Nom de naissance Yeats
Genre Homme
Avis

Biographie

Fils du peintre John Butler Yeats, William Butler Yeats est un poète irlandais et l'un des instigateurs du renouveau de la littérature irlandaise et co-fondateur de l'Abbey Theatre. Les premières œuvres de Yeats se réclament du romantisme (en témoigne son recueil Crépuscule celtique publié en 1893). Néanmoins, à l’orée de la quarantaine, confronté au courant moderniste (dont Ezra Pound) et s’impliquant de plus en plus dans le nationalisme irlandais, le poète évolue vers un style purement moderne. Yeats fut aussi un sénateur de l’Etat libre d’Irlande. La famille de Yeats déménage de Sandymount (Comté de Dublin) pour le Comté de Sligo alors qu’il n’a que deux ans. Un peu plus tard la famille s’installe à Londres afin de permettre à son père, John, de poursuivre sa carrière d’artiste. L’éducation des enfants Yeats se déroule essentiellement à domicile. Nostalgique de son Comté natal, leur mère leur raconte des histoires et des contes relevant du folklore local. Il entre à la Godolphin School en 1877 mais ne s’y illustre pas particulièrement. En revanche, c’est à ce moment que sa fibre patriotique s’éveille. En proie à des problèmes pécuniaires, la famille retourne à Dublin vers la fin des années 1880, d’abord dans le centre ville, puis dans la banlieue de Howth. En octobre 1881, le jeune homme intègre l’Erasmus Smith High School de Dublin où il restera jusqu’en décembre 1883. Durant ces deux années, l’atelier de son père étant situé non loin de là, Yeats fréquente bon nombre d’artistes et d’écrivains de la ville. C’est à cette époque qu’il écrit ses premiers poèmes ainsi qu’un essai intitulé La poésie de Sir Samuel Ferguson, édité par la Dublin University Review. De 1884 à 1886, il étudie à la Metropolitan School of Art, l’actuel National College of Art and Design. A ce moment la poésie de Yeats est encore largement empreinte de mythes et de folklores irlandais mais aussi de la diction de vers préraphaélites. Il est aussi grandement influencé par le poète britannique Percy Bysshe Shelley ; influence dont il ne se départira véritablement jamais. Alors qu’il fraye régulièrement dans les milieux nationalistes irlandais, Yeats rencontre Maud Gonne en 1889, une jeune héritière sympathisante de cette cause qui lui est si chère. Cette dernière est tout particulièrement marquée par la lecture du poème The Isle of Statues. Enamouré, Yeats propose à la jeune femme de vivre avec lui, cela à trois reprises, mais à chaque fois il essuiera un refus catégorique (en 1899, 1900 et 1901). Elle finit finalement par épouser le nationaliste catholique John MacBride en 1903. A la même époque, Yeats voyage aux Etats-Unis où il recontre Olivia Shakespeare. En 1896, Edward Martyn lui présente Lady Gregory, qui le conforte dans son nationalisme et l’incite à écrire davantage de pièces de théâtre. Bien qu’il n’ignore pas le symbolisme français (alors en vogue à l’époque), ses sources d’inspiration restent envers et contre tout irlandaises, d’autant plus qu’il fréquente assidûment une nouvelle génération d’auteurs irlandais. L’Irlande imprègne tellement le poète qu’il fonde, avec Lady Gregory, Martyn et d’autres écrivains parmi lesquels J.M. Synge, Sean O’Casey et Padraic Colum, le mouvement littéraire connu sous le nom de Irish Literary Revival, ou encore celtic Revival. Nantis de quelques deniers, le groupe acquiert une propriété à Dublin où il ouvre l’Abbey Theatre le 27 décembre 1904. C’est à l’occasion de la soirée d’ouverture que les pièces Cathleen Ni Houlihan et Spreading the News, respectivement de Yeats et de Lady Gregory, sont jouées pour la première fois. Yeats s’investira dans la vie du thépatre jusqu’à sa mort, à la fois comme membre du comité de direction et comme dramaturge. Contemporain d‘Oscar Wilde, Yeats se partage entre le Londres décadent de la fin du XIX° siècle et l’Irlande marquée de soubresauts indépendantistes. Ses premiers poèmes sont imprégnés de symboles appartenant à des traditions diverses (irlandaise, kabbale, catholicisme, grecques et romaine), l’œuvre relevant d’un syncrétisme original et novateur que Yeats conçoit comme un tout cohérent et organique. Cette recherche aboutit sur une œuvre élaborée, exigeante, relevant d’une attirance, sinon d’une passion pour l’occulte et l’hermétisme directement inspirée de la mythologie du poète romantique anglais William Blake. Mais alors que Blake parsemait son œuvre de références et figures bibliques, Yeats procède par allégorie et recourt fréquemment au motif de la Grande Roue, symbole de toutes les phases de l’histoire ainsi que de toutes les incarnations de l’homme. Cette imaginaire fournit au poète cet univers pointu et dense à l’exigence symbolique toute particulière. Yeats connaît la consécration en 1923 lorsqu’il se voit décerner le Prix Nobel de Littérature. Le Comité Nobel salue sa « poésie toujours inspirée, dont la forme hautement artistique exprime l’esprit d’une nation entière ». Néanmoins le poète écrira au moins deux de ses chefs-d’œuvre après cette reconnaissance de ses pairs : La Tour en 1928 et L’Escalier en spirale en 1933. En 1917, afin de se rapprocher de Coole Park, résidence de Lady Gregory, Yeats fait l’acquisition d’une tour fortifiée datant de la fin du XVI° siècle. Durant onze ans, Yeats passera ses étés au sein de cette maison forte en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Il s’agit aussi d’un symbole extrêmement présent dans son œuvre poétique (qu’il se voit toutefois contraint d’abandonner en 1928). Néanmoins le donjon est restauré en musée à partir de 1961 et inauguré l’année du centenaire de la naissance du poète, en 1965. Ce musée dédié à Yeats rassemble les premières éditions de ses œuvres ainsi que des objets, des meubles et des photographies ayant appartenu à sa famille.