui n’existait plus –, et maintenant tous les studios veulent faire pareil. Mais dans deux ans, il suffira que trois longs métrages sur ce modèle se plantent pour qu’on passe à autre chose. Il ne faut pas croire les analystes. Il faut se projeter, oser des trucs, comme James Cameron avec Avatar et la 3D.

Y a-t-il de nouveaux tours de magie dans la version longue du DVD ?
Non. Par rapport à la version sortie en salles – celle qui a été utilisée pour les projections-tests et qui, à mon avis, marche très bien –, nous avons ajouté seize minutes inédites, des scènes qui comportent surtout plus d’action. Le film raccourci gagne en efficacité et en fraîcheur.

Allez-vous réaliser la suite ?
J’aimerais bien, mais il y a des problèmes de planning...

Ça s’appellera Now You See Me Too ou Now You Don’t ? (“Insaisissables” a pour titre anglais “Now You See Me”.)
(Rire.) Pour l’instant, c’est un secret.
Par Sylvestre Picard