Une drôle de série OCS qui se déroule dans les années 80 et navigue entre la farce nostalgique et l'espionnage à la française.
Il fallait au moins le duo derrière l’hilarant format court Tutotal pour imaginer une histoire pareille. Avec Toutouyoutou, Maxime Donzel et Géraldine de Margerie nous font remonter le temps jusqu’au début des années 80, à Blagnac, dans la région toulousaine.
Karine (Claire Dumas) est une mère de famille on ne peut plus discrète, dont le mari qui bosse dans l’aéronautique attend surtout qu’elle lui prépare sagement le dîner. L’aérobic déboule dans sa vie bien rangée par l’intermédiaire de Jane, une Américaine sculptée et en forme olympique, fraîchement débarquée de son Texas natal. Son cours du jeudi soir devient pour Karine et ses copines le seul endroit d’émancipation. Mais Jane semble s’intéresser d’un peu trop près au projet 37, un dossier top secret sur lequel travaille l’époux de Karine… Et si Jane n’était pas celle qu’elle prétendait ?
Au fil de ses dix épisodes, Toutouyoutou se décline comme une dramédie à l’ambiance délicieusement 80’s. La simple reconstitution des intérieurs vaut le coup d’oeil ! Malgré le décalage temporel, les thèmes centraux ne perdent rien de leur saveur appliqués à 2022 : sororité, émancipation féminine et banlieue pavillonnaire asphyxiante. Un décor jubilatoire et enveloppé dans la musique si réjouissante des membres du groupe Feu! Chatterton.
Le mariage entre ktisch aérobic et espionnage industriel dans le monde d'Airbus est, par contre, plus aléatoire. Pas assez parodique pour susciter le rire et traité trop sérieusement pour être vraiment pris à la rigolade, on ne sait jamais sur quel pied danser. Au final, Toutouyoutou vaut surtout pour ses portraits de femmes engoncées dans leurs vies. Des Desperate Housewives françaises à l’époque du Minitel et du Walkman. Un peu déstabilisant mais suffisamment bien incarné pour valoir le détour.







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