Date de sortie 28 janvier 2026
Durée 132 mn
Réalisé par Paolo Sorrentino
Avec Toni Servillo , Anna Ferzetti , Orlando Cinque
Scénariste(s) Paolo Sorrentino
Distributeur Pathé
Année de production 2025
Pays de production Italie
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Mariano De Santis, Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux : deux grâces présidentielles et un projet de loi hautement controversé.

Critiques de La Grazia

  1. Première
    par Gael Golhen

    Après Parthenope qui frôlait la sortie de route, La Grazia. Paolo Sorrentino signe une de ses oeuvres en apparence les plus sages, mais travaillée par ses obsessions de toujours. Moins de frime, moins de baroque. À la place, un film de seuil, presque de sortie, où l’on regarde un président en fin de mandat décider qui peut mourir, qui mérite de vivre, et ce que vaut une grâce quand il n’y a plus rien à gagner. Sorrentino y filme l’amour et la mort comme deux forces indissociables.

    Cet homme fatigué, c’est Toni Servillo au corps usé, lent, silencieux. Il est la somme de toutes les figures de pouvoir qu’il a incarnées chez le cinéaste, condensées ici en un personnage arrivé trop tard. Un regard qui vacille, une autorité qui se délite : le pouvoir n’est plus un théâtre, mais un couloir sans fin, une asphyxie feutrée faite de dossiers et de décisions impossibles. Pourtant, le pouvoir ici n’est qu’un décor. Très vite, La Grazia glisse du politique vers l’intime. L’amour d’abord, celui d’une épouse disparue, infidèle, dont le souvenir revient comme une blessure mal refermée. Un amour qui ne sauve rien, mais rappelle la possibilité d’une autre vie hors de portée. Puis la relation avec sa fille, juriste sévère, miroir moral du film. La grâce publique se trouve ainsi contaminée par des affects privés, par la peur de mourir seul, par le désir tardif d’avoir encore aimé.

    À ce point d’équilibre, le film touche très juste. Mais aussi trop juste, parfois. À force de vouloir tout tenir ensemble, Sorrentino cède à sa tentation : expliquer ce qu’il savait laisser flotter. La scène du cheval agonisant ou celle de l’astronaute en deviennent des symptômes, symboles appuyés là où le trouble suffisait. Reste l’essentiel : un film sur l’amour face à la mort, et sur la mort qui donne son poids définitif à l’amour. Et un acteur qui rappelle que la grâce, chez Sorrentino, n’est jamais un concept. C’est un accident.

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Sorrentino suit un président qui distribue le pardon présidentiel quand il n'a plus rien à perdre. Moins de strass, plus de silence : un film crépusculaire sur l'amour qui survit et la mort qui approche.