De Gaulle Lambert Wilson
SND / Vertigo Productions / Les Films de la Baleine / France 2 Cinéma / France 3 Cinéma / Les Productions du Renard

Le film de Gabriel le Bomin confirme la difficulté de faire du général une grande figure de fiction.

France 3 programme le biopic de Charles de Gaulle avec Lambert Wilson, sorti en mars 2020 au cinéma, juste avant le début du premier confinement. A nouveau proposé lors de la réouverture des salles, en juin, il a bien marché durant, atteignant 850 000 entrées.

Ils ont incarné De Gaulle avant Samuel Labarthe

Malheureusement, la rédaction de Première est restée de marbre devant ce récit "coincé" de la vie de l'homme politique. Voici notre critique.

Axé sur les semaines précédant l’appel du 18 Juin, le biopic de Gabriel Le Bomin confirme la difficulté de faire du général une grande figure de fiction. Incapable de faire jouer de Gaulle tant il le vénérait, Jean-Pierre Melville le représenta brièvement de dos dans L’Armée des ombres pour une scène qui sonne d’ailleurs un peu faux. Fondateur, cet aveu d’impuissance pourrait avoir, sans le vouloir, sanctuarisé l’image du général au cinéma d’où il est singulièrement absent.

C’est donc assez fébrilement qu’on attendait le film de Gabriel Le Bomin sur le terrain, précisément, de la représentation. La frustration est encore au rendez-vous. Malgré son nez et son menton factices censés le rapprocher physiquement de son modèle, Lambert Wilson n’arrive pas à restituer la geste gaullienne, cette façon à la fois humble et grandiloquente d’incarner la France. La droiture du personnage, sa pudeur, son lyrisme un peu obsolète en font finalement quelqu’un d’assez peu romanesque, inadapté à la fiction. Les scènes face au rabelaisien Churchill (Tim Hudson) – que de Gaulle tente de rallier à la cause de la France libre – sont sur ce point édifiantes : le côté cabot de l’un met en évidence la raideur de l’autre.

Est-ce une question de culture (Churchill a été tellement incarné qu’il est devenu peu à peu une figure pop) ? De capacité (les acteurs français sont moins adeptes de transformisme et de composition que les Anglo-Saxons) ? Difficile de donner une réponse claire. Toujours est-il que ce n’est pas en tentant d’humaniser de Gaulle, à travers ses démêlés avec Pétain et les « défaitistes », et son histoire d’amour trop parfaite avec Yvonne, qu’on « obtient » de Gaulle. Ce film-là reste à faire.


Simon Abkarian sera le Charles de Gaulle du réalisateur du Chant du loup

A lire aussi sur Première

Star Trek ose la série Starfleet Cœurs à vif [critique]

Une teen série au sein d'un établissement scolaire de la Fédération, où se croisent élèves humains, Klingons et autres Tellarites. Une drôle de variante terrestre qui a le mérite d'apporter quelque chose de nouveau à la mythique saga SF.

Vincent Lacoste est déchirant dans Amanda [Critique]

Dans Amanda, Mikhaël Hers filme le deuil d’un jeune homme comme une étape majeure de son entrée dans l’âge adulte. Attention, grande partition.