The narrow road
MGM Studios

Un jeune médecin de l'armée australienne, prisonnier d'un camp japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale, s'accroche au souvenir de sa passion interdite avec la jeune épouse de son Oncle. Une mini-série impressionnante, à découvrir sur Canal +.

Jacob Elordi est de plus en plus impressionnant. Révélation d’Euphoria, star sulfureuse de Saltburn et pressenti pour devenir le futur James Bond, il arrive ce soir sur Canal+ au sommet de son art dans The Narrow Road, puissante adaptation du roman fleuve de Richard Flanagan, La Route étroite vers le Nord lointain (paru en 2013). Dans cette fresque de guerre aussi somptueuse que cruelle, le jeune acteur australien livre sans doute sa prestation la plus bouleversante à ce jour.

Il incarne le jeune Dorrigo Evans, médecin de l’armée dont la brève liaison interdite avec la jeune épouse voluptueuse de son oncle le hantera jusque dans l’enfer d’un camp de prisonniers. En pleine Seconde Guerre mondiale, Dorrigo est déporté avec ses camarades sur la ligne de chemin de fer entre la Thaïlande et la Birmanie, obligé de travailler jusqu'à l’épuisement en pleine jungle. Chacun fait comme il peut pour tenir. Dorrigo, lui, s'accroche au souvenir de sa fiévreuse passion… plus qu’à sa jolie fiancée de bonne famille qui l’attend aussi.

The narrow road
MGM Studios

The Narrow Road n'est pas une série facile. Mais elle mérite de s'accrocher. Ne serait-ce que pour constater que Jacob Elordi est bien l'un des grands talents de demain. Sa longue silhouette filiforme hante les différents tableaux de cette fresque viscérale, qui explore à la fois les souffrances du corps et les tourments de l’esprit, du cœur, du monde et de la guerre.

Déclinée en trois tableaux — son amour interdit, son calvaire de prisonnier, sa fin de vie de vieux médecin arrogant — le récit est à la fois éclaté et fluide, capable de déployer son épineuse tragédie sur trois temporalités en seulement cinq épisodes relativement courts (40 minutes). Un véritable tour de force, sublimé par la mise en scène sensorielle de Justin Kurzel (réalisateur de talent dont la carrière avait bien failli se crasher avec l’affreuse adaptation d'Assassin’s Creed en 2016).

Série de guerre atypique et profondément poétique, The Narrow Road assume une certaine noirceur et une complexité morale qui refuse de faire de son médecin prisonnier un héros. Elle ouvre aussi une fenêtre sur une facette de la Seconde Guerre mondiale rarement explorée, en racontant au plus près le quotidien terrible de ces prisonniers de guerre, brutalisés par l'armée japonaise. Certaines séquences sont d'ailleurs d'une violence quasi insoutenable, mais elles participent à conférer à The Narrow Road sa puissance dramatique exceptionnelle. Sans aucun doute une série marquante.

The Narrow Road, 5 épisodes à voir sur Canal + les jeudis 9 et 16 octobre.


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