Star Trek : Starfleet Academy
Paramount

Une teen série au sein d'un établissement scolaire de la Fédération, où se croisent élèves humains, Klingons et autres Tellarites. Une drôle de variante terrestre qui a le mérite d'apporter quelque chose de nouveau à la mythique saga SF.

À ce niveau-là, on peut estimer — à juste titre — que Star Trek a essoré sa mythologie jusqu’à la moelle ! 13 films, 11 séries et 900 épisodes au compteur dans les voies de la Fédération… Oui, c’est beaucoup, et ça dure depuis 60 ans ! Et pourtant, la saga réussit encore à se renouveler avec Starfleet Academy, nouvel ajout plutôt réussi à une franchise qui a déjà largement éclusé tous les concepts possibles (jusqu’à la farce animée déjantée Lower Decks). Cette fois, elle quitte les étoiles (à partir de l’épisode 2) pour nous ramener sur Terre, dans les pas de la capitaine Nahla Ake. L’histoire reprend juste après la tragédie du "Brasier" (alias The Burn en VO), un événement cataclysmique survenu vers le XXXIe siècle…

C’est là que ça pourrait coincer — d’entrée — pour Starfleet Academy : vu que la saga compte déjà plusieurs chapitres au compteur, mieux vaut être (un petit peu) à jour pour comprendre les enjeux galactico-politiques qui vont être déclinés dans la nouvelle série. En l’occurrence, tout part d’un twist majeur introduit par Star Trek: Discovery. Le "Brasier" est un drame aux proportions bibliques qui a secoué la galaxie entière : la quasi-totalité du dilithium est devenue instable, provoquant l’explosion simultanée de milliers de vaisseaux équipés de propulsion warp. Conséquence directe : l’effondrement de la Fédération, la fragmentation de Starfleet et un retour à des mondes isolés, incapables de voyager plus vite que la lumière. Il faut reconstruire. D’où la nécessité de former de nouveaux jeunes officiers de la Fédération, et donc créer une nouvelle Académie où garçons et filles et synthétiques venus de diverses planètes vont se croiser.

Star Trek Starfleet Academy
paramount

Les hormones sont en ébullition au sein de ce groupe de cadets aux passés compliqués. Il y a des amitiés naissantes, des rivalités explosives, et bien entendu les premiers émois amoureux. Starfleet Academy assume son petit côté teen série. Star Trek se la joue Dawson dans le vaisseau USS Athena, commandé par Holly Hunter. L’actrice oscarisée se glisse avec une jubilation évidente dans le fauteuil de la capitaine — à des années-lumière de La Leçon de Piano — et s’offre un tango très fun avec Paul Giamatti, qui s’improvise méchant klingon de cartoon et donne tout pour être aussi odieux que possible.

La série a le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux, et elle ose tout pour s’ouvrir un boulevard et tenter d’attirer une nouvelle génération de jeunes fans dans les filets de la franchise. Débuter l’histoire à San Francisco, sur Terre, après une catastrophe ayant remis les compteurs de la Fédération à zéro, permet de ne pas trop perdre les novices. Les aficionados de la mythologie, eux, risquent d’avoir un peu plus de mal à se laisser séduire. Starfleet Academy ressemble plus à un soap pour adolescents qu’à une grande épopée dans les étoiles. Déjà surnommée Star Trek: 90210 par la presse américaine, elle parvient quand même à capturer l’esprit universaliste de la saga originale, avec ses valeurs d’inclusion et de coopération entre les peuples. Un optimisme bienveillant qui transpire de toute cette galerie de personnages qu’on apprend à apprécier si l’on se laisse tenter.

Au moins, ce spin-off fait sienne la devise de la Fédération et va là où aucune série Star Trek n’était jamais allée auparavant.

Diffusion sur Paramount+, à partir du 15 janvier, avec de nouveaux épisodes chaque semaine.


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