Première
par Thierry Chèze
Quand on a aimé LOL, quand on voit l’impact que cette comédie générationnelle continue à avoir sur la jeunesse d’aujourd’hui qui n’était même pas née au moment de sa sortie en 2009 (et vient se filmer comme en pèlerinage sur le banc où se retrouvaient les personnages), on redoutait forcément l’idée d’une suite. Lisa Azuelos allait-elle embrasser avec la même justesse la jeunesse de 2026 que celle de 2009 ? N’allait-elle pas chercher à courir en vain après le parfait équilibre des planètes qui s'était opéré à ce moment- là : LOL racontant un moment de bascule dans la vie des adolescents, celui de l’émergence des réseaux sociaux et des téléphones portables « intelligents » qui allaient métamorphoser en profondeur leurs interactions ?
Ces questions, Lisa Azuelos fut la première à se la poser et ce d’autant plus que si elle en avait signé un remake US avec Demi Moore et Miley Cyrus en 2012, elle n’a pas elle-même initié cette suite mais répondu en se la réappropriant à une proposition de Pathé qui souhaitait décliner LOL en série. Pour Lisa Azuelos, ça ne pouvait être qu’un film. Mais quel film ? On revient encore et toujours aux mêmes interrogations et encore plus quand elle apprend que Christa Theret, son interprète de Lola, ne souhaite pas en être avant même d’en lire le scénario.
A l’arrivée, évidemment Christa Theret manque. Mais sa décision a de fait éloigné Lisa Azuelos du piège de faire de LOL 2.0 un LOL bis. En s’appuyant sur la petite sœur du personnage de Lola devenue grande (Thaïs Alessandrin), la réalisatrice change de génération et s’intéresse ici à celle des 25 ans, tout en respectant ce qui constitue l’ADN de LOL : saisir les joies et les affres du temps qui passe et son impact sur le sujet de prédilection de tous ses films, les rapports mère- fille
Dans Mon bébé, Lisa Azuelos racontait la manière dont une mère encaissait tant bien que mal – et plutôt mal que bien - le départ du nid familial de son dernier enfant. Dans LOL 2.0, elle s’intéresse au retour au bercail – suite à une rupture amoureuse qui va de pair avec une rupture professionnelle – d’une fille de 25 ans et de ses répercussions sur sa mère Anne, âgée de 55 ans, qui commençait à apprécier la liberté d’une vie en solo et doit au même moment aussi encaisser le fait de prochainement devenir grand-mère (son fils incarné par Victor Belmondo s’apprêtant à devenir papa).
Certes, LOL 2.0 ne se hisse pas à la hauteur du premier LOL. L’effet de surprise et la magie qui va avec ont disparu. a disparu. Mais Lisa Azuelos réussit tout de même son pari. Parce qu’elle n’a rien perdu de sa connexion avec la jeunesse d’aujourd’hui. Parce que comme dans le film original (qui avait vu débuter Pierre Niney ou Félix Moati), elle s’est démenée pour réunir une distribution riche en nouveaux visages. Parce que Françoise Fabien et Alexandre Astier – qui reprennent leurs rôles respectifs de mère et d’ex d’Anne – sont toujours aussi savoureux. Mais aussi et surtout parce que Sophie Marceau prouve une fois encore que, depuis La Boum, elle n’est jamais aussi irrésistible que dans les comédies générationnelles, passant des rires aux larmes, des coups de foudre (avec Vincent Elbaz, lui aussi impeccable) comme dans les coups de gueule avec une virtuosité sans pareil. LOL 2.0 ne réinvente pas le genre mais son charme indéniable a tout pour séduire un large public familial.