Originaire de la radio et du théâtre de variétés, il débute dans Hotel de verano (René Cardona, 1943). Dans Calabacitas tiernas (Gilberto Martínez Solares, 1948) et El rey del barrio (id., 1949), il déploie déjà toute sa verve. Déguisé en « pachuco » (le Mexicain américanisé, habillé du « zoot suit » à la mode), il est doué pour croquer la contemporanéité et le cinéma lui-même, son univers de référence. Élevé dans une ville frontalière, il popularise le « spanglish », le langage métissé. Il se construit un personnage immédiatement reconnaissable, avec ses pantalons larges mais serrés aux chevilles, la chemise bariolée ouverte au col, la veste longue jusqu'aux genoux, le chapeau emplumé. Histrion plus versatile que Cantinflas, il ne recule devant aucune grimace, jouant de sa grande bouche bouffonne surmontée d'une minuscule moustache, et de tout son visage. Tin Tan s'adapte parfaitement aux différentes situations et aux gags visuels. Il entame un dialogue avec Hollywood et les autres modèles culturels, grâce à l'arme ambiguë de la parodie : tour à tour, il joue dans La marca del zorrillo (G. Martínez Solares, 1950), Simbad el mareado (id., id.), El vizconde de Montecristo (id., 1954), Tres mosqueteros y medio (id., 1956), El fantasma de la opereta (Fernando Cortés, 1959), Tintanon Crusoe (G. Martínez Solares, 1964), parmi d'autres. Malgré l'universalité de son humour, Tin Tan reste injustement considéré comme trop local, alors que le très typé Cantinflas accède à une popularité internationale. Bien servi par l'artisan Martínez Solares, le comédien n'a cédé qu'une fois à la tentation de la mise en scène (El capitán Mantarraya, 1969).
| Nom de naissance | TINTAN |
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