Première
Sukkwan, c’est cette île déserte, située dans le Grand Nord ; celle sur laquelle Tom (Swann Arlaud) emmène vivre son fils, Roy (Woody Norman). Un ermitage à deux après une longue absence, loin du grésillement du monde extérieur, de tout ce qui pourrait faire obstacle à leurs retrouvailles. C’était sans compter les forces de la nature à l’œuvre dans ces étendues enneigées. La virée père-fils tourne bientôt au cauchemar. L'intrigue est adaptée d’un roman paru en 2009 et signé par l’Américain David Vann. Vladimir de Fontenay (Mobile Homes, 2018) en fait ici un objet cinématographique à la plastique magnifique. Mais ni les paysages naturels à couper le souffle, ni la présence au générique d’un Swann Arlaud toujours excellent, ne suffisent à combler les faiblesses d’un scénario où la promesse d’une expérience contemplative est spoliée par les grosses ficelles d’effets narratifs parasites.
Chloé Delos-Eray