Nom de naissance Lhasa
Avis

Biographie

Peut-être est-ce l'éducation non conventionnelle de Lhasa qui lui confère sa vision unique des choses, ou peut-être que c'est une chose qu'elle a toujours eu en elle. Mais quelle qu'en soit la raison, Lhasa passe pour être la plus idiosyncrasique des chanteuses Américano-mexicaine, entièrement sensible aux traditions mais posant sa vision par-dessus.L'éducation sentimentaleLa mère de Lhasa, Alexandra Karam, était actrice et photographe, son père Alejandro Sela, un professeur mexicain enseignant an nord de l'état de New York. Lhasa de Sela est donc née dans le petit village de Big Indian en 1972. La grosse famille (Lhasa a trois soeurs, trois demi-soeurs et trois demi-frères) est très nomade, voyageant énormément entre les Etats-Unis et le Mexique dans un bus d'école aménagé. Une vie artistique, entre la musique, les livres et les lettres, sans l'influence insidieuse de la télévision, bannie par ses parents. A la place, la famille se base sur ses propres ressources pour s'amuser le soir, et cela passe par le chant, ce qui amène Lhasa à développer et utiliser sa voix. La famille passe, au total, huit ans sous la frontière, où Lhasa grandit en s'immergeant dans la culture locale, avant de finalement s'installer (en dehors des Etats-Unis, encore) à Montréal, au Canada, en 1992, à 20 ans. Elle avait visité la ville un an plus tôt et rencontré Yves Desrosiers, un jeune musicien à qui le chant de Lhasa plaisait tellement qu'ils avaient décidé de travailler ensemble à plein temps. Ils jouent dans le coin, ajoutant le bassiste Mario Légaré au groupe, et firent une tournée nationale, d'une côte à l'autre, avant de se mettre au travail sur le premier album de Lhasa, La Llorana.Sur la route de la poésie Une incursion aux Etats-Unis en 1997 et un duo avec Lilith Fair lui gagne de nombreux fans, surpris par la musique étrange, riche et sensuelle de Lhasa, et par son phrasé de club de jazz enfumé. L'entreprise est répétée en 1998 pour coïncider avec la sortie américaine de l'album. Après cette tournée, Lhasa déménage en France pour voir ses soeurs, qui travaillent dans des cirques. Elle signe en 2003 son deuxième album, The Living Road, contenant aussi des chansons en français, avec son accent mystérieux. Véritable ode au voyage et au métissage des genres et des atmosphères, la vision de Lhasa et sa sensibilité touchent de nombreuses personnes et le bouche à oreille est excellent. Les critiques aussi s'emballent, si bien que l'album devient un classique de world indé, et fait attendre énormément de son album éponyme, Lhasa, qui sort en 2009. Mélangeant country, folk et blues. Un tournant original pour la chanteuse, d'autant qu'elle a choisi de réaliser toutes les étapes de l'enregistrement elle-même. La chanteuse apprend cette même année qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Pensant pouvoir en guérir, elle avait remis sa tournée à plus tard, la chanteuse décède finalement tout début 2010. Un dernier adieu lui est donné à Montreal, où elle vivait, par la communauté des musiciens, dont beaucoup d'entre eux étaient des amis.