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Biographie

Après avoir hésité entre des études d'astronomie et de photographie, Thomas Ruff décide finalement de s'inscrire à l'Académie de Düsseldorf (« Sans trop y croire, j'ai envoyé à la Kunstakadémie de Düsseldorf vingt belles photographies, dont l'une reproduisait ma bicyclette. Ils m'ont accepté alors que j'étais, à ce moment-là, plus attiré par le ciel que par l'art contemporain, qui m'a d'ailleurs choqué car au début je n'y comprenais rien »). Sur place, il suit notamment les cours de Gerhard Richter et de Bernd et Hilla Becher. Après avoir réalisé quelques clichés en noir et blanc montrant de grandes villes désertées, Thomas Ruff se lance, dès 1981, dans ses premiers portraits (des anonymes aux visages expressifs) et rapidement acquiert une certaine renommée. Développés en grand format, ceux-ci tendent à suggérer que le portrait photographique est incapable de représenter l'âme des modèles. « Une photo ne peut rien révéler de la personnalité, [... elle] ne fait que reproduire la surface des choses sans jamais pouvoir en saisir le contenu. ». L'artiste privilégie les séances de poses relativement courtes (rarement supérieures à cinq minutes) et ne donne qu'une seule consigne à ses modèles : le « regarder avec beaucoup d'assurance ». En 1987, il commence une série intitulée « Haus » (maisons). Avec la même logique que pour ses portraits, il photographie des habitations d'allure morne (esthétique bétonnée de l'après-guerre) et les montre de manière très distantes. Au début des années 1990, Thomas Ruff réduit ses interventions. Il acquiert, par exemple, des négatifs auprès de l'European Southern Observatory, et opère des agrandissements de constellations d'étoiles relevées dans l'hémisphère sud, au format standard de 101, 5 x 73,5 cm. La série obtenue est intitulée « Sterne » (Etoiles). Un peu plus tard, il sélectionne des photos de magazine, les découpe et les agrandit. Le tout est exposé, sans la moindre explication et sous le titre « Zeitungsphoto » (photos de presse). Egalement au début des années 1990, Thomas Ruff donne une orientation politique à ses clichés. Il photographie de nuit des vues urbaines et leur confère une allure proche de celle des clichés de la Guerre du Golfe (lumière verte...). Depuis sept ans, Thomas Ruff sélectionne des images numérisées sur le Net. En 2000, l'artiste produit la série « Nudes » (Nus) et, trois ans plus tard, « Substrats » (notamment constituée d'images de mangas japonais aux couleurs très vives). « En travaillant sur l'ordinateur, on peut jouer sur diverses strates mais en fin de compte, tout se trouve unifié en une seule image, celle que je veux faire voir aux gens. Les matériaux d'origine s'agencent comme les matériaux servant à bâtir une maison. Je ne tiens pas à ce que ceux qui voient ces images aient conscience des diverses strates qui les composent : leur fabrication ne doit pas orienter la façon de percevoir » (Thomas Ruff, Centre national de la photographie, 1997).Quelques oeuvres majeures : Nacht 6 III, 1992. C-Print. 20 x 21 cm Portrait de Ruper Huber, 1998. Photo couleur laminée sous Plexiglas . 206 x 167 cm h.t.b.06, 1999. Laserchrome et diasec. 130 x 195 cm h.t.b.010, 2000. Laserchrome et diasec. 130 x 195 cm Substrat 9II, 2002. Tirage jet d'encre. 170 x 130 cm Substrat 9III, 2003. Tirage jet d'encre. 265 x 186 cm Substrat 10I, 2003. Tirage jet d'encre. 186 x 238 cm Substrat 10II, 2003. Tirage jet d'encre. 186 x 311 cm Substrat 10III, 2003. Tirage jet d'encre. 186 x 327 cm Substrat 11III, 2003. Tirage jet d'encre. 310 x 186 cm[Illustration : Thomas Ruff, Substrat 17 I, 2003. Inkjet print. 186 x 266 cm. Courtesy galerie Nelson, Paris]