Toutes les critiques de Yellow letters

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    On a découvert Ilker Çatak en 2023 avec La Salle des profs, le premier de ses longs métrages à avoir été distribué en France. Un thriller haletant qui décrivait avec une grande pertinence le quotidien complexe des enseignants aujourd’hui et avait fini nommé à l’Oscar du film en langue étrangère. Avec Yellow letters, Çatak continue de raconter notre époque et ses tourments. Il scrute ici le pays dont est originaire sa famille et où il a lui-même passé une partie de sa jeunesse : la Turquie. Un film-pamphlet qu’il n’a pas pu tourner sur place, comme il le précise malicieusement dès le générique en indiquant que Berlin et Hambourg vont y jouer les rôles respectifs d’Ankara et d’Istanbul. Son Yellow letters met en scène un couple dans la tourmente pour avoir osé ne pas céder aux injonctions du régime Erdogan. Elle comme comédienne sur la scène du Théâtre National, lui comme prof à la fac. Tous deux interdits d’exercer leur profession. Comment rester fidèle à ses idéaux quand la réalité économique vous étrangle à petit feu ? Voilà la question qui sous-tend ce récit qui aurait mérité de se délester de quelques sous-intrigues superflues. Mais quand il se concentre sur ce couple, sa descente aux enfers de plus irrespirable et la manière dont le politique impacte l’intime, le film frappe fort et juste. Il n’a pas volé son Ours d’Or !